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Wayne Greenland - La dernière dépouille mortelle transportée à bord du train

Wayne parle de la dernière dépouille mortelle transportée à bord du train

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Durée: 4.01 Min
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Transcription

Je vais maintenant vous parler d'une occasion où le Newfoundland Railway ou le CN a décidé de ne pas transporter une dépouille mortelle. Avant 1969, le CN transportait des dépouilles mortelles à Terre-Neuve, partout où le service ferroviaire était relié aux navires côtiers. Un soir en 1973 je crois, je travaillais à la billetterie quand un salon funéraire nous a confié une dépouille mortelle à transporter vers un port de la côte sud aux environs de La Poile ou de Harvies Harbour sur la côte sud-ouest.

Selon la procédure, le prix du billet dans ce cas était le double du tarif bleu. Il y avait un système de tarifs rouges, blancs et bleus, selon le jour de la semaine, et le coût du billet pour transporter la dépouille en question s'élevait à 24 $. En 1973, nous n'avions pas de trains pour voyageurs, et il n'y avait pas de voitures-coachs sur le train de marchandises au départ de St. John's. Alors, nous devions demander au bureau de régulation de nous donner un numéro de wagon, dans ce cas-ci, un wagon couvert. Ensuite, avec l'aide des employés du salon funéraire, le préposé aux bagages est allé embarquer la dépouille dans le wagon désigné. Cependant, peu avant ou tout juste après, l'agent de triage était de l'autre côté de la voie et lisait le numéro des wagons. Comme la porte de ce wagon était encore ouverte de ce côté, il n'y avait qu'un sceau partiel sur la porte. Par conséquent, le préposé a signalé au bureau de régulation que le wagon était vide. Les employés du bureau ont pensé que nous n'avions pas eu besoin du wagon, ont indiqué qu'il était vide, et le train est parti.

Tôt le lendemain matin, avant que le train arrive à Clarenville, les employés ont reçu la consigne de détacher ce wagon vide et de le laisser sur la voie de service de Come by Chance. La dépouille mortelle se trouvait donc là. Quelques jours plus tard, le navire côtier qui assurait la liaison avec le train de marchandises à Port aux Basques est arrivé dans ce port de la côte sud près de Port aux Basques. Sur le quai, il y avait une camionnette et des gens qui attendaient: « Nous attendons le corps de notre père », ont-ils dit. Ils semblaient appartenir à une organisation, mais la dépouille n'était pas là et les employés n'étaient pas au courant de ce qui se passait. Ils ont téléphoné à Port aux Basques, et personne ne savait quoi que ce soit à propos de la dépouille. J'étais alors en vacances, et j'ai reçu un message à l'hôtel de rappeler. À force de chercher, la compagnie a fini par découvrir que le corps se trouvait à Come by Chance. Elle a ensuite retenu les services du salon funéraire qui nous avait confié la dépouille pour aller la chercher à Come by Chance et l'emmener à Port aux Basques, pour ensuite la faire transporter jusqu'au port où elle était attendue. Je crois que le coût de tous ces déplacements a dépassé mille dollars, un coût bien supérieur aux 24 $ que nous demandions pour transporter le corps à Port aux Basques et aux 2,5 du kilomètre pour l'emmener dans son village portuaire. Pour autant que je me souvienne, ce fut la dernière dépouille mortelle transportée par le CN à Terre-Neuve.