Premier programme national d'internement au Canada : 1914-1920



Le professeur Lubomyr Luciuk enseigne la géographie politique au Collège militaire royal du Canada, à Kingston, en Ontario. Il est aussi directeur de la recherche pour la Ukrainian Canadian Civil Liberties Association, qui a entrepris une campagne de sensibilisation afin d'obtenir que le gouvernement reconnaisse ce qui s'est passé lors du premier programme national d'internement.

Musée royal de l'Ontario
Lubomyr Luciuk, professeur, Faculté des sciences politiques et de l'économie, Collège militaire royal du Canada, et directeur de la Ukrainian Canadian Civil Liberties Association

© 2006, Musée royal de l'Ontario. Tous droits réservés.


Transcription

Vous nous trouvez en ce moment dans la cour intérieure du Fort Henry, à Kingston, en Ontario. C’est l’endroit le plus important que je pourrais vous présenter pour vous expliquer ce que le Canada signifie pour moi, car ici, pendant la Première Guerre mondiale, pendant la période connue comme la première opération nationale d'internement sur le sol canadien, beaucoup d’hommes, et ailleurs des femmes et des enfants, ont été emprisonnés non pas parce qu’ils avaient fait quelque chose de mal, mais uniquement en raison de leur identité et du lieu d’où ils venaient. Et bien entendu, je suis particulièrement intéressé par les Ukrainiens qui ont été détenus ici en tant que sujets d’un pays ennemi pendant cette période. Beaucoup d’entre nous ne connaissent pas grand-chose de cette période, car bien souvent, on déclarait que les prisonniers de guerre étaient des Autrichiens ou des Austro-hongrois ou encore des Allemands ou des Turcs, mais en fait la population de ces 24 camps de concentration était le plus souvent considérée comme autrichienne, même si elle était majoritairement ukrainienne et qu’il y avait aussi des Croates et des Serbes et certains Juifs et d’autres qui étaient également prisonniers. Il s’agissait donc d’une population multiculturelle, multinationale, multiconfessionnelle de prisonniers, dont certains étaient de véritables prisonniers de guerre, mais dont la plupart étaient des prisonniers civils qui n’avaient absolument rien à se reprocher.


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