En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Histoire du chemin de fer et des navires côtiers

Les repas et les divertissements

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La vie sur les navires

C'était tout un honneur pour un commis-voyageur ou un touriste de se faire dire par un steward que le capitaine l'invitait à sa table pour le dîner. La nourriture était abondante et les repas, copieux. En juin 1914, pas moins de 34 000 repas furent servis sur les dix navires de la flotte alphabétique alors en service. La valeur totale au détail de ces repas était de 6 546,36 $. Les boissons alcoolisées et les cigares étaient aussi très prisés.

Les navires côtiers suivaient les mêmes coutumes alimentaires que l'on avait sur terre. Le petit-déjeuner commençait par une grande assiettée de porridge, suivi par un ragoût irlandais un jour et des oeufs et des tranches de jambon le lendemain, et, pour finir, du thé, des rôties, de la marmelade et de la confiture. Il n'y avait habituellement pas de menus écrits. Les stewards informaient les passagers de ce qu'il y avait au menu. Le dimanche midi, on servait un bon repas avec toute la garniture habituelle: dinde au four avec de la sauce, des pommes de terre, des carottes et du navet. Le mercredi et le vendredi, on servait le poisson apprêté de différentes façons étant donné les origines chrétiennes de la plupart des Terre-Neuviens. Le steward achetait le poisson dans les différents ports d'escale sur le trajet. Les repas du midi et du soir se terminaient par un dessert dont l'un des préférés était le riz au lait et aux raisins. Personne ne manquait de nourriture à bord des navires côtiers.

Toutefois, les pêcheurs et leurs familles qui s'embarquaient pour aller pêcher au Labrador pendant l'été ne jouissaient pas du même traitement. Ils apportaient leur boîte à lunch remplie de leur propre boustifaille: du pain, de la confiture, du beurre, de la viande salée bouillie et des pommes de terre. Les hommes s'occupaient de faire la cuisine dans la coquerie une fois que le cuisinier du navire en avait fini pour la journée. Les femmes et les enfants mangeaient à même les casseroles en métal émaillé, assis sur leurs propres couchettes, alors que les hommes mangeaient ordinairement dans la cale où ils dormaient étendus sur les marchandises. Pour faire descendre les repas, on buvait du thé infusé dans une bouilloire en étain. C'était tout un régal lorsqu'un steward s'amenait avec une potée de soupe aux pois. Il n'y avait pas de couverts en argent étincelant ni de nappes de table blanche bien repassées pour ces passagers. Dans les années 1930, les pêcheurs et leurs familles déboursaient deux et cinq dollars par personne pour un aller simple vers le nord sur le SS Kyle, le SS Home ou le SS Meigle.

Salon-restaurant à bord du MV Northern Ranger.
La salle à manger pleine d'animation du MV Northern Ranger. Archives provinciales, The Rooms.
Cuisinier et chef steward s'affairant dans la coquerie d'un navire.
La coquerie du SS Kyle, en 1948. Le cuisinier est en consultation avec le chef steward Mike Fowler au sujet du menu du jour. Le cuisinier Horwood tourne le dos au photographe. Photo de l'Atlantic Guardian.
Des passagers inuits exécutent une danse à bord du SS Home au large des côtes du Labrador.
Des Inuits exécutent une danse simulant le dépouillement d'un phoque sur l'arrière-pont du SS Home . Un des membres de l'équipage les accompagne à la mandoline, vers 1900. Harry Cuff Publication.
Passagers en compagnie du « roi Neptune », 1948
Le roi Neptune monte à bord. Une ancienne tradition navale, qui se pratiquait lorsque les marins passaient pour la première fois la ligne de l'équateur, a été adaptée aux passagers qui eux traversaient pour la première fois le détroit de Belle Isle. Ici, on fait semblant de raser ces passagers à bord du Northern Ranger , en 1948. Photo de l'Atlantic Guardian.