Le cymbalum est signalé en Roumanie à la fin du XVIIIe siècle : il fait alors partie de l’ensemble de « musique de chambre » de la cour du prince valaque Alexandru Ipsilanti. Les documents ultérieurs n’en parlent plus : comme il arrive souvent, au moment où il devient populaire, un instrument n’intéresse plus les « lettrés ». Pourtant, après 1877 - l’année de l’indépendance de la Roumanie (qui comprend alors la Valachie et la Moldavie) - on voit le cymbalum dans les dessins et photos représentant les « ensembles de musique nationale » envoyés à l’étranger, en guise d’ambassadeurs de la nation roumaine.

C’est à partir de la littérature et de documents ethnologiques tardifs qu’on apprend que, vers la fin du siècle, il est aussi présent dans les taraf (ensembles de musique traditionnelle) urbains et ruraux. Là, il remplace la vieille cobzã (sorte de luth) : ayant une sonorité discrète, cette dernière ne correspond plus aux exigences des communautés villageoises. Mais le petit cymbalum subit bientôt le même sort : autour de la Deuxième Guerre, il est substitué ou doublé par l’accordéon. À son tour, l’accordéon cède aujourd’hui la place à l’orgue électronique...

Pourtant, le cymbalum n’est pas vaincu. On l’entend encore dans les fêtes de mariage de campagne du Sud et de l’Est du pays, car les vieux paysans ne peuvent pas se passer de ses formules d’accompagnement (tiituri). D’ailleurs, tout récemment, les musiciens ont trouvé une solution ingénieuse pour les satisfaire - ils enregistrent les tiituri du cymbalum, ils les rentrent dans la mémoire de leurs orgues électroniques et ils les passent pendant leurs exécutions « modernes » : « c’est comme ça qu’on fait du neuf », disent-ils.
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