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Phil Esposito Transcription : Phil Esposito

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But vainqueur de Paul Henderson lors de la Série du siècle en 1972.
© CBC/Radio-Canada
Transcription : Henderson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Red Fisher Transcription : Fisher

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Canada-URSS 1972

En 1969, la toute nouvelle organisation « Hockey Canada » commença à négocier des ententes en vue de ce qui allait devenir la Série du siècle. La Série devait oppor l'Union soviétique, gagnante de plusieurs championnats du monde et de tournois olympiques, aux meilleurs hockeyeurs canadiens. Le Canada croyait enfin que ce tournoi international serait le premier auxquel ses meilleurs joueurs pourraient participer. Mais le destin devait brouiller les cartes.

La planification des événements de 1972 tirait à sa fin lorsque l'AMH fut créée. La LNH n'avait, en effet, aucune intention de s'associer à sa nouvelle rivale. Elle menaça de se retirer de l'organisation du tournoi si les joueurs de l'AMH y participaient. Certains joueurs tels, Bobby Hull, J.-C. Tremblay, Gerry Cheevers et Derek Sanderson auraient été exclus et n'auraient pu représenter le Canada, de même que Bobby Orr, meilleur joueur de la LNH, qui était blessé.

Le Canada fut malgré tout représenté par une équipe redoutable. L'alignement des Canadiens regroupaient d'excellents joueurs, dont Rodrigue Gilbert, Bobby Clarke, Yvan Cournoyer, Stan Mikita, Serge Savard, Jean Ratelle, Brad Park, ainsi que les frères Mahovlich et Esposito. Le seul inconvénient est que ces derniers connaissaient très peu les techniques de leurs adversaires.

Huit matchs furent disputés au cours de cette série, dont quatre au Canada et quatre en Union soviétique. Cet événement mémorable couvrit une période de 27 jours au mois de septembre, juste avant le début de la saison de la LNH. Plusieurs commentateurs de hockey nord-américains croyaient que l'équipe canadienne allait balayer leur adversaire en huit matchs, prédiction que partageaient de nombreux joueurs d'Équipe Canada.

Lors de la première partie, les Canadiens enfilèrent deux buts consécutifs peu peu de temps après la mise en jeu. La réalité donna raison à cet excès de confiance. Les partisans pouvaient croire alors que le match serait un sens unique, mais sur le banc, les joueurs étaient moins rassurés. Les joueurs canadiens, impressionnés par la vitesse et le talent des Soviétiques, commencèrent à douter que cette soirée serait probablement plus longue que prévue. Ils eurent raison. Les Russes écrasèrent les Canadiens 7 à 3. Les joueurs d'Équipe Canada quittèrent la glace dans une vague de silence. L'équipe, les partisans et la nation restèrent bouche bée.

Le Canada revint en force. Il remporta le deuxième match et obtint un résultat nul à la troisième partie. La quatrième et dernière rencontre au Canada eut lieu à Vancouver. Elle se termina par une nouvelle victoire des Russes. Équipe Canada quitta la glace, huée par les spectateurs. La série semblait désormais sourire aux Russes. Immédiatement après la partie, Phil Esposito passa à la télévision et s'adressa aux partisans pour lancer un cri de ralliement qui allait renverser la vapeur. Blessé par la médisance des partisans canadiens, Esposito prononça un discours pour obtenir le soutien du pays. Il affirma qu'Équipe Canada faisait de son mieux, mais qu'elle se trouvait devant un adversaire de taille.

Les quatre derniers matchs se jouèrent en territoire soviétique. Le Canada possédait un avantage de 4 à 1 qui tout à coup se volatilisa en troisième période. Le Canada perdit 5 à 4 et il n'y avait alors plus beaucoup d'espoir de remporter la série. Les Soviétiques étaient désormais en tête de la série avec trois victoires contre une défaite et un match nul.

La fin était toute proche. Pour gagner la série, les Canadiens devaient remporter les trois derniers matchs à Moscou. Ils gagnèrent la sixième rencontre par un résultat serré de 3 à 2 et parvinrent à arracher la victoire aux mains des Russes lors de la dernière minute du septième match grâce au but de Paul Henderson, son deuxième but victorieux de la série. Ces deux victoires à l'arraché furent les deux plus importantes de la série car si un seul de ces matchs s'était soldé par un verdict nul, le Canada aurait perdu la série.

L'enjeu du huitième et dernier match était donc très crucial ; les Soviétiques, très confiants, commettaient peu d'erreurs. À la fin de la deuxième période, ils menaient 5 à 3, il ne restait que 20 minutes avant que se produise l'un des plus grands moments de l'histoire du hockey. Le leader Phil Esposito ne s'avoua jamais vaincu et redonna confiance à ses coéquipiers. Il compta un but dès les premières minutes de la troisième période et, dix minutes plus tard, il se faufila entre deux défenseurs soviétiques et lança au filet; Yvan Cournoyer pris le retour du disque et marqua un cinquième but.

Les minutes s'écoulait et le compte était toujours de 5 à 5. Même si la fin de la partie se soldait par un résultat nul, les Russes prévoyaient se déclarer gagnants car ils possédaient une avance d'un but au total des buts marqués depuis le début de la série.

