Acadie : La vie quotidienne au temps de nos ancêtres
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Visite du village

Le Village Historique Acadien est certes le moyen idéal pour se familiariser avec l’histoire et la culture acadienne. S’appuyant sur une collection de bâtiments et d’artefacts exhaustive, son personnel d’interprétation nous présente l’évolution de l’Acadie du Nouveau-Brunswick entre la fin du 18e siècle et le début du 20e siècle. La restauration ou la reconstruction des édifices, la conception des costumes, l’interprétation des métiers, témoignent tous d’un effort minutieux pour récréer la vie des Acadiens d’antan.

LA FERME MAZEROLLE – *CIRCA 1852

ORIGINE : VILLAGE DES MAZEROLLE (PRÈS DE FREDERICTON)

Cette petite habitation reflète le dénuement dans lequel vivaient encore beaucoup de familles acadiennes au milieu du 19e siècle. Elle est construite en pièces de bois équarries à la hache, maintenues par de grosses chevilles de bois posées verticalement. Les angles sont assemblés en queue d’aronde et le plancher est fait de madriers de pin. Le toit est recouvert de bardeaux reposant sur une armature en pannes de rondins. Seul cinq petites fenêtres éclairent ce petit intérieur d’une unique pièce, à l’ameublement strictement utilitaire, dominé par une grande cheminée en pierre des champs.

*Les dates n’indiquent pas l’année de construction des bâtiments, mais plutôt celle de leur interprétation au Village Historique Acadien.

LA MAISON MARTIN – *CIRCA 1770

ORIGINE : FRENCH VILLAGE (PRÈS DE KINGSCLEAR)

Cette modeste demeure, construite en grosses pièces équarries et assemblées en queue d’aronde, témoigne éloquemment d’une période d’incertitude et de bouleversement dans l’histoire acadienne. Les murs extérieurs sont recouverts de « crépi », un mélange de chaux, de glaise et de paille. Son intérieur, d’une seule pièce, au plancher de terre battue, est éclairé par trois petites fenêtres. Le mobilier rudimentaire se réduit à un lit, une table et deux bancs, auxquels on peut ajouter quelques étagères pour le rangement des ustensiles de cuisine. On remarque en entrant la grande cheminée en pierre autour de laquelle la maison fut construite.

LA MAISON GODIN – *CIRCA 1880

ORIGINE : MAISONNETTE

Construite sur une charpente à colombages verticaux, cette maison est recouverte à l’extérieur d’un revêtement en planches verticales à rainures et languettes blanchies à la chaux. L’intérieur comprend au rez-de-chaussée une grande cuisine et deux chambres. Un poêle à deux ponts sert au chauffage et à la cuisson des aliments. Ici, les chevilles de bois, qui servaient à l’assemblage des structures de bâtiments plus anciens, ont fait place aux clous de métal. Par rapport aux abris rudimentaires des rescapés de la Déportation, on trouve ici un confort relatif et un certain souci d’élégance.

PRÉS ET ABOITEAUX

ORIGINE : RIVIÈRE DU NORD (PRÈS DE CARAQUET)

C’est vers 1860 que sont aménagés les prés et aboiteaux voisins de la Rivière du Nord, près de Caraquet. On n’y fit jamais la culture, mais plutôt la récolte du foin de pré pour l’alimentation du cheptel. À l’époque, le foin coupé est entreposé dehors sur des « chafauds à foin » dans les prés. On va le chercher une fois la glace prise car ces marais très humides, dont le sol composé de glaise recouverte de tourbe retient l’eau, ne sont pas accessibles aux animaux de trait. L’humidité du sol est d’ailleurs responsable du fait qu’on ne fera jamais de culture dans ces marais.

