Dans tout acte de guerre, la stratégie compte souvent plus que l'utilisation de la force. C'est d'autant plus vrai pour les corsaires, dont les navires sont petits et peu armés. Grâce à leurs stratégies, ils réussissent à l'emporter sur des navires beaucoup plus imposants que les leurs.

L'une de ces stratégies est d'envoyer des corsaires à l'avant-garde d'une flotte d'invasion. Lorsque William Phips tente de prendre Québec en 1690, sa flotte comporte une avant-garde de corsaires. Ce sont eux qui pillent le poste de Percé.

En temps de guerre, le ravitaillement est assuré par des convois de navires. Ces derniers se regroupent pour mieux se défendre. Toutefois, les corsaires s'infiltrent dans ces convois. Ils se font passer pour des navires de ravitaillement et surprennent ainsi leurs adversaires.

Montrer ses vraies couleurs

L'une des stratégies favorites des capitaines corsaires est d'approcher un navire ennemi sans « montrer ses couleurs ». Cela veut dire que ses mâts ne portent aucun drapeau qui pourrait l'identifier. Ainsi, le navire ennemi croit que le corsaire est un allié et le laisse s'approcher de lui. Au dernier instant, le corsaire montre ses couleurs et passe à l'attaque!

Parfois, les capitaines corsaires transportent à leur bord des drapeaux aux couleurs de leurs ennemis. Ils les sortent à l'approche d'une proie. Cette ruse leur permet d'approcher l'ennemi sans le rendre méfiant.

Ces différentes stratégies sont très efficaces contre des convois plus ou moins dispersés. En effet, les navires alliés ont souvent de la difficulté à se reconnaître entre eux. Les corsaires se glissent à travers les navires dispersés en camouflant leurs couleurs, puis au dernier moment, engagent le combat contre les navires isolés et mal défendus.

C'est cette tactique qui est employée par les corsaires anglais qui dévastent Percé en 1690 :

« C'est peu vous dire, qu'au commencement du mois d'août dernier, deux frégates anglaises parurent sous le pavillon de France, à la rade de l'île de Bonaventure, et par ce stratagème se saisirent aisément de cinq navires pêcheurs, dont les capitaines et les équipages, qui étaient alors entièrement occupés à la pêche, furent tous obligés de se sauver à Québec; parce qu'ils n'étaient pas en état de se défendre, ni de résister à tant de nations liguées contre eux. »

Chrestien Leclercq, Nouvelles relations de la Gaspésie, 1691
Musée maritime du Québec et du Musée naval de Québec

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