La musique de violoneux du bon vieux temps (1985) de Ivan C. Hicks

La musique de violoneux du bon vieux temps –qui vient des Écossais, des Irlandais, des Anglais et des Français– constitue une partie très importante du patrimoine du Nouveau-Brunswick.

Aux débuts de la colonie, le violoneux était très valorisé par sa communauté. Il était invité à jouer à l’occasion de mariages, de veillées, de soirées dansantes, etc. Earl Mitton, un grand violoneux de l’Est de Fredericton, me racontait que quand il était jeune il allait jouer du violon de village en village et que pour tout paiement il recevait de quoi à manger et un toit pour dormir.

C’est la famille ou le violoneux de l’endroit qui transmet l’art de jouer du violon. En ce qui me concerne c’est mon père, Curtis Hicks, qui jouait du violon et sans son influence et ses encouragements, je n’aurais probablement jamais essayé.

Dans le bon vieux temps, les violoneux jouaient dans les salons et les camps de bûcherons; ils enregistraient rarement. De nos jours, bien qu’on ne les entende plus très souvent à la radio, les possibilités sont plus nombreuses. Outre les émissions radiophoniques et télévisuelles spéciales, les enregistrements, les festivals en plein air, les festivals de musique traditionnelle, les concours et les ateliers sont tous des occasions de voir et d’entendre des violoneux.

Il existe présentement au Nouveau-Brunswick un véritable intérêt pour la musique de violoneux du bon vieux temps. Toutefois, le nombre de violoneux qui jouent pour leur plaisir est plus grand que ceux qui jouent en public. Devantage de musiciens peuvent lire la musique mais, encore aujourd’hui, c’est surtout à l’oreille qu’ils apprennent les mélodies.

Au cours des quarante à cinquante dernières années, la musique de violoneux a subi deux influences majeures, celles de Don Messer et son style   « down east  " (qui intègre des airs écossais, irlandais et canadien-français) et du style écossais du Cap-Breton. Au Nouveau-Brunswick, Ned Landry (réputé pour son entrain et son intonation), Earl Mitton (connu pour son entrain et ses compositions originales) et Jerry Robichaud (originaire du Nouveau-Brunswick mais résident de Waltham, Mass.) Ward Allen (Ontario), Joseph Allard et Isidore Soucy (Québec), et Tommy Jackson (États-Unis), ont beaucoup influencé la musique de violoneux des dernières décennies. Tout récemment, un violoneux acadien, Étienne Larocque, est devenu populaire grâce à un enregistrement, à des apparitions à la télévision et à sa participation à des concours. C’est un violoneux très agile et précis qui peut jouer des airs de styles "down east" et écossais.

Bien que chaque violoneux possède son propre répertoire, il y a des incontournables, notamment, le Reel de Sainte-Anne, Big Jim McNeil, Maple Sugar, Money Mush, Princess Reel. À mon avis, la plupart des interprétations se ressemblent (à l’exception de quelques variations comme les notes supplémentaires hors temps et les coups d’archet) pour la simple raison que les violoneux contemporains apprennent à partir de bandes sonores, de disques et de musique écrite. Or, les violoneux de la génération de mon père et des générations précédentes apprenaient les mélodies à l’oreille, les uns des autres, et ils n’« entendaient » pas tous la même chose.

Voici comment les violoneux décrivent un bon violoneux :
- bons coups d’archet
- agilité
- bonne intonation
- chaleur et entrain (plaisir à jouer)
- musique donnant envie de danser

Il faut que les jeunes écoutent plus de musique de violoneux du bon viuex temps, car ils constituent la relève. 





Revue de musique folklorique canadienne, volume 19.3 (1985)


Ivan C. Hicks
vers 1985
Nouveau-Brunswick, CANADA
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