ENTREPÔT (« SHED ») ROBIN – *CIRCA 1855

ORIGINE : CARAQUET

La solide construction de ce « rigging loft » (on pourrait traduire par « grenier à gréements ») témoigne des moyens et des ressources dont disposait la compagnie Robin. La charpente est en grosses pièces d’épinette, assemblées au moyen de fortes chevilles de bois et l’extérieur est recouvert de planches à clins fixées au moyen de clous à bateaux. On trouve ici plusieurs des instruments qui servaient autrefois à la pêche à la morue et à la préparation du poisson pour la mise en marché, comme cette robuste presse au moyen de laquelle la morue séchée et salée était comprimée dans les barils.

LA FERME ROBICHAUD – *CIRCA 1835

ORIGINE : INKERMAN

Cette maison, relativement grande, ne comporte cependant aucune cloison intérieure. Elle est construite pièces sur pièces, avec aux angles des poteaux à coulisses, c’est-à-dire de grosses poutres verticales creusées de rainures dans lesquelles les pièces horizontales des murs sont glissées. Le travail de la laine est illustré ici, depuis la tonte des moutons jusqu’au tissage sur le métier. On y fait entre autres la démonstration de l’écharpillage, du cardage et du filage au rouet. À l’extérieur, parmi les multiples dépendances de cette ferme, on peut remarquer un caveau à légumes qui, au premier coup d’œil, s’apparente à une petite maisonnette.

LA FERME DOUCET – *CIRCA 1860

ORIGINE : SAINTE-ANNE (BATHURST)

Avec ses moulures, ses portes à panneaux, son petit escalier en « L » et son armoire de coin, cette maison présente un caractère de coquetterie qui la distingue de ses voisines. Même sa cheminée rustique a été habillée d’un manteau élégant. Elle est pourtant construite en pièces équarries, assemblées en queue d’aronde, comme les plus anciennes maisons du Village. C’est que sa construction et sa finition se sont échelonnées sur une longue période : construite en 1840, elle est ici telle qu’elle se présentait vingt années plus tard. Le toit et les murs extérieurs sont recouverts de bardeaux de cèdre.

WIGWAM

Le wigwam est l’habitation des Micmacs – le peuple amérindien majoritaire dans les Provinces maritimes – la plus commune jusqu’à la fin du 19e siècle. Les Micmacs vivent alors essentiellement de chasse et de pêche et cet abri est facilement démontable et transportable, ce qui facilite leurs déplacements d’une saison à l’autre. Il est construit à partir de matériaux retrouvés sur place : des rondins de bois pour sa structure et de l’écorce de bouleau pour son revêtement. À l’arrivée de la saison froide, on le recouvre de peaux d’animaux.

LA FERME CYR – *CIRCA 1841

ORIGINE : SAINT-BASILE (MADAWASKA)

Cette maison originaire du Madawaska, au Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick, présente certaines particularités intéressantes. Ainsi, on peut noter qu’elle est posée sur un solage relativement élevé; ses murs sont percés de nombreuses fenêtres, disposées symétriquement; ses murs extérieurs sont recouverts de planches à clins. La construction est du type pièces sur pièces avec poteaux à coulisses. Parmi ses dépendances, on trouve un four extérieur en terre glaise, où on cuit le pain chaque jour. C’est ici également qu’on fait la démonstration du travail du lin, à partir de la plante qu’on arrache et qu’on soumet à un long processus de préparation.

LA MAISON SAVOIE – *CIRCA 1860

ORIGINE : NÉGUAC

Cette maison sert durant l’été de local pour les programmes éducatifs du Village; c’est pourquoi certaines parties en sont fermées aux visiteurs. On y trouve deux sections. D’abord, le corps principal où la finition montre un certain soin apporté à l’apparence, avec des moulures et une peinture d’ocre rouge sur les murs. Puis, une seconde partie, la cuisine d’été construite de poutres et de pièces coupées à la scie, mais dont les murs ne comportent aucune finition. On y remarque un foyer et, dissimulé derrière une porte, un petit escalier.

