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Wayne Greenland - Le travail dans le parc à voitures

Wayne Greenland parle de son travail dans le parc à voitures

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Durée: 4:13 Min
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Transcription

Je vais vous parler de mon travail. Pendant un certain temps, je travaillais dans le parc à voitures. Nous étions en août 1967 ou 1968. Il y avait encore des trains, des trains de voyageurs, et je devais commencer le travail à 16 h. Le parc à voitures se trouvait à l'extrémité du bâtiment du commissaire de gare et il fallait pointer à l'arrivée et au départ. Il y avait la glacière. Les blocs de glace, achetés localement, mesuraient 60 cm sur 80 cm et étaient placés dans le bran de scie pour les empêcher de fondre l'été. Il fallait en enlever des éclats pour utiliser la glace dans les trains de voyageurs. Dans les voitures-coachs et les voitures de seconde classe où il y avait des fontaines à boire, je mettais les éclats de glace dans la fontaine. Pas dans l'eau, mais dans le réservoir tout autour de la fontaine pour garder l'eau froide. Je mettais aussi de la glace dans les glacières du wagon-restaurant, et tout devait se faire avant le départ du train à 23 h 30. Les soirs où il n'y avait pas de train de voyageurs, je mettais de l'eau dans le train de marchandises qui comptait des voitures-coachs pour Corner Brook. Une fois cette tâche terminée, je disposais d'environ une heure de répit. Comme il y avait habituellement une voiture privée dans le parc, j'allais parfois y écouter les parties de soccer locales sur une radio à piles. Je me rappelle être allé dans la Bristol ou l'Avalon. Les sièges étaient confortables dans ces anciennes voitures privées, et on pouvait encore y sentir le tabac à pipe. J'avais l'impression de me retrouver dans le passé et je pouvais imaginer les anciens... des habitués du train parler du chemin de fer.

Je devais également conduire le chariot à bagages électrique jusqu'au fourgon à bagages avant le départ de l'express. Un soir, il y avait deux dépouilles mortelles à transporter, et je les ai apportées au fourgon à bagages peu avant l'heure du départ, mais le préposé a refusé de les prendre. Il m'a dit qu'il était trop tard. Je n'ai pas protesté... il avait tout simplement refusé. Je suis donc resté là, et le train est parti. J'ai ramené les deux dépouilles vers la salle des bagages, mais celle-ci était fermée. Il n'y avait plus personne. J'étais pris là avec deux valises... plutôt deux dépouilles et deux valises qui étaient censées être dans le train. Je n'avais d'autre choix que de les laisser dans le petit bureau du parc à voitures et d'attendre minuit pour pointer. J'ai laissé une note disant, Trop tard pour le train, veuillez expédier demain soir, je l'ai signée et je suis rentré chez moi. Pouvez-vous imaginer la réaction du contremaître le lendemain matin à 8 h' Il m'a tout de suite téléphoné : Wayne, qu'est-ce se qui passe ici?. L'affaire a été éclaircie après bien des questions. Il y a eu un autre incident où une dépouille n'a pas été envoyée parce qu'elle est arrivée trop tard pour le train, et je l'ai veillée pendant une demi-heure en attendant la fin de mon quart de travail.