Derrière les œuvres de Frédéric Bruly Bouabré se cache toute une culture, tout un patrimoine régional auquel l’artiste reste attaché. Aussi, affirme-t-il souvent qu’à la base de ses travaux se trouve la tradition krou, communauté culturelle du centre ouest ivoirien à laquelle il appartient. En outre, il s’appuie sur d’autres réalités culturelles qu’il réinvente.

Avec le Bagnon ou le « courtisé d’yeux », Frédéric Bruly Bouabré nous fait revivre toute une tradition en perte de vitesse. Le mot Bagnon littéralement traduit signifie bel homme. C’est en fait le culte du bel homme élu sur la base des canons esthétiques déjà préétablis et mis ici en relief dans l’œuvre de l’artiste. Ainsi le Bagnon se distingue par une « haute taille, une forme svelte, un teint noir, bronzé ou clair, de beaux yeux, un front large, un beau nez, une belle bouche, des dents blanches, un cou long et perlé, des oreilles petites, des fesses arrondies, des jambes charnues, des bras souples». Ce qui caractérise le Bagnon, c’est l’harmonie du corps.

Jouissant d’un statut particulier, toute la communauté villageoise se trouve à la disposition du Bagnon. Distingué lors des fêtes villageoises, le Bagnon est porté sur la place publique et n’apparaît qu’au moment privilégié de la fête. Excellent danseur, il est ovationné par les femmes et les hommes qui lui lancent des foulards ou essuient parfois son visage. La pratique du Bagnon qui connaît une régression est à jamais réactualisée par cette œuvre de l’artiste.
Musée des Civilisations de Côte d'Ivoire
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