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Histoire du chemin de fer et des navires côtiers

Service de transport ferroviaire et côtier

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Les services de transport ferroviaire et maritime de Terre-Neuve

Les marchands de Terre-Neuve se sont investis grandement dans la prestation des services côtiers jusqu'au début du siècle dernier. À ce moment-là, la Reid Newfoundland Company avait réussi à révolutionner l'industrie des transports à Terre-Neuve. En construisant un chemin de fer à écartement étroit d'un bout à l'autre de l'île et en dominant le service côtier, elle avait un quasi-monopole sur le transport des personnes et des marchandises dans l'île de Terre-Neuve. En 1898, le premier navire de la célèbre flotte Alphabet de Reid, le SS Bruce, est entré en service dans le golfe du Saint-Laurent. Le chemin de fer et les navires ont commencé à être reliés en divers endroits de l'île, permettant des déplacements de personnes et de marchandises à une échelle sans précédent. Durant le premier quart du 20e siècle, la compagnie Reid a exploité 14 navires côtiers. Après la Première Guerre mondiale, le rythme de la vie à Terre-Neuve s'est accéléré. Le gouvernement estimait qu'il était de son devoir de fournir à la population un réseau de voies de communication. En 1923, le Newfoundland Railway, entreprise créée et exploitée par le gouvernement terre-neuvien, a racheté les services ferroviaires et côtiers de Reid.

Le Newfoundland Railway s'occupait d'une division maritime. La société exploitait une flotte de navires à vapeur qui reliait, selon des horaires déterminés, le continent en passant par North Sydney, en Nouvelle-Écosse. Cette flotte opérait dans les grandes baies de l'île et assurait également la desserte des lointaines côtes du Labrador. Pour faciliter la manutention des cargaisons, des quais dotées de rails furent construits à Port Blandford, à Humbermouth, à Placentia et à Lewisporte. Selon le contrat relatif au chemin de fer de 1898, Reid était tenu de fournir pendant 30 ans un service de vapeurs entre Port aux Basques et North Sydney, et autour des côtes de Terre-Neuve et du Labrador. Reid recevait une subvention annuelle de 90 000 $ du gouvernement, ce qui rendait le service à peu près rentable. L'entreprise devait pouvoir compter sur l'apport de recettes adéquates provenant des navires côtiers. Or, le gouvernement avait également accordé des routes supplémentaires à d'autres armateurs. Les efforts déployés par Reid pour résoudre les problèmes de transport du gouvernement ont été minés par le gouvernement même.

La flotte Alphabet

Le contrat de 1898 relatif à l'exploitation du chemin de fer de Terre-Neuve, conclu entre sir Robert Reid et le gouvernement terre-neuvien, renfermait une clause portant que Reid devait opérer huit vapeurs afin de fournir un service de transport des marchandises et des passagers à des ports désignés autour de la côte de Terre-Neuve et du Labrador. Nommés en l'honneur de villes de l'Écosse natale de Reid, ces navires sont venus à être connus comme la flotte Alphabet. Un fait intéressant à signaler, c'est que tous les noms des navires finissent par la lettre e. Reid a fait l'acquisition de 12 vapeurs en tout pour ce service, mais n'a jamais pu compléter l'alphabet.

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Portrait de Robert Gillespie Reid posé.
Robert Gillespie Reid (1842-1908). En 1898, Reid obtint un contrat du gouvernement qui lui a permis d'acheter le chemin de fer qui était achevé, un navire côtier et d'autres biens. Sa famille a dirigé la société ferroviaire pendant 25 ans.
Le SS Bruce à Port aux Basques.
Le SS Bruce a fait sa première traversée de Port aux Basques à North Sidney, en Nouvelle-Écosse, le 30 juin 1898. Collection A.R. Penney.