Les édifices racontent des histoires, les paysages aussi. Dans le parc de la Gatineau, au nord de la capitale du Canada, le paysage et l’architecture racontent une histoire de préservation et de contemplation qui révèle aussi l’importance de la nature dans notre identité nationale.

Cet immense parc de 361 kilomètres carrés — situé à seulement 15 minutes de la colline du Parlement — est le site du domaine et des terres ayant appartenu au 10e premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King. Grâce à la vision de Mackenzie King, non seulement a-t-on préservé une large portion des collines de la Gatineau pour en faire un parc en 1938, mais sa collection de fragments architecturaux installée dans ce site naturel a aussi créé une sorte d’oasis spirituelle dans le parc de la Gatineau.

Après plus de 21 années au pouvoir, Mackenzie King est devenu le premier ministre canadien ayant été le plus longtemps en poste. Il a dirigé le Canada durant la Deuxième Guerre mondiale, période durant laquelle le pays a vécu de grands changements. Même s’il s’efforçait de mieux positionner le Canada sur l’échiquier mondial, Mackenzie King se préoccupait aussi des prochaines générations. Ces efforts ont permis de créer un Canada d’après-guerre pacifique qui a su préserver son passé.

Mackenzie King a exprimé ses aspirations pour Ottawa dans un discours au Parlement en 1923 : « Notre capitale n’est peut-être pas la plus grande, la plus riche ni la plus cosmopolite du monde, mais je crois qu’avec la majesté du cadre naturel et pittoresque d’Ottawa et un peu de planification consciencieuse, nous pouvons créer la plus belle capitale du monde… [et] ceux qui suivront dans les années qui viennent reconnaîtront en elle une certaine expression de l’âme du Canada. » [trad.]

Les collines de la Gatineau sont l’un des plus beaux paysages de la région. C’est là que Mackenzie King a fait construire des bâtiments de ferme et plusieurs chalets d’été pour lui et ses invités, de magnifiques jardins à la française et à l’anglaise et une résidence permanente où il s’est retiré en 1948. À son décès, deux ans plus tard, il a légué sa propriété au peuple canadien; elle fait maintenant partie d’un parc public accessible et plein de vie dont profitent plus d’un million de personnes chaque année.

Une parcelle du domaine de Mackenzie King a été réservée aux fragments architecturaux prélevés à même des édifices en réparation ou voués à la démolition. Les « ruines de l’Abbaye » aménagées dans les jardins ont été créées à partir de vestiges des édifices incendiés du Parlement du Canada, des édifices du Parlement britannique de l’époque de la guerre éclair, et de diverses grandes demeures des environs d’Ottawa que l’on rénovait ou reconstruisait.

À l’origine, Mackenzie King voulait se servir des pierres recueillies pour construire une chapelle privée. Quand il s’est rendu compte qu’il ne disposait pas des matériaux nécessaires, il a fait de sa collection des ruines semblables à celles d’une abbaye gothique, d’un temple grec et d’autres structures érodées par le temps. Ces édifices incomplets, beaux en soi, sont conçus pour compléter et encadrer le paysage environnant.

Non seulement Mackenzie King a-t-il veillé à ce que les pierres soient conservées, il a aussi vu à ce qu’elles s’intègrent au paysage du Bouclier canadien de la région. La majeure partie du domaine de Mackenzie King rend hommage au paysage — qui est important pour les peuples autochtones, les colons européens et, de nos jours, les usagers du parc de la Gatineau — en créant des points d’observation et des grottes de recueillement. En visitant les ruines, on peut facilement imaginer Mackenzie King assis parmi les pierres, réfléchissant aux lourds problèmes du pays.

Aujourd’hui, les ruines servent de décor aux photographes amateurs en visite dans le Parc. De nombreuses photos de visages souriants affichées sur Flickr et Facebook ont été prises devant les ruines, lesquelles font maintenant partie de l’histoire visuelle du Canada. Grâce à la vision de Mackenzie King, le parc de la Gatineau demeure un héritage culturel et environnemental dont les Canadiens et Canadiennes profitent toute l’année.
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