En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Les employés du chemin de fer

Une journée dans la vie d'un régulateur de trains

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Les débuts

La régulation des trains règle le mouvement de tous les trains qui circulent sur la voie ferrée en tout temps. C'est comme faire une partie de dames sur un grand damier. Sur le pupitre de commande du régulateur, on trouve la feuille des circulations sur laquelle sont consignés les mouvements des trains ainsi que les renseignements sur l'emplacement des locomotives, les marchandises transportées, les wagons et toute autre information connexe. Ainsi, on sait en y jetant un simple coup d'oeil où se trouve chaque train, et le régulateur peut man'uvrer les trains en émettant des ordres de marche qui assurent la fluidité de la circulation ferroviaire, l'usage efficace du matériel roulant et la protection des trains en circulation contre les collisions. Le régulateur maintenait la feuille des circulations à jour en restant en communication constante avec les agents de gare grâce au télégraphe et en envoyant les ordres de marche par télégramme. (W.J. Chafe, I've been Working on the Railroad(1987).

Le premier réseau de télégraphie à Terre-Neuve a vu le jour dans le cadre du projet de pose d'un câble télégraphique de part en part de l'Atlantique. Opérationnelles en mars 1852, les premières lignes de télégraphie allaient de St. John's à Trepassey et de St. John's à Carbonear.

Lorsque le chemin de fer a été construit, le gouvernement terre-neuvien avait besoin d'un service de télégraphie. En 1893, il a donc passé un contrat avec Reid pour faire ériger une ligne télégraphique le long du chemin de fer. Reid a acheté le service par le contrat de 1898. Le gouvernement l'a racheté en 1901 pour le montant de un million et demi de dollars, qui avait été déterminé par arbitrage. Le gouvernement a construit une nouvelle ligne télégraphique le long du chemin de fer et les agents de gare de Reid fournissaient le service. Le poste de régulation des trains était le centre névralgique du chemin de fer, réglant le déplacement de tous les trains à tout moment. Pendant un certain nombre d'années, la ligne était séparée en deux, la division de l'ouest était régulée depuis Bishop's Falls, celle de la division de l'est, à partir de St. John's.

La majeure partie du chemin de fer de Terre-Neuve passait dans des régions éloignées et inhabitées. Le déplacement des trains était réglementé en grande partie par des ordres de marche télégraphiés depuis un bureau central aux quelques stations disséminées le long de la ligne où des installations étaient prévues pour les trains qui se croisaient. Le conducteur-mécanicien d'un train de marchandises ou de voyageurs se déplaçant en direction de l'ouest recevait un ordre de marche lui intimant de se rendre à une station donnée, où il croiserait un autre train se dirigeant vers l'est. Sur sa route, il pouvait passer devant plusieurs stations, toutes équipées des sémaphores habituels conçus pour ce type de ligne. Si le bras du sémaphore pointait vers le bas, cela voulait dire qu'il n'y avait pas d'ordre nouveau ou contraire et que le train pouvait poursuivre sa route sans s'arrêter. Si le bras pointait tout droit, le train devait s'arrêter pour prendre connaissance de nouvelles directives.

La vie d'un régulateur des trains

Graham Hill se remémore les six mois qu'il a passés en formation pour devenir un opérateur agréé du chemin de fer. Pendant cette période, il a appris à faire fonctionner le manipulateur et à tenir la comptabilité. En tant qu'opérateur affecté à de petites gares ferroviaires, il était souvent le seul employé responsable des messageries, des billets et des bagages. Il a débuté comme télégraphiste au CN, en 1957. Lorsqu'il est entré en fonction, il travaillait comme employé de réserve qui allait partout où on avait besoin d'un opérateur supplémentaire. Celui lui a permis de travailler dans presque toutes les gares de la ligne principale et plusieurs stations des lignes secondaires. Dans les petites gares comme celles de Gambo et de Glenwood, il devait tout faire, allant de vendre les billets, de recevoir et d'expédier les marchandises, d'enregistrer les bagages, de rédiger les ordres de marche et d'effectuer d'autres fonctions plus humbles comme le lavage du plancher et les tâches générales de bureau. [6 Disp] À la fin des années 1950, bon nombre des plus petites gares n'avaient pas l'électricité. Hill devait donc s'assurer que les lampes au gaz étaient propres et fonctionnaient bien. Seules les grandes gares comme celles de St. John's, Clarenville, Grand Falls, Bishop's Falls, Corner Brook et Port aux Basques, qui disposaient de plusieurs employés, prévoyaient une division du travail selon les spécialités.

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Le régulateur des trains W.J. Chafe à son pupître à Bishop's Falls, 1914.
Bishop's Falls, 1914. À l'instar de nombreux jeunes Terre-Neuviens, W.J. Chafe a suivi des cours privés en télégraphie dans l'espoir de travailler pour la société ferroviaire. Il a été régulateur des trains en chef pendant de nombreuses années avant de prendre sa retraite du chemin de fer, en 1962. Soeur Loretta Chafe.
Un régulateur des trains et sa famille posent à l'extérieur du bureau de télégraphie d'un port isolé.
Bureau de télégraphie dans un port isolé. Selon le contrat d'exploitation de 1893 accordé à Reid, une ligne télégraphique devait être construite le long de la voie ferrée. Des lignes locales sur les côtes nord et ouest étaient reliées au réseau de télégraphie du chemin de fer. Harry Cuff Publications.
Le régulateur à la retraite Graham Hill dans le bureau de St. John's, en 1968.
Graham Hill dans son nouveau bureau de St. John's, après la fermeture du bureau de Bishop's Falls, en 1968. Collection Graham Hill.
Ordre de marche.
Tous les trains devaient être inscrits sur un ordre de marche. Collection des retraités du CN.
Poste de télégraphie exposé au Railway Coastal Museum, 2009.
Poste de télégraphie exposé au Railway Coastal Museum ainsi qu'un sémaphore. Ute Simon.