LE MAGASIN GÉNÉRAL GODIN – *CIRCA 1889

ORIGINE : BERTRAND

La charpente à colombages verticaux de ce magasin aurait très bien pu être celle d’une maison d’habitation. À l’intérieur, cependant, les étagères garnies de rouleaux de cotonnades, de verres de lampes, de pots et de plats en faïence; le comptoir avec sa balance et ses pots de cassonade, de haricots secs, de pommes ou de pruneaux séchés; ses barils destinés à contenir la farine ou la mélasse; tout cela nous rappelle le modeste commerce d’un village d’autrefois. On pourra aussi remarquer au fond un petit réduit qui servait au service du courrier, car ce marchand était aussi maître de poste.

LA TAVERNE POIRIER – *CIRCA 1880

ORIGINE : CARAQUET

Cette petite taverne présente un type de construction inusité dans l’architecture acadienne. Sur une charpente à colombages verticaux, les planches sont clouées en chevrons, ce qui lui confère une grande solidité. Elle s’entoure sur deux faces d’une véranda et présente à ses fenêtres des volets verrouillés de l’intérieur, en guise de protection contre le vandalisme. L’intérieur est partagé en trois corps : la salle d’accueil, où se tenaient les clients et les badauds; le bar, au fond, sans fenêtre, avec un comptoir derrière lequel les bouteilles s’alignaient sur des étagères; et d’un côté, une sorte d’arrière-boutique-atelier-remise.

LA MENUISERIE CORMIER – *CIRCA 1875

ORIGINE : SAINTE-ANNE-DU-BOCAGE (CARAQUET)

Cet atelier de menuiserie est une reproduction de celui construit par Joseph Cormier de Sainte-Anne-du-Bocage vers 1875. Cette simple bâtisse rectangulaire est construite sur charpente à colombages verticaux. Deux grandes portes s’ouvrent à l’avant, pour permettre le passage des gros meubles. Le menuisier y fabrique aussi bien des armoires ou des chaises que des seaux avec des outils tels que les scies, les rabots et les varlopes, les marteaux et les ciseaux à bois. On y trouve aussi une grande roue munie d’une manivelle qui actionne un tour à bois, puis une mortaiseuse pour l’assemblage des portes et fenêtres.

L’IMPRIMERIE – *CIRCA 1880

ORIGINE : SHÉDIAC

Cette reconstitution d’une imprimerie du 19e siècle se veut une représentation de l’atelier du Moniteur Acadien, premier journal acadien dès 1867. En plus de présenter une source d’information, les presses du Moniteur offraient aussi à ses clients un service d’imprimerie d’affaires tels en-têtes de lettres, cartes d’affaires, etc. Une grande presse à vis, la « Washington », servait à l’impression du journal; une presse à platine, qu’on appelait communément « la Gordon », servait pour les travaux commerciaux. La construction elle-même est simple : charpente à colombages verticaux, intérieur d’une seule pièce, avec une petite tribune au fond pour le bureau de l’éditeur.

LA MAISON DUGAS – *CIRCA 1855

ORIGINE : CARAQUET

Cette maison présente une particularité architecturale assez inusitée chez les Acadiens : l’utilisation de bauge ou « torchis » dans les intervalles de la charpente. Ce mélange de terre glaise, de paille et de tout un ramassis d’objets hétéroclites, en guise de liant, était destiné à servir d’isolant. La structure elle-même est à colombages verticaux et le revêtement extérieur est en bardeaux de cèdre. Au Village, cette maison abrite un restaurant – La table des ancêtres – où le visiteur peut savourer les mets traditionnels acadiens : grosse soupe, fricot, poisson frais ou salé, pâté aux légumes, pets-de-sœur, tartes au sucre, poutines à trou.

