De temps en temps, les champignons semblent trouver un terrain
propice dans l'art. Chez les peintres flamands du 16e siècle,
par exemple, les champignons étaient souvent associés
à l'Enfer. En Angleterre, l'optique plus doucereuse des
peintres de l'époque victorienne liait les champignons
aux fées. Certains aspects de cette association persistent
encore aujourd'hui. Avec son chapeau rouge ou orange tacheté
de blanc, l'amanite-tue-mouche semble être le champignon
préféré des lutins. On la voit dans les
livres d'enfants, dans la publicité et même sous
la forme des décorations de jardin.
Au cours des siècles, les champignons ont apparu chez
divers auteurs de Shakespeare à J.K.
Rowling en passant par Molière. Dans La tempête,
par exemple, Prospéro fait remarquer que les lutins fabriquent
les champignons à minuit. En 1664, Molière emprunte
le personnage de Tartufo de la comédienne italienne en
le rebaptisant Tartuffe. En italien, tartufo veut dire
truffe. Molière montre son appréciation de ce
champignon en donnant le nom de Périgord à son
château. Il se trouve que le Périgord est la région
de la France où pousse la merveilleuse truffe noire.
Plus récemment, les histoires de Harry Potter nous ont
rappellé les liens étroits entre les champignons
et la sorcellerie.
Le champignon littéraire le plus connu est sans doute
celui que mange Alice au pays des merveilles. En grignotant
un côté du champignon, elle devient plus grande
et en grignotant l'autre, elle rétrécit. L'auteur,
Lewis Carroll, savait sans doute qu'un des effets hallucinogènes
de l'amanite-tue-mouche était d'agrandir ou de rapetisser
les objets aux yeux de l'usager. |