En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Histoire du chemin de fer et des navires côtiers

Les Guerres mondiales

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La Première Guerre mondiale

Dès son achèvement et son entrée en service régulier, le chemin de fer a commencé à perdre de l'argent. Pour rester solvables, les Reid ont pratiqué des coupes sombres dans les dépenses de fonctionnement. La fréquence des express transinsulaires et les opérations hivernales sur les lignes secondaires furent réduites. De plus, l'entretien n'était plus qu'à une simple fraction de ce qui était recommandé. Le Newfoundland Railway amorçait son déclin continu, qui se poursuivrait jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Avec la Première Guerre mondiale, Terre-Neuve a connu une brève période de prospérité. L'afflux soudain d'hommes, de munitions et de matériels transportés par train d'un bout à l'autre de l'île a permis de stabiliser la situation économique désastreuse du chemin de fer. Les exigences accrues à l'égard du chemin de fer n'ont toutefois rien fait pour améliorer son état décrépit. Des problèmes de fonctionnement imprévus sont survenus. Par exemple, étant donné le grand nombre d'employés du chemin de fer et des navires côtiers qui s'étaient engagés volontairement dans les forces armées, les ouvriers qui restaient subissaient une énorme pression, surtout à cause de l'accroissement de la circulation en temps de guerre. Les voitures et les locomotives s'usaient et le délabrement des rails empirait à cause du manque d'entretien. La Grande Guerre a favorisé les affaires, c'est un fait, mais elle a également été à l'origine d'une inflation galopante, de l'énorme augmentation des salaires et de l'inscription de pertes ahurissantes aux bilans. Le chemin de fer a perdu 340 000 $ en 1918 et deux fois ce montant en 1919. En 1918, la plupart du matériel ferroviaire avait besoin d'être remplacé à cause des conditions de guerre extrêmes.

En 1920, les Reid étaient prêts à laisser tomber. Or, à cause des coûts occasionnés par la guerre et la récession mondiale qui a suivi celle-ci, le gouvernement de Terre-Neuve se retrouvait avec une dette nationale si lourde, qu'il devait consacrer 70 p. 100 de ses recettes au paiement des seuls intérêts. C'est donc à reculons qu'il reprit l'exploitation de l'entreprise ferroviaire. Profitable ou pas, le chemin de fer était devenu un service essentiel. Des rails de 75 livres furent commandés au début de 1925, ainsi que du matériel roulant dont on avait grandement besoin. Entre 1925 et 1929, 400 000 traverses en moyenne furent remplacées, la ligne principale fut entièrement enraillée et la cale sèche fut reconstruite en béton. Un gros navire côtier fut commandé et des lignes secondaires furent construites. En 1929, le chemin de fer, qui avait repris son nom original, soit Newfoundland Railway, semblait être sur la voie de la reprise. Cependant, la dépression a porté un coup terrible à la nouvelle société de chemin de fer. Une fois de plus, l'entretien laissait à désirer et les activités furent réduites. En 1933, le quart de la population était sans emploi, et Terre-Neuve a été déclarée en faillite. Dans le cadre d'une mesure sans précédent, le gouvernement responsable fut suspendu indéfiniment et remplacé par une commission de gouvernement composée de six hommes nommés par la Couronne britannique. Le chemin de fer relevait désormais du commissaire aux services publics. Il y avait pénurie d'équipement et de matériel roulant et les revenus étaient si bas qu'il a fallu prendre des rails sur les lignes secondaires de Trepassey, de Bay de Verde et de Heart's Content. Bien que des améliorations aient été apportées à la voie ferrée et que quelques pièces de matériel roulant et d'équipement aient été acquises entre 1934 et 1939, on n'a pas eu assez de temps durant les bonnes années pour que la société ferroviaire puisse réparer les dommages subis pendant les années de vache maigre de la dépression. Il faudra un nouveau conflit mondial pour donner l'essor nécessaire à la relance du chemin de fer.

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Des membres du Newfoundland Regiment à Port aux Basques attendent de prendre la mer pour aller outre-mer, en 1915.
Soldats du Newfoundland Regiment à Port aux Basques (1915), alors qu'ils attendent de traverser outre-mer. Trail of the Caribou.
Le SS Lintrose en mer.
La guerre a exercé une forte pression sur le réseau de transport terre-neuvien. En 1915, de nombreux navires, dont le SS Lintrose, furent vendus aux Russes pour leur effort de guerre, ce qui a ajouté à la pression exercée sur les installations qui restaient. Collection A.R. Penney.
Soldat américain attendant le prochain train à Come By Chance, en 1942.
Un soldat américain attendant le prochain train à Come By Chance, en 1942. Association des retraités du CN.