ABRI À BARDEAUX

L’artisan fait ici la démonstration de toutes les étapes de la fabrication manuelle de bardeaux. Les billes de cèdre sont d’abord débitées en longueurs de seize pouces (40 cm), qui sont ensuite fendues en quartiers au moyen du départoir ou « froe ». Après avoir marqué chaque quartier au moyen de l’étriquette, l’ouvrier les sépare en planchettes dont il amincit un bout au moyen du couteau à planer de façon à pouvoir les chevaucher lors de la pose. En respectant le grain du bois, la fabrication manuelle du bardeau offre un résultat beaucoup plus durable que celui obtenu par les scieries mécanisées.

LA FORGE LÉGER – *CIRCA 1865

ORIGINE : MEMRAMCOOK

Cette grande boutique au plancher de terre battue abrite deux foyers de forge et des outils normalement destinés au charron. On y fabrique au 19e siècle certains ustensiles, outils et accessoires de métal dont peut avoir besoin la famille, depuis les tisonniers jusqu’aux fourches à foin. La tâche la plus accaparante du forgeron jusqu’au début du 20e siècle est sans contredit celle de maréchal-ferrant. Le cheval – ou le bœuf – sert alors aussi bien au transport qu’au travail de la ferme et chaque bête doit être ferrée périodiquement, à mesure que ses fers s’usent et que ses sabots poussent. Le forgeron est donc un personnage indispensable à chaque village.

LA MAISON LÉGER – *CIRCA 1846

ORIGINE : MEMRAMCOOK

Sur une charpente à colombages verticaux, les murs extérieurs de cette maison sont faits de planches recouvertes de bardeaux de cèdre. À l’intérieur, des lattes posées sur ces planches retiennent un enduit de plâtre, entre les poutres de la charpente. Il n’y a donc aucun espace vide dans les murs et aucune isolation. Deux poêles réchauffent l’intérieur. Des cloisons intérieures délimitent la chambre commune et celle du grand-père, plus petite.

PETIT PONT – *CIRCA 1850


Certes, peu de passants se trouvent l’envie de danser sur le vieux pont du Village, mais le charme et la vue pittoresque qu’offre cette réplique d’un modèle type des années 1850 – le « kingport » – motivent bien des gens à s’y arrêter quelques instants. Comme la majorité des ponts de l’époque au Nouveau-Brunswick, il est bien sûr construit entièrement de bois et repose sur des cages remplies de cailloux.

LA MAISON BLACKHALL – *CIRCA 1840

ORIGINE : CARAQUET

Cette confortable maison présente plusieurs différences par rapport aux autres maisons du site, pour une bonne raison : son propriétaire était écossais de naissance. Cumulant plusieurs fonctions officielles, James Blackhall disposait d’un revenu relativement substantiel, ce qui lui permettait de meubler sa résidence avec un certain souci de luxe. D’autre part, il voulut reproduire le style des maisons de son pays natal; d’où l’utilisation plus large de la pierre, la dénivellation de la cuisine par rapport au corps de logis principal et le choix du site de construction sur une inclination du terrain.

LA MAISON THÉRIAULT – *CIRCA 1890

ORIGINE : THÉRIAULT OFFICE (BERTRAND)

Vaste et confortable, fièrement campée sur une petite élévation, cette résidence illustre les progrès réalisés par les Acadiens à la fin du 19e siècle. La véranda qui orne deux de ses murs, les carreaux entourant la porte d’entrée, les rideaux accrochés aux fenêtres, le petit salon avec son harmonium et ses meubles de fabrication commerciale sont autant de détails qui dénotent un souci de confort et d’esthétique. La maison n’est plus un simple abri; elle est devenue un lieu d’accueil, de loisirs, de détente. Le puits intérieur est certainement un des éléments les plus inusités de cette maison.

