En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Histoire du chemin de fer et des navires côtiers

Le chemin de fer terre-neuvien

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Pendant les années de guerre, la division de St. John's est la plus importante, du fait qu'elle s'occupe de la régulation du mouvement des trains sur les lignes secondaires de Bonavista, de Lewisporte, d'Argentia et de Carbonear et des déplacements de la plupart des vapeurs côtiers. De plus, il y a les bases militaires d'Argentia, de St. John's et de Gander. Lewisporte s'occupe aussi des gros navires dont les cargos doivent être transportés à Gander avec des chargements de charbon destinés à Bishop's Falls pour le chemin de fer de Terre-Neuve. Lorsque les ports de Botwood et de Corner Brook sont fermés à la navigation durant les mois d'hiver à cause de l'amoncellement des glaces, le papier journal est transporté par train de Grand Falls à St. John's, d'où il est expédié sur les marchés mondiaux, pour l'Anglo Newfoundland Development Company Limited (A.N.D.) et la Bowater Company Limited.

Le chemin de fer périclite

Malheureusement, l'exploitation du chemin de fer s'avère un défi encore plus difficile que sa construction. Dans une tentative désespérée de demeurer solvable, la Reid Newfoundland Company réduit radicalement ses dépenses d'exploitation. La fréquence des express transinsulaires est diminuée, les opérations hivernales sur les lignes secondaires sont réduites et l'entretien est porté à une fraction minimale du niveau recommandé. Le chemin de fer de Terre-Neuve amorce son déclin constant - qui se poursuivra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Les nombreux tournants du trajet ferroviaire partout dans l'île restreignent grandement le nombre de voitures de passagers et de wagons à marchandises que les locomotives à vapeur peuvent tirer sur les pentes raides des voies étroites. La neige abondante cause des ravages à l'horaire, surtout dans le morne Gaff Topsail où la poudrerie excessive entraîne régulièrement la fermeture de la ligne des jours, parfois des semaines, durant. Au printemps, des tronçons de ligne et même des ponts-chevalets sont emportés par de grands torrents. La Reid Newfoundland Company perd six millions de dollars lorsqu'elle exploite le chemin de fer à Terre-Neuve entre 1901 et 1921. Ce qui pose problème, c'est la tâche impossible de faire des profits dans les conditions existantes à Terre-Neuve, à savoir des rails qui s'étendent tout simplement sur un trop grand nombre de milles alors que la circulation n'est pas suffisante pour en financer l'entretien. La population est trop peu nombreuse et trop éparpillée et l'économie n'est pas assez développée pour assurer la survie d'un chemin de fer de cette importance. Les petites locomotives empruntant les voies étroites qui s'étalent sur des pentes abruptes ne peuvent pas remorquer suffisamment de wagons pour être rentables; et les tarifs d'expédition de marchandises sont peu élevés par rapport aux coûts sans cesse croissants de la main-d'oeuvre et du matériel. L'exploitation des lignes secondaires alourdit également le fardeau financier.
Brochure historique publiée durant la Deuxième Guerre mondiale.
Cette brochure de 32 pages porte sur l'histoire du chemin de fer de Terre-Neuve pendant la guerre. Railway Coastal Museum.
Vue d'une tranchée dans la neige.
La neige posait un grave problème. Il fallait du matériel spécial pour déneiger la voie et assurer ainsi le service ferroviaire. Collection A.R. Penney.
Cheminots et passagers dans l'ouest de Terre-Neuve, vers 1900.
Nouvelle voie ferrée dans l'ouest de Terre-Neuve, vers 1900. Collection John Gosse.