QUI SONT LES FRANCOPHONES DU DÉTROIT ?
Autrefois, le Détroit était une colonie française qui comprenait les deux bords
de la rivière Détroit. Trois cents ans après sa fondation, la langue et la
culture française survivent toujours dans la région, surtout sur la rive
canadienne. On y retrouve une communauté francophone à Windsor, mais aussi dans
plusieurs petits villages des comtés d'Essex et de Kent : Rivière-aux-Canards,
LaSalle, McGregor, Tecumseh, Belle-Rivière, Saint-Joachim, Pointe-aux-Roches,
Pain Court, Grande Pointe et d'autres. Mais qui sont les francophones du Détroit
? D'où viennent-ils ? Comment ont-ils garder leur langue et leur culture
vivantes en plein milieu du continent nord-américain ?
Les Français établissent une colonie au Détroit du lac Érié en 1701. C'est
l'idée d'Antoine Cadillac, premier commandant du Fort Pontchartrain du Détroit.
Il fait venir des soldats, des fermiers et des marchands, ainsi que plusieurs
nations amérindiennes, pour aider à défendre les grands lacs et les possessions
françaises de l'intérieur contre l'avance des Anglais et de leurs alliés
iroquois. En premier, les nouveaux habitants s'établissent sur la côte nord du
Détroit (aujourd'hui le côté américain). Mais à partir de 1749, ils occupent
aussi la rive sud. Ces colons, qui viennent de la France et de la vallée du
Saint-Laurent, font un peu d'agriculture, mais la majorité d'entre eux vivent
surtout de pêche et de chasse et de la traite des fourrures. Le Détroit devient
une possession britannique en 1760, mais les francophones continuent à s'établir
dans la région. Même après l'arrivée des Américains en 1796, la rivière Détroit
demeure à toute fin pratique une rivière française.
Voir une
ancienne carte du Détroit
Mais après la guerre de 1812, l'émigration française dans la région arrête
presque complètement. Les comtés d'Essex et de Kent se remplissent de colons
loyalistes et d'immigrants des Îles Britanniques. Du côté américain, des
milliers de colons de la Nouvelle Angleterre se dirigent vers le Michigan. Les
francophones se retrouvent bientôt en position minoritaire. À mille kilomètres
de Montréal, ils sont effectivement coupés du reste de la francophonie. Du côté
américain, la langue française disparaît presque entièrement.
Mais sur la rive sud, une autre vague de population vient rehausser la
population canadienne-française. À partir des années 1850, lors d'une crise
économique au Bas-Canada, des centaines de familles se dirigent vers les riches
terres agricoles du sud-ouest ontarien. Plusieurs viennent travailler à la
construction du nouveau Great Western Railroad qui relie Windsor et Montréal.
Ces nouveaux arrivés prennent des terres à l'est du premier groupe, le long du
lac Sainte-Claire. Ils viennent pour défricher et cultiver la terre. Ils amènent
avec eux plusieurs idées et institutions du Bas-Canada et établissent une
importante présence francophone qui s'étend de Tecumseh à Grande Pointe.
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Mouvement des premiers groupes francophones, M508. Musée communautaire de Windsor. |
Établissement de la population francophone, M507. Musée communautaire de Windsor. |
Au début du 20e siècle, la ville de Windsor comprend un mélange des deux groupes
ainsi qu'une forte majorité anglophone. Grâce à la proximité de Détroit, Windsor
devient un grand centre industriel. Ce développement attire des gens de partout,
y compris des francophones qui viennent du Québec, du Nord et de l'Est ontarien
et même de l'Acadie. Tout au cours du siècle, ces gens participent au
développement social et économique de la région. Aussi, ils s'organisent pour
protéger leurs droits et maintenir leur langue et leur culture, fondant un
réseau institutionnel dans les domaines de l'éducation, de l'économie et de la
communication.
Aujourd'hui, la communauté francophone du Détroit est une communauté moderne et
branchée sur l'avenir. Mais il reste toujours des vestiges de l'ancienne époque,
des échos du vieux Détroit qu'on entend dans le folklore, transmis de bouche à
oreille pendant plus de trois cents ans. Le folklore que vous allez découvrir
sur ce site est un lien vivant avec le passé, une piste qui remonte jusqu'à
l'ancienne France, d'où sont venus les premiers colons.
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