En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Les employés du chemin de fer

Une journée dans la vie d'un steward

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Toujours prévoir l'imprévu

Un autre facteur qui pouvait modifier les horaires et les listes des tâches minutieusement établis était l'imprévisibilité de la météo. En effet, le temps qu'il faisait pouvait chambouler le programme du steward en bloquant le navire dans un port d'escale plus longtemps que prévu. Dans de tels cas, il était difficile de maintenir les normes de diligence et de service aux passagers. Les intempéries rendaient des ports encore plus difficiles d'accès qu'ils l'étaient déjà. Certains ports étaient connus comme des ports où on ne faisait que mouiller l'ancre. Ces petites localités ne disposaient pas de quai où le navire côtier aurait pu s'amarrer, il fallait alors jeter l'ancre au large et un doris sortait pour venir embarquer des passagers depuis la passerelle du bateau ou pour y en débarquer. Larry dit se souvenir qu'il fallait faire très attention : « Ces doris chaviraient facilement s'ils restaient pris sur le bout de la passerelle ou lorsque la mer était agitée. » Il y a eu plus d'un moment de grande émotion. Larry se souvient des histoires d'actes de bravoure accomplis par l'équipage. Lors d'un tel incident, une fillette tomba de la passerelle, entre le bateau et le quai. Un membre de l'équipage, Gerry Dunne, qui revenait d'un congé à terre, sans hésiter a sauté à l'eau pour la repêcher. L'histoire s'est bien terminée car la petite fille a pu être réanimée.

Prêt à servir

Les stewards à bord des navires côtiers ne s'ennuyaient jamais. C'était l'occasion de voyager à différents endroits d'un bout à l'autre de Terre-Neuve et du Labrador et de faire de nombreuses rencontres. À partir de 1959, le travail nécessitait de demeurer à bord pour des périodes de deux semaines et des postes de travail de 12 heures par jour, qui étaient suivies d'un congé à terre de deux semaines. Cependant, la rotation des équipes n'a pas toujours fonctionné de cette façon; l'équipage travaillait pendant trois mois consécutifs puis avait deux semaines de congé.

Le chef steward devait s'occuper du département des vivres et superviser le personnel composé de 3 à 13 employés, selon la taille du navire. Le SS Baccalieu, par exemple, comptait un chef steward, un second steward, un maître-cuisinier, un deuxième cuisinier, un garçon de cambuse chargé des tâches générales, et jusqu'à huit stewards adjoints.

Durant leur service, les membres du personnel du département des vivres devaient porter leur uniforme respectif et celui-ci devait toujours être impeccable. Selon le code vestimentaire, le steward adjoint devait porter des souliers et des chaussettes noirs, un pantalon en serge bleu, une veste blanche avec les lettres CN brodées en rouge sur le revers, alors que le chef steward portait un uniforme de serge bleu avec des boutons en cuivre et deux bandes en zigzag dorées sur les manches du veston d'uniforme.

Chaque poste avait sa propre description des tâches. Entre autres responsabilités principales, le chef steward devait voir à ce que les membres du personnel fassent bien leur travail et que le plein contingent d'employés puisse assurer la sécurité et le confort de tous les passagers. Les changements de personnel s'effectuaient dans les ports de St. John's, de Lewisporte, d'Argentia et de Port aux Basques.

Exposition sur les femmes stewards montée au musée, 2008.
Des femmes ont été embauchées pour la première fois pour les postes de steward à la fin des années 1920 et au début des années 1930 lorsqu'il y a eu une augmentation considérable du nombre de passagers et de touristes. Railway Coastal Museum.
Passagers et personnel dans la salle à manger du SS Bar Haven, côte sud, vers 1949.
Salle à manger du SS Bar Haven, sur la côte sud, vers 1949. Archives provinciales, The Rooms.
Des stewards de la salle à manger posent pour la photo, 1959.
Les stewards de la salle à manger du SS Springdale prêts pour l'arrivée des premiers clients, 1959. Archives provinciales, The Rooms.
Le cuisinier et le chef steward  à l'intérieur de la coquerie d'un navire.
Le coqueron du SS Kyle, 1948. Le cuisinier Hickey consulte le chef steward Mike Fowler au sujet du menu du jour. Le cuisinier Horwood tourne le dos au photographe. Photo de l'Atlantic Guardian.