Pensées après coup

[…]

Felix, Jorge et moi avons vécu et travaillé ensemble pendant 27 années, au cours desquelles nous sommes devenus un seul et même organisme, un seul système nerveux, un seul ensemble d’habitudes, de tics, de préférences. Nous nous présentions comme un « groupe » appelé General Idea, et des photos très travaillées nous représentaient comme l’aboutissement de notre propre art : nous empruntions nos corps pour les transformer en accessoires, porteurs de significations manipulées dans le but de créer une image, une certaine réalité. Nous avions choisi de faire partie du monde de la publicité et des médias. Nous avons fait de nous-mêmes les artistes que nous voulions être.

Depuis la disparition de Jorge et de Felix, j’ai lutté pour découvrir les frontières de mon propre corps en tant qu’organisme indépendant, en tant qu’être existant en dehors de General Idea. Au cours des cinq dernières années, je me suis retrouvé, exactement comme un grand blessé, à redécouvrir les limites de mon système nerveux, à réapprendre à fonctionner sans mes extensions corporelles (sans les trois têtes, les douze membres) et à trouver des possibilités nouvelles à partir d’un physique réduit.

.- AA Bronson

Extrait du texte de AA Bronson tiré du catalogue de Peggy Gale.- Tout le temps / Every Time : La Biennale de Montréal 2000.- Montréal : Centre international d’art contemporain de Montréal, 2000.- p. 34.
AA Bronson tiré du catalogue de Peggy Gale.- Tout le temps / Every Time : La Biennale de Montréal
Centre international d’art contemporain de Montréal
vers 2000
© Centre international d’art contemporain de Montréal, 2000

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