Selon quelques historiens, la guitare pénètre dans les territoires roumains au cours du XVIe siècle. Elle est tout d’abord l’instrument musical des élites : il n’y a que 150 ans, il était encore bien vu pour les demoiselles bien éduquées d’apprendre à jouer un peu, pour pouvoir divertir les invités de la famille. Dans la même période, la guitare, adoptée par les musiciens des petits ensembles traditionnels d’Olténie (dans le Sud) et de Maramures (extrémité Nord-Ouest du pays), devient « populaire ». En Olténie, elle remplace le luth local appelé cobzã. En Maramures, où elle n’a pas l’air de remplacer aucun instrument antérieur, la guitare prend le nom de zongorã. Ce nom - qui signifie en hongrois « piano » - témoigne encore sur son origine « savante ».

Les musiciens paysans transforment la guitare-zongorã en instrument d’accompagnement harmonico-rythmique. Cette mutation fonctionnelle a des répercussion sur l’accordage, la façon de tenir l’instrument et la technique de son jeu. La zongorã n’a que trois ou quatre cordes (au début du siècle elle en avait deux), accordées en accord majeur (au début du siècle en quinte juste). Pour pouvoir obtenir des successions de trisons plaqués, les musiciens (zongoras) appuient fermement l’instrument sur leur flanc ou le genou gauche, déplacent l’index de la main gauche sur le manche (en changeant de cette manière l’accord) et frappent les cordes avec un plectre. De nos jours, il n’est pas imaginable que la guitare-zongorã joue des mélodies. Tout ce que les musiciens savent faire est de bien souligner le rythme, surtout celui des mélodies de danse.


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