En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Les employés du chemin de fer

Faire en sorte que ça marche

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L'exploitation du chemin de fer - les ressources humaines

Le Newfoundland Railway, qui avait besoin de beaucoup d'ouvriers pour assurer la bonne marche de ses opérations, était l'un des plus gros employeurs de Terre-Neuve à l'époque.

L'un des atouts que Reid a apportés au projet du Newfoundland Railway a été un personnel d'expérience qui lui était dévoué. De nombreux membres de son personnel avaient déjà travaillé avec lui sur des chantiers au Canada et beaucoup étaient avec lui depuis encore plus longtemps, ayant suivi le baron du chemin de fer depuis l'Écosse.

Reid a emmené avec lui pour l'aider à construire le chemin de fer un meneur d'attelage de chevaux de race noire du sud des États-Unis, Jim Bird. Celui-ci était connu comme l'un des meilleurs conducteurs d'attelage que Terre-Neuve ait jamais vus. Bird n'a plus quitté Terre-Neuve du reste de sa vie et a exploité une petite boutique près du quai de la gare de Whitbourne jusque dans les années 1930.

Reid était toujours disposé à donner un coup de pouce aux jeunes Terre-Neuviens de talent qui travaillaient sur le chemin de fer. Par exemple un jeune homme de Carbonear, John P. Powell, qui travaillait comme porte-mire dans l'une des premières équipes d'arpentage, a fini par être remarqué par W.D. Reid, l'aîné des fils Reid, qui le tenait en haute estime pour ses capacités. Reid a pris des dispositions pour le faire admettre en génie à l'Université McGill durant les mois d'hiver. Powell a travaillé durant les 40 années suivantes pour les Reid.

La vie sur le chemin de fer - les conditions de travail des premiers ouvriers

La vie des ouvriers qui ont construit le chemin de fer de Terre-Neuve était assez primitive et leur travail était très harassant physiquement. Une fois la route tracée, les ouvriers devaient dégager une large trouée dans la forêt en abattant des arbres enchevêtrés ou en forant ou faisant sauter de larges pans de rocs solides afin d'aplanir un passage sur lequel les rails pourraient être posés. Des traverses en bois étaient positionnées au niveau du sol à exactement deux pieds d'intervalle. Des rails en acier étaient ensuite soigneusement alignés sur ces traverses. Des éclisses étaient posées sur les traverses puis solidement fixées en place avec des masses. Un boulonneur suivait à l'arrière pour river des boulons supplémentaires. De cette manière, la voie ferrée avançait d'un mille par jour. Des pierres concassées prises dans les sites d'explosion étaient tassées fermement entre les traverses pour ballaster la voie ferrée et empêcher que les rails se déplacent sous le poids des trains en mouvement.

Entre 1892 et 1897, quelque 1 500 hommes ont été embauchés dans les équipes de construction et d'entretien du chemin de fer. Après avoir travaillé une semaine de 60 heures échelonnées sur 6 jours de travail harassant, l'ouvrier pouvait s'attendre à toucher une paye de 6 $. Ce montant devait servir à le nourrir et à nourrir sa famille. S'il était malade ou que le mauvais temps l'empêchait de travailler, son salaire était réduit en conséquence. Lorsqu'on embauchait un homme, on lui fournissait une pioche et une pelle qu'on lui vendait 1,80 $. Ensuite, on lui donnait un rouleau de papier ou de feutre goudronné et une poignée de clous pour qu'il se construise un abri de fortune. Les ouvriers pouvaient se procurer auprès de l'entrepreneur au siège du chantier, à un coût raisonnable, des ustensiles pour faire la cuisine et de la nourriture.

Lorsque des camps permanents ont été établis, le personnel de la compagnie payait 2,50 $ par semaine pour leur pension; les ouvriers itinérants payaient 15 pour un repas. En hiver, la plupart des hommes étaient mis à pied, mais quelques équipes restaient pour couper le bois des traverses, des piles et des poteaux de télégraphie. Malgré les conditions de travail difficiles, on ne manquait pas de recrues. Les temps étaient durs et la plupart des hommes étaient contents d'avoir un emploi payant.

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Portrait de Robert G. Reid posé
Sir Robert Gillespie Reid 1842-1908. Archives provinciales, The Rooms.
J. Hayman Bird, qui a travaillé à la construction du chemin de fer, sa femme et son fils.
Jim Hayman Bird (1851-1930) de Louisville, au Kentucky, et sa famille. Collection John Gosse.
Portrait de chefs cantonniers et du personnel du secteur mécanique, 1904.
Chefs cantonniers et personnel du secteur mécanique, 1904. John P. Powell (debout, deuxième à partir de la droite), de Carbonear. Collection des retraités du CN.
Un groupe d'ouvriers travaillant à la construction du chemin de fer près de Southern Harbour, 1892.
Des ouvriers de la compagnie Reid, en 1892, au siège du chantier de construction 3, près de Southern Harbour. Collection Fabian Kennedy.
Locomotive à vapeur à la butte Gaff Topsail, vers 1898.
La locomotive Baldwin de type 2-6-0 tracte quatre voitures de passagers au sommet de la butte Gaff Topsail, vers 1898. Les travaux sur la voie ferrée n'étaient pas encore terminés à ce moment-là comme en témoignent les tentes des ouvriers de la construction dressées sur le côté de la voie. Collection A.R. Penney.