Je connais cet instrument depuis mon jeune âge, je l'avais vu entre les mains d'un homme noir qui passait du côté de chez nous. Du reste, je n'ai jamais assisté à un spectacle où l'on utilisait cet instrument, mais j'ai vu des spectacles à la télévision présentés par des troupes nommées « Stambali » qui me faisaient très peur.

Cependant, le son grave de cet instrument (ressemblant légèrement au son de la contrebasse) me faisait vibrer le coeur. Parmi les membres de la troupe figurait un grand homme masqué et habillé de peaux d'animaux (lièvres, renards, moutons, loups, etc...). Cet homme nommé « Bousaadia » dansait, tenant entre les doigts les chkacheks (un instrument à percussion en métal ressemblant aux castagnettes). Je voyais aussi dans ces spectacles un nuage de fumée (l'encens) qui couvrait la salle de sortie d'un canoun*.

Le « Bousaadia » était entouré de gens qui dansaient intensément à la même cadence jusqu'à en tomber en transe . On m'expliqua alors qu'ils dansaient ainsi pour se libérer des mauvais esprits qui les traumatisaient . La première fois où j'ai vu le gombri de près, c'était lorsque j'ai visité le musée du Centre des musiques arabes et méditerranéennes « Ennejma Ezzahra » à Sidi Bousaïd. Depuis, j'étais curieuse et je voulais avoir une idée plus claire de cet instrument et de ses origines. Après ma petite recherche, je découvris que le gombri appartient à la famille des cordophones, et provient d'une communauté noire d'origine sub-saharienne de l'Afrique.

La longueur totale du gombri est de 109 cm. Son manche et sa caisse de résonance sont en bois. Cette dernière a une forme cylindrique. Elle est couverte d'une peau de chèvre et porte des décorations au henné et au « harkous » (tatouage temporaire). La peau de chèvre choisie est généralement celle d'une vieille chèvre, car il est préférable que la peau ait été utilisée auparavant sur un « tbal » (instrument à percussion joué avec deux baguettes). Ceci lui permet d'être bien tendue sur la caisse. Cette peau ne se chauffe pas, contrairement à celle de la darbouka et du bendir. Le chevalet en bois s'appelle « rakez ». Les trois cordes mélodiques en boyau sont tendues par des rubans en cuir sur la caisse. Derrière le chevalet, on trouve une plaque métallique contenant des anneaux pour amplifier le rythme (« chanchana »).

Cet instrument est encore utilisé mais rarement et seulement dans des régions où les croyances aux mauvais esprits priment encore.

* récipient en poterie où on met du charbon qui peut être d'usage culinaire ou bien on l'utilise pour chauffer ou encore pour brûler l'encens.

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

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