À la toute dernière minute de jeu, tous les espoirs d'Équipe Canada semblaient vains. Même si les Soviétiques ne réclamaient pas la victoire en fonction du total des buts gagnants, Équipe Canada savait très bien que pour être déclaré vainqueur, il fallait qu'une des deux équipes gagne la partie. Esposito et Cournoyer s'emparèrent de la rondelle qui étaient dans la zone des Soviétiques et Paul Henderson, qui avait marqué le but gagnant des deux matchs précédents, était alors au banc des joueurs. Peter Mahovlich fut rappelé au banc, et Henderson sauta sur la patinoire. Il fonça vers la zone, saisit la passe de Cournoyer et réussit à décocher un faible tir avant de tomber et de se retrouver contre la bande. Les Soviétiques jonglèrent avec la rondelle, Esposito s'en empara, lança au filet mais Tretiak fit dévier son tir. Henderson, qui s'était relevé, se trouvait alors devant le filet; il saisit le retour et décocha un autre tir qui fut une seconde fois bloqué par un Tretiak étendu de tout son long. Il ne restait que quelques seconde à la partie lorsque Henderson récupéra le disque et, grâce à un geste de combattant, la fit glisser derrière Tretiak qui semblait invincible. À 19 minutes et 26 secondes de la fin, les Canadiens prenaient l'avance, 6 à 5.

Trente-quatre secondes plus tard, l'écho de la sirène retentit et tous les joueurs se précipitèrent sur la glace. Aucun d'entre eux n'avait conscience, à ce moment là, que cet exploit allait prendre une dimension culturelle. En effet, il s'agit d'un événement historique qui fait désormais partie de la culture et de l'identité canadienne.

« Les Canadiens se sont battus avec férocité et intensité comme des animaux aux abois », déclara l'entraîneur soviétique Anatoli Tarasov. « Nos joueurs étaient en meilleure condition physique et possèdent probablement plus de talent que les professionnels canadiens. Or, nous n'avons pas joué avec autant de cœur que nos adversaires, ni avec cette volonté de vouloir gagner à tout prix. Voilà la force des Canadiens », ajouta-t-il.

Des éclaireurs soviétiques assistaient à tous les entraînements d'Équipe Canada en vue de la Série. Les Canadiens qui semblaient plus confiants, n'épièrent leurs adversaires qu'au cours d'une seule séance d'entraînement et d'un match hors-concours. Les deux éclaireurs des Maple Leafs furent en effet très impressionnés par les Soviétiques et surtout par la piètre performance du gardien de but Vladislav Tretiak. Ce dernier avait accordé huit buts au cours d'un match interéquipe. Ils estimèrent alors qu'il était le maillon faible de l'équipe. Or, les deux éclaireurs canadiens ignoraient que, la veille, Tretiak avait célébré son enterrement de vie de garçon; une fête qui avait tourné en une cuite inoubliable. Au cours de la série, Tretiak fut des plus redoutable et l'un des meilleurs joueurs. Cette performance justifie son entrée au Temple de la renommée.

 


 

 

Red Fisher Transcription : Fisher

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Cournoyer Summit
Vladislav Tretiak arrête un tir d’Yvan Cournoyer.
© Graphistes/ Temple de la renommée du hockey

Tony Esposito Transcription : Tony Esposito

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Esposito Summit
Phil Esposito a été l’un des quatre capitaines substituts d’Équipe Canada.
© Graphistes/ Temple de la renommée du hockey

 

Yakushev Summit
Le soviétique Alexsandr Yakushev file sur la glace.
© Graphistes/ Temple de la renommée du hockey

 

 

Red Fisher Transcription : Fisher

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Paul Henderson
Le héros canadien Paul Henderson a été le premier Canadien à voir, de son vivant, son image figurer sur un timbre que Postes Canada a publié en son honneur en 1997.
© Graphistes/Temple de la renommée du hockey

 

Paul Henderson
Transcription : Henderson

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Tretiak Summit
Vladislav Tretiak protège le filet des Soviétiques.
© Graphistes/ Temple de la renommée du hockey

Summit Flags
The Soviet Union and Team Canada ready to begin the Series of the Century.
© Graphic Artists/Hockey Hall of Fame

Canada-URSS 1974

Le succès de la Série du siècle permit, par la suite, aux meilleurs hockeyeurs des deux pays de disputer des matchs semblables à ceux de 1972. Un deuxième affrontement eut lieu en 1974 lorsque l'AMH rassembla ses meilleurs joueurs au sein d'une même équipe, afin de disputer une série de huit matchs contre les Soviétiques. En dépit de la présence de Paul Henderson, le héros de la Série du siècle, et de son récent transfert à l'AMH, la magie n'y était plus. Les Soviétiques eurent facilement raison de l'équipe canadienne et remportèrent la série avec quatre victoires et trois matchs nuls. L'équipe canadienne se composait de joueurs tels, Bobby Hull, Gerry Cheevers et Gordie Howe, de même que ses deux fils Mark et Marty. Pat Stapleton, Frank Mahovlich et Paul Henderson furent les seuls joueurs qui avaient participé à la précédente Série du siècle.

 

 

Henderson Showdown
Le héros de la Série Paul Henderson rencontre un vieux rival, Vladislav Tretiak, lors de la confrontation de 1974.
© Graphistes/ Temple de la renommée du hockey

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