LE MOULIN À FARINE RIORDON – *CIRCA 1895

ORIGINE : POKESHAW

L’équipement est d’époque, mais le bâtiment a été reconstruit. Actionné au moyen d’une turbine hydraulique, le moulin est relativement moderne pour son époque. Des rouleaux de métal servent à moudre le grain, contrairement aux meules de pierre que l’on retrouve sur des moulins plus âgés. Retenue par un petit barrage construit sur la rivière, l’eau s’engouffre dans une dalle et met en marche la turbine qui entraîne ces cylindres où le blé sera débarrassé de son écale et broyé. Une fois le blé écrasé, des sas séparent la semoule, la farine ordinaire, la plus couramment utilisée, et la fleur de farine, blanche et fine.

L’ÉCOLE – *CIRCA 1869

ORIGINE : CHOCKPISH (PRÈS DE RICHIBOUCTOU)

L’architecture de cette école, représentative de celles qu’on retrouvait dans nos villages d’autrefois, n’est pas très différente des autres bâtiments. Sa charpente est à colombages verticaux; l’extérieur est recouvert de bardeaux, les murs intérieurs sont enduits de plâtre, avec un lambris de trois pieds de hauteur, en planches de pin. Une petite estrade d’une vingtaine de centimètres de hauteur, à côté de la porte d’entrée, sert de tribune pour le pupitre du maître ou de la maîtresse. Une plaque peinte sur le mur au noir de fumée fait office de tableau. Un petit poêle de type « box » constitue le système de chauffage.

LA CHAPELLE – *CIRCA 1831

ORIGINE : SAINTE-ANNE-DU-BOCAGE (CARAQUET)

Cette reproduction de la chapelle de Sainte-Anne-du-Bocage, à Caraquet, n’est pas typique des grandes églises des paroisses acadiennes. Elle représente un lieu de prière construit par les villageois, peut-être pour convaincre les autorités ecclésiastiques de désigner comme paroisse distincte leur zone du village et de leur assigner un curé permanent. On notera dans cette chapelle l’absence de sacristie, de tabernacle, de confessionnal et même de chauffage – éléments qu’on aurait retrouvés dans une église. Par contre, l’élégance de la petite balustrade et la peinture distinctive du plafond dénotent le soin apporté aux détails de la construction.

LA FERME BABINEAU – CIRCA 1855

ORIGINE : RICHIBOUCTOU

On remarquera peut-être d’abord ici le « banc du quêteux », mais cette belle maison présente d’autres caractéristiques intéressantes. L’intérieur est accueillant, les pièces spacieuses et confortables; les murs intérieurs sont recouverts d’un enduit de plâtre et de planches teintes d’ocre jaune. La construction, en madriers verticaux assemblés à tenons, mortaises et chevilles, illustre une technique très ancienne. On y compte pas moins de treize ouvertures, soit trois portes et dix fenêtres. Jean Babineau construisit cette maison alors qu’il était âgé de cinquante ans; il est presque certain que ses fils l’aidèrent dans ce travail.

LE PONT COUVERT – *CIRCA 1900


Reprenant fidèlement les caractéristiques d’un modèle standard utilisant le type de fermes « Howe », le pont couvert du Village dégage une aura de nostalgie et souligne bien l’importance historique de ce genre de structure. Généralisé au Nouveau-Brunswick au cours du 19e siècle, ce type de pont y reste populaire jusqu’aux années 1950 en raison de sa longévité et de l’abondance des ressources forestières. Au nombre de plus de 300 dans la province après la Deuxième Guerre mondiale, on n’en compte qu’une soixantaine de nos jours. Sur le site du Village, ce pont marque le passage vers le début du 20e siècle.

COMPLEXE DU TONNELIER THOMAS – *CIRCA 1937

ORIGINE : TRACADIE

L’architecture, la finition et le mobilier de cette maison originale nous situent de plain-pied dans le 20e siècle. À l’arrière, le petit complexe formé d’un atelier de tonnellerie fidèlement reproduit est à la fois représentatif de l’impact de la mécanisation et de l’importance continue de la pêche dans l’économie acadienne à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. En opération de 1933 à 1945, on y produit en effet des tonneaux destinés à l’exportation du poisson. La fabrication mécanisée de bardeaux contraste aussi avec celle du faiseur de bardeaux du siècle précédent et souligne les progrès du monde de la construction.

