La valiha toritenany par Lalaina, 18 ans

À Madagascar, la valiha est classée parmi les instruments de musique traditionnelle. Je choisis cet instrument parce que j’aime surtout le son qu’elle dégage et sa forme tubulaire. J’ai déjà entendu jouer de cet instrument à la télévision et lors d’un concert. Il y a plusieurs types de valiha mais je vais présenter ici la valiha toritenany.

La valiha a déjà existé avant Jésus-Christ. Son origine est le Sud-Est Asiatique (Malaisie, Philippines et Viet-Nâm). Son nom vient du mot vadya qui signifie instrument de musique sacré. La valiha toritenany est le premier qui a existé à Madagascar. Fabriquée avec une tige de bambou aux noeuds très distants, sa longueur est d’environ 1,20 m, et le diamètre est de 10 cm. Tout autour de ce tube cylindrique sont régulièrement réparties les fibres dont le nombre varie selon le fabricant. Celui-ci entoure les deux extrémités de ces cordes d’une sorte de liane serrée fortement et dépose sous chacune d’elles un ou deux chevalets mobiles en bois de citrouille avec lesquels il accordera l’instrument. Mais le son de la valiha est faible. Pour renforcer sa résonance et produire un timbre grêle, le fabricant change les cordes de la valiha en métal appelé valiha jihy-vy. Actuellement, il existe des valiha fabriquées avec du zinc.

La valiha peut accompagner tous les instruments ; elle est jouée en solo ou en groupe dans le genre musical folk, traditionnel populaire, genre populaire contemporain et musique contemporaine. À l’époque royale, la valiha était vouée à l’usage des nobles seulement. Mais cela n’a pas empêché les esclaves d’épanouir leur talent. En effet, ces derniers se familiarisaient avec cet instrument à l’insu de leurs maîtres, par crainte d’être punis et faisaient toujours semblant de ne pas savoir en jouer alors que parfois même, leur compétence de jeu était supérieure.

La valiha est aussi jouée lors d’un événement familial, telle l’exhumation, en concert, dans les fêtes religieuses ou cultuelles. Elle se joue avec les deux mains et est pincée des doigts. Une valiha possède une seule tonalité de première ou de deuxième voix.

Actuellement, les artisans-fabricants de valiha donnent chacun un nom à leur instrument selon la forme qu’ils lui ont donnée. Par exemple, la valiha qui a la forme d’une valise est appelée la valiha vata ; celle qui a la forme d’une pirogue, la valiha lakana. La section du bambou a été même parfois agrandie pour avoir une grosse valiha ou une valiha géante.

Techniquement, la valiha a aussi évolué et on peut maintenant trouver de la valiha chromatique. Pour tenir la valiha, on la tient, soit entre les cuisses, soit sous l’aisselle. Les plus doués ne pincent plus les cordes mais les frôlent à peine.
Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Page d'accueil du Centre des enseignants | Trouvez des ressources d'apprentissage et des plans de leçons