Passage 1 : Hannah Hyland parle à Rory MacKay au sujet des gîtes

Extraits d’une entrevue accordée à Rory MacKay par Hannah (McGuey) Hyland (fille de Dennis McGuey)

« Eh bien, il y avait… ce porc salé, ils le faisaient frire. Et le matin, ils servaient des fèves au lard cuites au four. Des fois, ils faisaient des tartes, mais pas toujours. Le plus souvent, il y avait du porc avec des patates, et presque toujours de la mélasse pour dessert. On voyait rarement autre chose que de la mélasse sur la table… Ah oui, quand ils avaient défriché et semé les potagers, ils avaient parfois des légumes. Mais ils n’ont jamais pu en cultiver assez pour tout l’hiver, voyez-vous. Il fallait en acheter…

Et puis, parfois, [ma mère] accueillait 40 hommes, quand nous étions petits, voyez-vous, ma mère était là, à ce moment, quand mon oncle n’y était plus… elle accueillait plus de 40, peut-être 50 hommes là, le soir… Ah oui, ils avaient leurs baraques dans le bois, voyez-vous. Et le Basin était une halte [pour la compagnie], voyez-vous, une halte pour les bûcherons… Une équipe remontait jusqu’au Basin, il pouvait y avoir 50 ou 60 hommes dans une équipe, et ils restaient au Basin. Ils repartaient du Basin pour aller dans les camps. Eh bien, dans ce temps-là, la maison des McIntyre était six milles plus loin que celle des McGuey et quand ils avaient parcouru les huit milles depuis le Basin – à pied, n’oubliez pas – c’était l’heure du dîner. Et ensuite, s’ils devaient aller trop loin, ils arrêtaient souper chez les McIntyre. Ceux qui sortaient du camp, certains pouvaient s’arrêter pour coucher chez les McIntyre, parfois un groupe descendait jusque chez McGuey, pour dormir là…

Oui, mon père vendait de l’alcool et mon oncle Bill McIntyre vendait de l’alcool…

Tout le long de la [rivière] Bonnechere, beaucoup de gens avaient établi des haltes… Le long de la route Bonnechere, vers Killaloe. C’était la seule route et tout le monde construisait le long de la route…

[Ma mère] avait une salle à manger et elle servait à manger aux hommes. Quand les hommes avaient fini leur repas, c’était notre tour, les enfants, d’aller dans la salle à manger. Nous mangions pratiquement la même chose que les hommes, c’était les restes du repas des hommes, voyez-vous. Les enfants finissaient les restes…

Elle cultivait beaucoup de navets et quand elle manquait de patates, il fallait acheter un traîneau de patates. Alors on allait dans le bout de Wilno, à un mille de la maison, pour aller chercher un chargement de patates. Ils avaient une cave sous la maison et un caveau à légumes pour empêcher les patates et les autres légumes de geler, voyez-vous.

Eh bien, quand j’étais petite, ils allaient en chercher à Eganville. Ils descendaient à Eganville pour charger quelques traîneaux. Ils prenaient de la farine et du sucre, c’était surtout de la cassonade à l’époque, et du thé. Ils achetaient des caisses de soixante livres de thé. La caisse de thé. Soixante livres à la fois. Et de la farine et du sucre. Ils achetaient des sacs. Tout ce qu’ils voulaient, il y avait tout. Mais il n’y avait pas de conserves…

Elle remplissait des baquets de cinquante livres de beurre pour les vendre aux camps… On ne vendait jamais rien d’autre. Seulement du bœuf et du beurre…

Il fallait payer vingt-cinq sous [pour passer la nuit dans notre halte]; les hommes qui payaient eux-mêmes devaient donner les vingt-cinq sous à ma mère, mais pour ceux qui travaillaient pour [la société forestière] McLachlins, elle l’inscrivait dans le livre. Ensuite, elle se faisait payer au Basin. Elle envoyait la facture au commis qui travaillait au Basin et quand c’était réglé, elle l’effaçait du livre. Si un homme payait lui-même l’hébergement et McLachlins payait les repas, elle envoyait la facture à McLachlins et ils la payaient. »


Rory MacKay, Hannah Hyland
vers 1900
Ontario, CANADA
© 1976, Archives du musée du parc Algonquin. Tous droits réservés.

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