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INTRODUCTION
La lutte pour le pouvoir est un thème récurrent de l’histoire de Fort
Selkirk. Un des premiers exemples est la lutte entre la Compagnie de la Baie d’Hudson
et les Tinglit de la côte pour l’obtention de la suprématie commerciale avec
les Tutchone du nord. Par la suite, l’Église anglicane s’est efforcée d’accroître
son influence et de convertir les âmes autochtones au christianisme.
Finalement, la Police à cheval du Nord-Ouest et la Troupe de campagne du Yukon
ont travaillé à établir et à faire respecter la souveraineté canadienne
dans une région occupée en grande partie par des Américains.
En 1848, cinq ans après le premier contact entre les Blancs et les ancêtres
de la première nation de Selkirk, Robert Campbell, employé de la Baie d’Hudson,
a cherché à mettre sur pied un poste de traite d’où il pourrait commercer
avec les Tutchone du nord. L’objectif de Campbell était de prendre la place
des Chilkat de la côte en tant que partenaire commercial principal des Tutchone
du nord. Cette éventualité a soulevé la colère des Chilkat qui étaient
déterminés à ne pas se laisser damer le pion par la Baie d’Hudson. En 1852,
après des années difficiles, les commerçants blancs commençaient à être
bien implantés à Fort Selkirk. Les Chilkat, de peur de perdre leur statut
privilégié auprès des Tutchone du nord, ont attaqué le poste de Campbell en
août de cette année. Il n’y eut aucun mort, mais pour la Compagnie de la
Baie d’Hudson, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. La compagnie a
quitté le Haut Yukon pour aller mener des activités plus rentables ailleurs.
Lorsque Arthur Harper a ouvert son poste de traite en 1889, de plus en plus
de Tutchone du nord ont commencé à passer du temps à Fort Selkirk. Trois ans
plus tard, le révérend Thomas Henry a établi une mission anglicane afin de
prêcher la parole de Dieu à ces gens. Au cours des soixante années qui
suivirent, les missionnaires anglicans ont servi les Tutchone du nord de la
région. L’Église enseignait les coutumes des Blancs et elle condamnait les
«comportements non chrétiens». On désapprouvait de nombreuses pratiques
ancestrales des autochtones, dont les potlatchs et la crémation des morts. En
général, les enfants de Fort Selkirk fréquentaient l’école de la mission
anglicane de Carcross où ils étaient séparés de leur famille et où ils ne
pouvaient parler leur langue maternelle. Bien des membres des premières nations
essaient encore de composer avec l’expérience du pensionnat.
En 1898, un détachement de la Police à cheval du Nord-Ouest a été
dépêché afin de surveiller la navigation intense sur le fleuve durant la
ruée vers l’or du Klondike. Vint ensuite la Troupe de campagne du Yukon, une
unité spéciale composée de 200 soldats et mise sur pied dans le but de
prêter main-forte à la Police à cheval du Nord-Ouest chargée d’assurer le
maintien de l’ordre et de faire respecter la souveraineté du Canada parmi les
prospecteurs d’or dont la plupart venaient des États-Unis. Le printemps
suivant, les soldats et les policiers sont allés exercer leurs fonctions à
Dawson. Les forces policières ne sont revenues à Fort Selkirk qu’en 1932, et
elles sont demeurées en place jusqu’à ce que le site soit abandonné.
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