Photographie d’un interné portant l’uniforme du camp, prise par l’interné Marcell Seidler, au Camp N (Sherbrooke, Quebéc).

Offert par Eric Koch/Bibliothèque et Archives Canada/PA-143492

Introduction

Alors que l’Allemagne nazie entraîne le monde dans une guerre, les politiques discriminatoires d’immigration canadienne empêchent d’entrer ceux, notamment les Juifs, qui veulent trouver refuge au pays. En 1940, dans un esprit de collaboration à l’effort de guerre, le Canada se plie à la requête de la Grande-Bretagne et accepte les « ennemis étrangers » et les prisonniers de guerre, sans pour autant s’attendre à accueillir environ 2 300 réfugiés du nazisme, des Juifs pour la plupart.

Ces hommes, âgés entre 16 et 20 ans et qui étaient parvenus à se réfugier en Angleterre, sont ensuite arrêtés comme suspects, sous prétexte que se trouvaient parmi eux, des espions. Après une courte période d’internement dans ce pays, ils sont déportés au Canada et emprisonnés au Nouveau-Brunswick, en Ontario et au Québec en compagnie de réfugiés politiques et même, dans certains camps, de nazis reconnus.

Même si les Britanniques avouèrent très tôt leur erreur, le Canada, encombré de ces réfugiés non désirés, sombra dans une politique d’inertie face à leur bien-être, à leur statut et à leur libération. Les mesures antisémites d’immigration et aussi le sentiment généralisé qui prévalait, empêchèrent le Canada d’ouvrir ses portes aux Juifs, même par voie détournée soit celle de l’internement.

Dotés d’une résilience remarquable, les réfugiés affrontèrent l’injustice de leur internement et s’efforcèrent de tirer profit le plus possible du temps passé derrière les barbelés, alors que les communautés juives et autres défenseurs des réfugiés mettaient tout en œuvre pour accélérer la libération de ces « gars de camps. »

Grâce à des témoignages vécus et à des artefacts, cette exposition nous révèle un chapitre méconnu de l’histoire canadienne. Le parcours de ces internés – de l’Allemagne nazie et de l’Autriche jusqu’à leur refuge en Angleterre, de leur emprisonnement au Royaume-Uni et au Canada jusqu’à leur éventuelle libération – se veut être, durant l’Holocauste, un récit doux-amer de survie.

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