Bâtir Montréal

© Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal 2006. Tous droits réservés.

Introduction

Nous avons choisi de caractériser cette période par l'édification des fortifications et le rôle militaire qui est dévolu à Montréal principalement dans la cadre de l'Empire français d'Amérique et, secondairement, dans celui de la colonie britannique qu'est devenue la Nouvelle-France après la reddition de Montréal, en 1760.

Montréal, avant Québec, devient la première ville de Nouvelle-France à être fortifiée de remparts de pierre. À la différence des fortifications de bois qu'ils remplacent, les remparts de pierres vont créer deux entités urbaines très distinctes : une ville intra-muros - l'enceinte fortifiée - et une ville extra-muros - les faubourgs. Ces derniers ne commencent véritablement à exister qu'avec l'enceinte de pierres et les modifications que lui imposent les nombreux incendies qui caractérisent cette période. Paradoxalement, les fortifications de pierres ne seront jamais attaquées, et Montréal sera épargné de toute destruction liée à la guerre avec les Britanniques. Mais il va se passer un phénomène équivalent. La ville fortifiée subira en son sein de multiples incendies majeurs. Ces incendies seront l'occasion de reconstruire autrement et avec d'autres ambitions la plupart des habitations, ce qui modifiera remarquablement le bâti urbain tout au long de la période.

Quand Montréal se rend aux Britanniques, en septembre 1760, un an après Québec, c'est la fin de la Nouvelle-France. Mais ce n'est pas la fin du commerce des fourrures. Les marchands anglais le reprennent en main et le poursuivent avec d'autant plus de succès que plusieurs s'associent à «l'infrastructure canadienne française» déjà en place : les voyageurs montréalais et leurs amis amérindiens. Depuis le début du siècle, le commerce des fourrures est désormais fondé sur le réseau des postes et des forts disséminés dans les Pays d'en Haut et bien au-delà, jusqu'au pied des Rocheuses et jusqu'au Golfe du Mexique. Maintenant aux mains des marchands britanniques établis à Montréal, c'est de Montréal qu'on continuera de tirer les ficelles de ce commerce, toujours le plus lucratif de la colonie.

Les trois mises en situation retenues pour aborder cette période sont articulées autour des réalités et des enjeux liés à la «ville de pierres», ou, si l'on veut, à la ville fortifiée.
  • Pivot militaire de la Nouvelle-France
  • Ville française au quotidien
  • Commerce des fourrures à grande échelle

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