Par sa forme identique dans tous les pays comme par sa constitution, son bois toujours le même, le violon est surtout fidèle à ses cordes et son jeu avec un archet - une exception peut-être : le type ultra-moderne, en bois et en fer, le violon électronique qui s’est imposé jusque dans la musique arabe et la musique classique. Les élèves des Conservatoires sont nombreux à s’intéresser au violon pour sa riche diversité et sa rigueur ; les joueurs de piano, de guitare ou de percussion : terr et derbouka notamment - ne peuvent le jouer étant donné sa difficulté, ce qui exige de commencer très jeune l’apprentissage; à noter aussi qu’il exige également avec une énergie considérable liée au port de l’instrument sur l’épaule et le travail de la main levée au moment de l’exécution d’une partition, une forte concentration et une sensibilité d’écoute considérable à la sonorité de l’instrument.

Le plus ancien violon du monde est, avec son archet, celui découvert en Inde remontant à quelque 5000 ans avant J.-C.. Avec deux ou trois cordes, le Ravaston est un modèle connu. Au premier siècle après J.-C., les arabes ont inventé le rebab avec ses quatre cordes, lequel a évolué au Machreq, transitant dans la péninsule indienne jusqu’en Europe ou il est baptisé viola. L’actuel violon est tout à fait différent des violes classiques ou viole de gambe; les premiers représentants de la famille du violon sont nés au début du XVIe siècle sous la dénomination de « viole de braccio ». Au XVIIe siècle, il connut une nouvelle évolution avec l’arrivée d’un instrument d’un type plus réduit (avec 4 cordes) appelé violina en italien, violon en français et violin en anglais.

Le violon se tient avec la main gauche, posé sur l’épaule, la main droite est utilisée pour tenir l’archet et ce, contrairement à la façon traditionnelle populaire au Maroc où l’instrument est tenu sur la cuisse en position verticale.

Le violon comprend quatre cordes accordées par quintes / chevalet plus haut et plus arqué supportant une plus forte tension des cordes / touches lisses sous les cases / caisse très échancrée sur les côtes en forme de C avec des angles accentués, le fond et la table sont légèrement bombés.

La qualité de l’instrument reflète la qualité du bois précieux composant la caisse de résonance, la perfection du travail et le respect des rapports précis des formes et de la matière. Le Tirol et le Nord de l’Italie se sont illustrés dès le départ dans la fabrication du violon. Les Amati ayant été la famille la plus célèbre parmi celles qui sont illustrées dans ce métier aux XVIe et XVIIe siècles. Les Cremona puis les Stradivari font accéder au XVIIIe siècle la fabrication du violon à un niveau encore inégalé ; elles demeurent jusqu’à l’heure actuelle des références en matière de qualité et de perfection. Le violon continue d’occuper une place privilégiée dans l’art musical ; son pouvoir sur la sensibilité fait de lui le roi de tous les instruments de musique dans la traduction des sentiments et de la conscience. Le poète allemand Haïni n’a pu mieux dire à ce sujet : « c’est l’instrument des tempéraments humains par excellence, exprime la conscience du violoniste révèle les secrets de ses sentiments, arrivant à traduire de manière aussi claire que parfaite ses moindres penchants et ses émotions les plus subtiles. Mis sur la poitrine du musicien au moment de l’interprétation, l’instrument arrive à transporter sur ses cordes les battements de son coeur ».

L’utilisation du violon, en soliste et en orchestre est aujourd’hui si courante qu’on a peine à croire au mépris dont le violon fut l’objet durant trois quarts de siècle. Au XVIe siècle, on le trouvait bruyant, aigre et tout juste bon à faire danser les clients de tavernes. Les premiers exemples de musique écrite sans équivoque pour les violons sont de provenance italienne : concerti à 6-16 voci (voix) de Gabriel Gabrieli (1587) et Orfeo de Monteverdi (1607).

Le violon joue un rôle important dans les orchestres de musique classique (symphonique) dans diverses compositions musicales : le concerto avec orchestre, la sonate, l’ouverture, les suites, les danses classiques, la musique de chambre. Au Maroc, il est présent dans la musique al Ala appelée, « musique andalouse » et dans le malhoun « poésie populaire »; en tant que patrimoine musical de la culture marocaine, la musique andalouse et le malhoun sont enseignés avec leurs diverses gammes, modes, noubas et mesures, selon des principes rigoureux bien définis. On sait par ailleurs que le violon est très présent dans la musique populaire traditionnelle, les danses folkloriques arabes et berbères, comme dans la musique de variétés et la musique marocaine moderne.


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