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Culture ancestrale | Baleines et fanons | Évolution et échanges | La mission anglicane | |
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Évolution et échanges L'archéologie prouve que, dans les années 1820, les Kigirktaugmiut de l'île Herschel commerçaient déjà avec la Russie. Ils se rendaient tous les ans à l'île Barter, en Alaska, chargés de fourrures, de peaux de phoques et d'huile, pour échanger ces marchandises contre les couteaux en fer et les perles des Inuvialuit de l'Alaska. Les Inuvialuit de l'île Herschel connaissaient bien les marchandises européennes, sans pour autant connaître les peuples européens ou leurs cultures. Un Inuvialuit, Nuligak, raconte sa première rencontre avec les hommes blancs quand il était jeune garçon : "Les marins que nous avions rencontrés avaient toujours quelque chose dans la bouche, quelque chose qu'ils mâchaient. Cela m'intriguait tellement que je ne pouvais pas m'empêcher de fixer leurs mâchoires. Un beau jour, on me donna de cette chose . J'en ai mâché - C'etait délicieux. C'etait de la gomme à mâcher. À partir de ce jour-là, j'ai commencé à reconnaître certaines des choses qui appartenaient aux hommes blancs." Les baleiniers américains qui ont séjourné à l'île Herschel de 1889 à 1908 ont provoqué un épuisement des ressources naturelles et perturbé le comportement alimentaire traditionnel des Inuvialuit du Mackenzie. Traditionnellement, les Inuvialuit de l'île Herschel vivaient surtout de la pêche. Les chasseurs de baleines échangeaient des marchandises avec les Nunatarmiut de l'intérieur de l'Alaska et les Takudh contre du caribou, et avec les Inuvialuit de l'île Herschel contre du poisson. Les baleiniers avaient emporté avec eux de la nourriture en conserve et des aliments séchés. La viande fraîche et les légumes frais leur étaient nécessaires pour ne pas succomber au scorbut, maladie provoquée par une insuffisance grave de vitamine C. Un équipage de baleinier de 35 hommes pouvait consommer plus de 9 tonnes de viande fraîche, rien qu'au cours de l'hiver. Les équipages avaient amené de nombreux produits pour le troc : thé, farine, sucre, bonbons, tabac à mâcher, armes à feu et munitions, couteaux, limes, embarcations baleinières, petits réchauds, vêtements, peignes, savon, machines à coudre mécaniques, cordes, harpons, allumettes, récipients de cuisson alimentaire en métal, ciseaux, aiguilles à coudre, dés, toile, calicots, miroirs, accordéons, phonographes, disques et aiguilles de phonographes. En échange, les Inuvialuit leur procuraient de la viande fraîche de caribou ou d'orignal, du poisson frais, des peaux de renard blanc ainsi que d'autres fourrures, des canards, des fanons de baleine, de l'ivoire, des vêtements, des chaussures d'hiver et des bibelots. Les Inuvialuit enseignèrent aux blancs comment survivre dans le Nord. À leur arrivée, dans les températures glaciales, le capitaine Bodfish et son équipage portaient tout une panoplie de vêtements de laine lourds. Ils regardaient avec perplexité les vêtements que portaient les Autochtones. Le capitaine Bodfish nota : "Nous pensions que les Autochtones ne savaient pas comment se maintenir au chaud. Mais, dès avant la fin du premier hiver, nous avons carrément adopté leurs vêtements et nous en avons habillé tous nos hommes. Ces vêtements légers étaient parfaitement confortables. À partir de ce moment-là, nous n'avons plus jamais utilisé d'autres vêtements en Arctique." En hiver, nous portions des vêtements en peau de caribou : chemise, pantalon descendant jusqu'aux genoux et chaussettes dont le poil était tourné vers l'intérieur, au contact de la peau. Pendant la saison la plus froide, nous rajoutions, au-dessus de ceux-ci, une seconde couche de vêtements en peau de caribou, le poil de l'animal tourné cette fois-ci vers l'extérieur. Pendant les tempêtes de neige, nous mettions une chemise en calicot blanc au-dessus de la veste en peau pour empêcher la neige de passer et de rentrer dans les poils. Des bottes d'hiver en peau de phoque ou de baleine complétaient l'ensemble. Les Inuvialuit enseignèrent aussi aux nouveaux venus à s'occuper des équipes de chiens de course, à voyager en raquettes, à chasser et à piéger les animaux. S'ils n'avaient pas appris toutes ces nouvelles techniques, beaucoup d'entre eux n'auraient pas survécu.
Avant 1888, la présence des Blancs avait été minime
dans le Grand Nord. Les Inuvialuit n'avaient aucune immunité contre
des maladies pourtant courantes en Europe. Les chasseurs de baleines contaminèrent
les Autochtones qui contractèrent des maladies vénériennes,
la rougeole et la grippe. Ne pouvant pas lutter contre ces maladies, un
nombre effroyable d'Inuvialuit perdit la vie. Les conséquences
de cette situation sur les populations Inuvialuit de Mackenzie furent
évidentes dès le milieu des années 1890. Le capitaine Bodfish était superstitieux. Il croyait que si les hommes donnaient de l'alcool aux Autochtones, ils feraient fuir la chance. Aussi, l'alcool ne faisait pas partie de sa liste des marchandises à vendre; on le réservait pour un usage médical et pour des occasions spéciales. Tout le monde ne pensait pas comme lui, et beaucoup de navires arrivèrent chargés d'alcool à commercialiser. Les officiers des navires étaient seuls à faire la loi sur l'île, mais beaucoup d'entre eux n'étaient pas exactement des citoyens respectueux de la loi . (la Police à cheval du Nord-Ouest n'arriva pas avant 1903). Pendant les toutes premières années, l'alcool circula assez librement sur l'île Herschel. On pouvait le vendre ou l'échanger contre des fourrures, de l'ivoire de morse, des os, ou la compagnie des femmes. Les cas d'ivrognerie, de viols, d'enlèvements, d'agressions, de meurtres et de suicides se firent de plus en plus nombreux. Tout cela commença à s'estomper avec l'arrivée du
Révérend Isaac Stringer, en 1893. Dès 1894, les capitaines
de navire prirent l'habitude d'amener avec eux femmes et enfants. Dans
les clubs qui venaient d'ouvrir leurs portes, on interdisait l'entrée
aux personnes en état d'ébriété. |
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© Musée de la vieille église en rondins 2002 Vos commentaires |
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