Frappée par la richesse instrumentale traditionnelle malgache, j’ai été fascinée par une des expositions auprès d’un musée d’Antananarivo, notre capitale. Je n’ai pas pu résister à me pencher sur ces instruments de musique qui revêtent pour moi une grande importance tant bien culturelle qu’historique.

Depuis mon enfance, j’ai fréquemment assisté à des manifestations musicales. Poussée par cette passion, mon attention va vers la catégorie des cordophones, à savoir le kabosa. Au cours d’un spectacle organisé par des artistes célèbres dans un endroit culturel, j’ai eu l’occasion d’entendre jouer de cet instrument : sa sonorité remarquable m’a beaucoup étonnée. En outre, ma vue a énormément contribué à son appréciation.

Historiquement, le kabosa est déjà connu avant l’ère chrétienne. À l’origine, il fait son apparition en Assyrie ou Égypte. Par la suite, il se retentit en Asie, grâce aux apports civilisateurs des migrants islamiques. Son nom QÜBÜZ ou étymologiquement luth court est d’origine turque. À Madagascar, il provient de la région du Nord-Ouest et porte le nom de kabosa. Cet instrument est utilisé dans plusieurs circonstances : les réjouissances familiales, les sérénades des jeunes et le passe-temps des travailleurs. Du point de vue culturel, il est devenu courant lors des activités sportives dans la région du Sud-Ouest de l’île, voire cérémonie rituelle. Classé parmi les instruments folkloriques, le kabosa conserve son authenticité grâce à son timbre.

Du point de vue technique, ce genre d’instrument musical à cordes avec médiator ressemble un peu à la lokanga bara dans sa fabrication. Il se compose d’un bois d’un seul tenant, creusé en son milieu pour obtenir la caisse de résonance, ayant la forme d’un fond plat ou d’une demie-sphère, percée pour qu’il y ait une ouverture permettant le passage des vibrations sonores et leur amplification. Soutenu par un chevalet, les cordes varient en nombre (2 à 6 cordes). Cet instrument comprend aussi un chevillier et un cordier à l’extrémité inférieure. De courte taille, il mesure en moyenne 66 cm. Le son léger s’obtient en pinçant les cordes supérieures avec un médiator en corne de zébu, tandis que pour le son aigu on gratte la partie de la corde vibrante. En jouant sur les 2/3 de la corde, il donne un son plus aigu encore. La hauteur des sons dépend de la grosseur et de la tension de la corde. Cet instrument est parfois accompagné de chant. Il est difficile d’affirmer le propriétaire de cet objet. Malgré l’absence des écoles de musique traditionnelle et l’ignorance du solfège, les joueurs de kabosa se fient tout simplement à leur don naturel et à leur inspiration pour réaliser ou composer des chansons. Peu importe, il restera toujours dans la série instrumentale de notre patrimoine. Instrument autrefois un peu délaissé, il devient actuellement de plus en plus familier, apprécié par un grand nombre d’auditeurs et adoré par la nouvelle génération. Devenu courant dans le music-hall, il retentit partout dans le monde. Bien qu’il soit un objet de collection resté longtemps inusité au musée, il est joué même dans la rue et réintégré dans les centres musicaux grâce à la découverte des talentueux au cours d’une tournée.


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