Le piano, mon instrument préféré, appartient à la famille des instruments à cordes . J’ai choisi cet instrument, parce que je le connais un peu. Mon père était un mosamea1 (ténor), je l’entendais chanter à la maison. Mon oncle était le chef d’un groupe de musique folklorique et je l’écoutais au cours de ses répétitions avec les membres de son orchestre. Je vais encore avec un autre oncle à la zaouïa2 . J’ai donc été élevé, comme le veut la tradition musicale, dans un milieu familial qui aime le chant et la musique. J’ai commencé à chanter avec mes frères et soeurs quand j’avais moins de dix ans. Ce goût venait d’une curiosité intellectuelle. À 13 ans, avec l’aide de mon oncle, je me suis inscrit au Conservatoire de Musique, comme chanteur dans l’amdah, groupe de « la récitation des panégyriques ». J’y suis resté trois ans, au cours desquels j’étais un interprète « unchid » apprécié. Je chantais le mawâl3 et les baïtaïn4 tirées de la poésie andalouse. Comme les mawâwîl sont liées à la musique orientale, je les aimais beaucoup. C’est ainsi que j’ai commencée à jouer du piano et de la musique arabe classique, andalouse et folklorique. Mes connaissances pratiques dans ce domaine étaient plus grandes que celles de la théorie.

J’ignore totalement, l’évolution ainsi que la forme initiale du piano. Mes connaissances de cet instrument sont purement artistiques. Par contre, mon intérêt pour le dessin , que j’ai appris à l’école primaire et au collège, m’a permis de dessiner le piano.

J’étais libre de chanter dans mon milieu familial. Un bienfaiteur m’a fait cadeau d’un piano pour m’encourager à me perfectionner. Je consacrais une heure par jour au piano pour me changer les idées après l’école lorsque je rentrais à la maison le soir. En combinant mon passe-temps et mes études, j’ai pu trouver un certain équilibre et la tranquillité d’esprit.

Le piano est utilisé à la fois en musique classique et en musique andalouse. Je ne pense pas que le violon soit fabriqué sous une forme autre que celle qu’on connaît déjà et qu’on utilise dans les Conservatoires de Musique de l’Occident et de notre pays. Quand à sa distribution géographique et à son influence culturelle, le piano est utilisé dans la majorité des Conservatoires de Musique au Maroc, et c’est un instrument surtout utilisé et admiré par l’élite, les intellectuels et les riches de l’aristocratie.

1 Terme issu du samâa : chant essentiellement religieux en l’honneur du Prophète et une épuration ou une spiritualisation de la « âla » (musique andalouse), mais il n’admet aucun instrument ni chantant ni de percussion.
2 Établissement religieux sous l’autorité d’une confrérie musulmane, spécialement affecté à l’enseignement.
3 Cantilène improvisée, en « bel canto ». Il est surtout destiné à l’expression de la tendresse ou de la passion.
4 Sorte de cantilène non mesurée qui expose et développe un large thème de « bel canto » arabe et dont le nom même est une définition : baïtaïn = deux vers.

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Page d'accueil du Centre des enseignants | Trouvez des ressources d'apprentissage et des plans de leçons