Les missionnaires dans le Nord - Bishop Stringer - L'évêque qui mangea ses bottes

William Kirkby  |  Robert McDonald  |  William Bompas  |  J.W. Ellington  |  Isaac & Sadie Stringer

Introduction

Les missionnaires commencèrent à s'installer dans le Nord canadien dans les années 1800, en réponse à l'appel qui leur avait été fait d'aller prêcher la bonne parole aux autochtones. En effet, le territoire s'ouvrait alors de plus en plus, à cause du nombre croissant des nouveaux arrivants, venus pour explorer la région ou pour faire le commerce des fourrures. Les compagnies déjà bien engagées dans le commerce, comme la Compagnie de la Baie d'Hudson, encourageaient l'arrivée des missionnaires anglicans et catholiques romains qui tentaient, les uns et les autres, d'être les premiers à répandre la foi chrétienne. Les femmes autochtones, dont beaucoup vivaient avec des hommes établis dans le commerce des fourrures, étaient d'un grand secours pour les missionnaires puisqu'elles leur servaient de traductrices, les aidant aussi à établir des contacts avec la société autochtone.

La rivalité entre les congrégations anglicanes et catholiques romaines était rude car elles voulaient étendre leur influence propre à travers le Nord. C'était le groupe qui parvenait à contrôler le premier un territoire donné, souvent par hasard, qui établissait sa suprématie au détriment du second groupe. Dans cette véritable course à la conversion , l'église catholique romaine maîtrisait la zone en amont du fleuve Mackenzie, et l'église anglicane contrôlait celle qui se trouvait en aval du fleuve Mackenzie, jusqu'au-delà des montagnes du Yukon.

Les missionnaires anglicans suivaient fidèlement les principes de philosophie éducationnelle et les méthodes d'enseignement qui leur étaient propres. La Church Missionary Society (CMS), un bras évangélique de l'église anglicane, formait des équipes composées de laïques riches qui avaient, en outre, une influence en politique. Ces derniers tenaient à maintenir leur foi, leur niveau d'éducation et leurs principes moraux dans la société. La CMS fournit son appui financier et envoya des équipes de missionnaires dans les colonies britanniques pour "civiliser" les autochtones et s'assurer de leur entrée au paradis, le moment venu.

La CMS s'occupait parfaitement de la formation spirituelle de ses missionnaires. Par contre, elle connaissait très peu de choses sur les territoires où elle les envoyaient et, particulièrement, sur le Grand Nord canadien. En conséquence, la plupart des missionnaires étaient bien mal préparés à ce qui les attendait sur place, particulièrement ceux qui venaient de l'Angleterre. Certains d'entre eux endureraient mieux que d'autres l'isolement, la solitude et les privations qu'ils auraient à affronter, si radicalement opposés aux conditions de vie qu'ils avaient laissées derrière eux. William Carpenter Bompas, et un petit nombre d'autres hommes, s'adonnèrent entièrement à leur travail de missionnaire. Le frère de Bompas raconte que ce dernier décida "…de ne rien prendre avec lui [de ne rien emporter au Canada] qui puisse lui rappeler le passé, et se sépara de tous ses livres et d'autres souvenirs personnels, y compris de la Bible de paragraphes qu'il avait l'habitude de consulter."

Voici quelques noms de missionnaires anglicans, parmi beaucoup d'autres, venus au Nord du Canada pour travailler avec les populations autochtones et non autochtones éparpillées à travers cette vaste région : William Kirkby, Robert McDonald, William Carpenter Bompas, J.W. Ellington, et Isaac Stringer. Stringer est sans doute le plus célèbre d'entre eux. C'est lui qui, grâce à un travail assidu de collecte, de transcription et de photographie, a permis de préserver, dans de nombreux musées et lieux d'archives canadiens, un nombre impressionnant d'archives concernant les cultures autochtone et inuit, mais aussi les pêcheurs de baleines européens et américains, et les missions anglicanes. Venez nous rejoindre; faites un voyage fascinant sur une terre austère et redoutable, en compagnie de cet homme remarquable.

© Musée de la vieille église en rondins 2002
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