En voiture! Pour explorer le chemin de fer de Terre-Neuve

Histoire du chemin de fer et des navires côtiers

Le chemin de fer terre-neuvien

Page précédente Page 5 Page suivante

Achèvement du chemin de fer

À l'automne 1897, on achève le chemin de fer allant de Norris Arm à Grand Bay, soit une distance de moins de deux milles depuis Port aux Basques. C'est le Newfoundland Northern and Western Railway (chemin de fer du nord et de l'ouest de Terre-Neuve).

Au début de juin 1898, on pose les derniers tronçons de rail de la liaison menant à Port aux Basques. Le premier train express entre en gare à Port aux Basques à 22 h 45, le 20 juin 1898, un périple de 27 heures et 45 minutes depuis St. John's. Le navire à vapeur Bruce attend pour la traversée à North Sydney, en Nouvelle-Écosse, assurant le transport des voyageurs, de la poste et des marchandises. Le chemin de fer de Terre-Neuve est achevé!

Bien que le chemin de fer soit en principe une compagnie privée, sa construction est financée en grande partie par des fonds empruntés au moyen d'émissions d'obligations, ainsi que par des subventions et des garanties accordées par le gouvernement. Pourtant, cela n'empêchera pas la compagnie de faire faillite et de voir ses biens repris par le gouvernement terre-neuvien après l'achèvement du chemin de fer menant à Harbour Grace.

Le chemin de fer de Terre-Neuve est en grande partie construit à la force des bras dans des terrains les plus accidentés que l'on peut imaginer. La main-d'oeuvre, à un dollar par jour, est bon marché et abondante. La construction du chemin de fer se fait donc à bras d'homme et, par la force des choses, selon le devis le moins coûteux. L'écartement des rails n'est que de quarante-deux pouces. Cela est fait tout en n'ignorant pas que l'écartement normal presque partout en Amérique du Nord est de cinquante-quatre pouces et demi. La voie ferrée à Terre-Neuve est donc de quatorze pouces et demi plus étroite que les voies ferrées au Canada et aux États-Unis. Cela demeure le cas pour toute la durée de la ligne.

Étant plutôt fait à la va-vite que construit avec soin, le chemin de fer de Terre-Neuve a plus de virages que toute autre voie ferrée en Amérique du Nord. Les virages comptent pour 600 des 700 milles de voie. À certains endroits, les trains négocient trois virages simultanément! Ailleurs en Amérique du Nord, les ingénieurs des chemins de fer hésitent à construire des virages à dix degrés alors que les virages à six degrés sont considérés comme la courbure maximale et optimale. Or à Terre-Neuve, les virages de quatorze degrés sont courants. De plus, les constructeurs n'ont pas les moyens d'ériger des structures coûteuses comme des tunnels et des signaux. Il y a un pont aux quatre milles en moyenne. On ne trouve pas un seul tunnel sur toute la ligne ferroviaire malgré le grand nombre de collines escarpées. Dans les cas où il est impossible de contourner les obstacles, la solution de rechange courante est tout simplement de passer par-dessus. Bien que la plus haute élévation à Terre-Neuve soit inférieure à 1 000 mètres, l'inclinaison y est plus raide que pour la plupart des pentes trouvées dans les Rocheuses. Comme on peut s'y attendre, les virages les plus serrés ont la tendance malencontreuse d'apparaître dans les pentes les plus abruptes. Une loi adoptée par la colonie de Terre-Neuve en 1878 n'exagère en rien lorsqu'elle énonce que le chemin de fer qu'on prévoit construire ne sera pas ce qu'on considère comme un chemin de fer de première classe en Angleterre ou aux États-Unis.

Animation sur le chemin de fer de Terre-Neuve
Cliquer sur l’image pour voir une animation Flash
Emblème du Newfoundland Railway connue comme la « plaquette inclinée ».
Conscient qu'il n'y avait aucun avantage à tirer du nom Newfoundland Government Railway, le surintendant Herbert Russell a demandé que le nom soit changé à Newfoundland Railway. Pour remplacer les initiales N.G.R., il adopta un symbole du même genre que celui d'autres réseaux de chemin de fer en Amérique du Nord et qu'on appelle la  « plaquette inclinée ». Emblème du chemin de fer de Terre-Neuve. Collection H.J. Russell.
Le poème  «  Au rhymne du chemin de fer  ».
Cliquez sur l'image ci-dessus pour voir le poème  « Au rythme du chemin de fer » de HG Ogden.