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Culture ancestrale | Baleines et fanons | Évolution et échanges | La mission anglicane | |
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La mission anglicane La première visite d'Isaac Stringer au village inuvialuit de Kittigazuit, en été 1892, ne fut pas encourageante. Les Inuvialuit lui ordonnèrent de quitter l'île immédiatement. Il réussit toutefois à y rester deux semaines avant de retourner à Fort McPherson. Stringer écrivit dans son journal : "Ils ne connaissaient pas le nom de Dieu, sauf dans une expression profane qu'ils avaient entendue de la bouche des baleiniers. Ils ne semblaient pas avoir envie d'apprendre." Stringer était plutôt découragé, mais l'archidiacre McDonald et le vénérable M. Firth, de la Compagnie de la Baie d'Hudson, furent impressionnés qu'il ait réussi à s'en sortir indemne. Ils notèrent : "Nous vous avions donné deux ou trois jours, au plus. Mais nous pensons que vous avez eu bien raison de rester deux semaines et vous vous en êtes sorti indemne." Stringer visita l'île Herschel pour la première fois au printemps 1893. À sa grande surprise, les capitaines baleiniers accueillirent très bien son arrivée et lui offrirent volontiers un logement sur l'un de leurs navires. Il passa trois semaines avec eux, les côtoyant, discutant et nouant des relations avec eux. Sa présence représentait une influence morale sur l'île que les capitaines voyaient d'un bon oeil. Ainsi encouragé, Stringer continua à voyager souvent vers la côte nord. De 1893 à 1897, il divisa son emploi du temps entre l'île Herschel, les populations inuvialuit de la région, et le poste de la mission de Fort McPherson (appelé aussi Rivière Peel ). Au printemps 1897, Isaac et son épouse, Sadie, établirent une mission de l'Église anglicane sur l'île Herschel, dans le but principal d'apporter le christianisme aux Inuvialuit. Il commença à prêcher des sermons toutes les semaines, assisté d'un interprète inuvialuit, David Copperfield. Chaque fois qu'ils en avaient l'occasion, Isaac et Sadie demandaient aux Inuvialuit de se rassembler pour leur enseigner des hymnes, des prières, et des textes de la Bible. Petit à petit, Isaac apprit la langue inuvialuit et finit par traduire dans leur langue la liturgie de l'Église anglicane, l'action de grâces, les Dix Commandements, de nombreux textes des Écritures et 20 hymnes. Il écrivait chaque mot phonétiquement, en alphabet anglais, et quand il eût assez de matériel écrit, il commença à enseigner la lecture aux Autochtones. Stringer était un homme très sympathique, souple et tolérant. Il était capable de s'adapter avec beaucoup de patience au mode de vie des Inuvialuit. Pourtant, il les jugeait lents au travail et cela le décourageait parfois. L'alcool et l'influence des sorciers constituaient souvent des obstacles à leurs progrès. Stringer était scandalisé par l'envergure des problèmes que prenaient la consommation d'alcool et la promiscuité des femmes autochtones. Après de longues négociations et après avoir menacé d'en référer au gouvernement du Canada, il persuada 22 capitaines de signer une pétition, datée du 11 mai 1895, pour suspendre la vente d'alcool aux Inuvialuit. Malheureusement, l'accord ne dura pas et le commerce finit par reprendre, mais pas à une aussi grande échelle. L'alcool fabriqué sur place posa aussi un problème. Un Inuvialuit, du nom de Avumnu, créa un mélange qu'il appela "Tonga", ce qui signifie "qui rend les hommes meurtriers". Pendant une des pénuries cycliques de nourriture, Stringer donna aux Avumnuk du thé et du tabac dont ils raffolaient en échange de l'alambic. Vingt Inuvialuit regardèrent Stringer casser tous les récipients d'alambic à la hache. Ce fut la dernière fois qu'ils virent le breuvage "Tonga". Les Inuvialuit subissaient l'influence des sorciers. Ces derniers devenaient ouvertement hostiles lorsqu'ils voyaient leurs propres remèdes et leurs propres croyances rejetés par l'homme blanc. Un hiver, la lutte entre les deux cultures arriva à son paroxysme. Un sorcier avait donné pour mort un jeune Inuvialuit, Okpik, qui souffrait d'une grave pneumonie. Le frère d'Okpik, persuada les Stringer d'aider le jeune homme, qu'ils hébergèrent chez eux. Pendant des jours entiers, le malade resta entre la vie et la mort. Le sorcier se réjouissait que la médecine des blancs n'ait aucun effet. Les Stringer savaient que, si le jeune mourait chez eux, les Inuvialuit n'y entreraient plus jamais et il n'y aurait plus aucun espoir de faire quelque travail missionnaire sur l'île. Mais les Stringer réussirent à ramener à la vie le jeune homme qui recouvra ensuite la santé. Stringer écrit : "Il se trouve que cela marqua un tournant décisif dans notre carrière sur l'île." Sadie se souvient : "Le moment le plus intense passé avec les Esquimaux arriva
vers la fin de notre séjour. Tous les navires étaient partis
en prévision des mois d'hiver. Il n'y avait rien pour distraire
la population des bonnes influences et des enseignements. Ainsi, je dirais
que les années de 1899 à 1901 furent les plus bénéfiques
de celles que nous avons passées parmi les Esquimaux, pour ce qui
est de l'instruction religieuse. Ils allaient à l'école
régulièrement et faisaient de réels progrès.
Quand un service religieux du dimanche était célébré
pour l'un d'entre eux, tous les habitants de l'île y participaient,
les bébés, les traîneaux, les chiens, toute l'île
était là. Quelle inspiration pour nous de voir la joie spirituelle
qui éclairait leurs visages!" |
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© Musée de la vieille église en rondins 2002 Vos commentaires |
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