HOMARDERIE (ÉCLOSERIE) – *CIRCA 1915

ORIGINE : SHIPPAGAN

Témoin d’un effort de renouvellement des réserves de homard, cette écloserie faisait appel à la collaboration des pêcheurs et aux ressources de la technologie du début du 20e siècle. L’expérience ne dura que quelques années; l’établissement est présenté après sa fermeture par les autorités fédérales, et l’équipement très spécialisé requis par le processus d’incubation et d’élevage des jeunes homards est absent. On peut cependant voir le long des murs les appuis destinés à recevoir les bocaux d’incubation. On notera l’architecture remarquable de cette vaste construction de bois, sans piliers de support pour soutenir la lourde charpente de la toiture.

HÔTEL « CHÂTEAU ALBERT » – *CIRCA 1910

ORIGINE : CARAQUET

Le Château Albert, disparu dans un incendie en 1955, fut en opération à Caraquet entre 1907 et le début des années 1920. Au Village, sa reproduction est fondée sur les plans originaux de l’architecte acadien Nazaire Dugas. Certaines concessions, au niveau de la structure et de l’aménagement, ont dû être faites en conformité avec les normes de logement; mais les papiers peints, les meubles et en général l’aspect visuel respectent le cachet du début du 20e siècle. Le rez-de-chaussée est ouvert au public, avec son bar et sa grande salle à manger. Les chambres des étages supérieurs peuvent aussi être louées.

MAISON O. TURGEON – *CIRCA 1928

ORIGINE : BATHURST

Avant d’être rescapée par le Village Historique Acadien, la maison du sénateur Onésiphore Turgeon est située à Bathurst au cœur de sa vie commerciale et religieuse, tout près de la maison funéraire Elhatton et du marché des fermiers. Construite dans les années 1880, mais achetée par Turgeon qu’en 1905, son style est typique de l’époque victorienne et rappelle – avec ses baies vitrées notamment – l’influence de la mer sur l’architecture de la province. Typique des maisons des classes aisées, l’escalier de service nous rappelle aussi les normes sociales strictes qui persistent toujours au début du 20e siècle.

COMPLEXE DU FERMIER CHIASSON – *CIRCA 1924

ORIGINE : SAINT-ISIDORE

Cette maison vaste et confortable illustre bien l’évolution qu’a subi l’habitation acadienne en moins de deux siècle. Elle représente une maison de ferme avec les appareils domestiques en usage et les éléments de confort et d’agrément qu’on retrouve alors dans les belles résidences campagnardes. La charpente est à colombages verticaux, devenue la norme depuis plusieurs années. La construction est réalisée en deux étapes, légèrement décalées l’une par rapport à l’autre. Lors de l’agrandissement, une fenêtre qui se trouvait désormais sur un mur intérieur a été déplacée et posée en diagonale entre les deux corniches afin de maintenir l’éclairage naturel à cet endroit.

LA FERBLANTERIE OUELLET – *CIRCA 1905

ORIGINE : SHÉDIAC

La ferblanterie du Village est une reproduction de la boutique de Ferdinand Ouellet. Sa construction est typique de celle de la plupart des boutiques du début du 20e siècle; construction à colombages verticaux, avec grandes fenêtres sur la façade, de chaque côté de la porte; l’intérieur comprend uniquement l’atelier lui-même et une petite arrière-boutique. Comme presque tous les commerces, celui-ci est construit près de la route, alors que les maisons familiales sont plutôt en retrait. On y trouve la plupart des outils autrefois utilisés pour la fabrication d’une foule d’objets de fer-blanc courants (gobelets, chaudières, etc.) et celle des tuyaux de poêles.

 

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