En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Histoire du chemin de fer et des navires côtiers

Le chemin de fer terre-neuvien

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Le Canadien National rachète le chemin de fer

Le 1er avril 1949, en même temps que Terre-Neuve devient la dixième province canadienne, le chemin de fer de Terre-Neuve avec ses 705 milles de voies étroites à écartement de 42 pouces, mal entretenu et nécessitant impérieusement une remise en état complète, devient la toute dernière acquisition du Canadien National. Le matériel roulant est constitué de 46 vieilles locomotives à vapeur, 3 locomotives diesels, 98 voitures de voyageurs en bois, 1 004 wagons à marchandises et 154 pièces de matériel de travail. Sont également comprises dans la transaction, la cale sèche du port de St. John's et la flotte de 14 navires dont la plupart datent de l'époque de Reid.

Après avoir procédé à l'examen de sa nouvelle acquisition, le CN entreprend une série de changements dans le but d'intégrer entièrement le chemin de fer de Terre-Neuve dans le système ferroviaire moderne du Canada.

Le premier changement apporté est d'immédiatement augmenter de 30 p. 100 le salaire de crève-faim des 4 100 cheminots de la Newfoundland Railway afin de les rendre conformes aux normes nationales. Durant ces premiers temps, il y a plus d'argent dépensé par mille de voie ferrée pour le chemin de fer à Terre-Neuve que n'importe où ailleurs au Canada. Au cours des 15 premières années de l'entrée de la colonie dans la Confédération, le Canadien National injecte 80 millions de dollars dans la province. De 900 000 tonnes de marchandises en 1949, on passe à 1 500 000 tonnes en 1960 et à 200 000 tonnes en 1967.

Ayant en tête l'époque où l'express transinsulaire reste enseveli dans la neige pendant des jours à la fois, le Canadien National entreprend un programme de trois ans afin de surélever de quatre pieds en moyenne la plateforme des voies ferrées. Dorénavant, la voie ferrée qui traverse le morne Gaff Topsail, un tronçon particulièrement traître en hiver, sera plus haute que la plupart des bancs de neige. Bulldozers, chasse-neiges et équipes de déneigeurs se tiennent prêts et les voies sont habituellement dégagées en quelques heures.

On trouve sur le chemin de fer de Terre-Neuve des pentes de 2,5 % et des courbes de 14 degrés; soit des pentes et des courbes plus prononcées que toutes celles qu'on peut trouver dans les Rocheuses et c'est, bien sûr, non sécuritaire pour les wagons pour voies à écartement normal. Comme il serait trop dispendieux d'apporter des changements à ces conditions et que, pour ce faire, il faudrait relocaliser presque toute la voie, le Canadien National décide plutôt de garder les voies à écartement étroit, mais de les améliorer le plus possible. Bien que les pires virages et pentes soient éliminés, le chemin de fer reste tout de même raide et tortueux. La voie est toujours étroite, mais elle est bien équilibrée et n'est plus rouillée. Les locomotives, les voitures à couloir central et les wagons de marchandises sont tout aussi petits qu'auparavant, mais ils sont maintenant bien entretenus et frais peints.

La locomotive 593 maintenant exposée à Corner Brook.
La locomotive 593, commandée à l'usine Baldwin Locomotive Works à Philadelphie, est arrivée à St. John's en 1921; elle a coûté 36 870 $. Sa première vocation de train express pour voyageurs a pris fin en 1939 lorsque les rails ont été élargis et que le matériel roulant a été modernisé. Elle fait maintenant partie de la collection de la Newfoundland Railway Society, Corner Brook. Collection Wayne Greenland.
Gare de Corner Brook dans les années 1950.
Gare ferroviaire de Corner Brook dans les années 1950. Collection Fabian Kennedy.