La puissance motrice des chevaux du début à la fin!

Une manufacture de carrosserie produit des voitures tirées par un ou deux chevaux et elle fonctionne grâce à la puissance motrice des chevaux. Les machines de cette manufacture étaient en usage près de 70 ans avant l’introduction de l’électricité et 50 ans avant celle des moteurs à essence. La manufacture aurait pu utiliser l’énergie hydraulique mais le meilleur emplacement pour utiliser cette énergie était déjà pris. Pour Ronald Campbell le choix était simple – utiliser la puissance du cheval ou abandonner la fabrication de voitures tirées par des chevaux.

Les manèges à chevaux n’étaient pas inconnus1, mais ils n’étaient pas très répandus dans les Maritimes contrairement aux trépigneuses et aux cabestans portatifs. Les moulins à vent et les différents moulins activés par l’eau étaient aussi très répandus mais, avant 1850, ils devaient utiliser tout un assemblage très lourd de roues et de dents en bois. Heureusement pour les Campbell, quelques décennies avant qu’ils n’installent leur manège à cheval, des mécaniciens avaient mis au point un système de courroies en cuir et de poulies fixées sur des arbres d’entraînement pour transmettre et distribuer la puissance motrice.

Selon une source : « pour transmettre l’énergie de la roue à aubes… les anciens moulins étaient munis d’un système de roues dentées et d’arbres de rotation. Cette méthode avait l’inconvénient d’être lente, bruyante, et les secousses donnaient lieu à de nombreuses défaillances mécaniques. En 1828, un maître mécanicien de Lowell au Massachusetts met au point un système de courroies en cuir et de poulies. La poulie motrice… transmet le mouvement d’un arbre principal à de plus petits arbres secondaires… et puis aux machines. L’utilisation de courroies et de poulies se traduit par une transmission plus uniforme et plus efficace de la puissance et par moins de bris mécaniques. Peu de temps après, l’utilisation de poulies motrices et de courroies en cuir se répand dans les moulins partout à travers les États-Unis. »2

Le manège à cheval original de la carrosserie Campbell n’a pas subsisté, mais nous avons déterminé son emplacement. Le système de courroies et de poulies est encore en place ainsi que deux grands tours actionnés par des courroies, une ponceuse à courroie et une affûteuse pour aiguiser les outils. Il n’y a plus de trace d’une longue scie d’établi pour l’usinage du bois d’oeuvre, d’une scie circulaire à table, d’une scie à ruban et d’une espèce de raboteuse. On compte donc au moins huit différentes machines qui requièrent une impulsion motrice et elles étaient peut-être plus nombreuses encore.

On ignore combien de machines on pouvait utiliser simultanément, mais il ne fait aucun doute que ces machines ont permis aux Campbell et aux artisans qu’ils employaient d’économiser beaucoup de temps et d’énergie passés à dimensionner et à équarrir le bois dont ils avaient besoin pour faire leur métier.
1 Major, J. Kenneth. "Water, Wind and Animal Power." An Encyclopedia of the History of Technology. Ed. Ian McNeil. New York: Routledge, 1990. 260-269.  Musson, A.E. " Industrial Motive Power in the United Kingdom, 1800-1870." The Economic History Review. Vol. 29, No. 3 (1976): 415-420.

2 http://www.nps.gov/archive/lowe/2002/loweweb/lowe_history/lowe_brochures/suffolk.htm

Paul Bogaard
Adèle Hempel, Michael Doan, Johanne Gnassi
19-20e siècle
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