Alex Baumann fait d’abord le point sur ses objectifs aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles. Il discute de la pression ressentie et des défis à surmonter lors du 400 m quatre nages individuel, et des liens privilégiés qu’il avait avec son entraîneur. Au moment de remporter la médaille d’or, Alex se rappelle à quel point il était soulagé, et de la difficulté d’être à son meilleur aux Jeux olympiques.

Créateur: Bruce Weir

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Transcription

Mais bien sûr, je veux dire que le premier objectif était de gagner, et le second, en raison du boycottage du bloc communiste, était aussi d’établir un record du monde parce qu’au bout du compte, nous voulions prouver que personne n’aurait pu nous battre même si le bloc communiste avait participé. Mais on sait tous que si vous établissez un record du monde lors d’une épreuve éliminatoire, personne ne s’en souvient, c’est la médaille d’or qui compte. Donc, le record du monde constituait un deuxième objectif, mais il n’était pas vraiment si important.

Par contre, je me rappelle très bien l’énorme pression présente, en particulier lors de la première course, le 400 m quatre nages individuel, parce que les deux records m’appartenaient et j’avais l’impression que je devais satisfaire aux attentes de tous et c’était vraiment difficile. Puis ensuite, vous commencez à vous préoccuper de ce que les gens vont penser et puisque j’avais participé aux cérémonies d’ouverture et que j’avais été le porte-drapeau, tout le monde me connaissait, vous comprenez, et si je gâchais tout après 11 longues années! Donc, ce fut un moment assez difficile. Je me souviens encore de l’épreuve éliminatoire, d’être arrivé en première place, d’établir un record olympique, mais d’être néanmoins à 5 secondes à mon meilleur chrono; puis d’essayer de manger quelque chose et de faire une sieste, mais je n’arrivais pas à dormir. C’était très, très difficile et j’avais l’impression que mon cœur battait si fort qu’il en déplaçait le lit. C’est à ce moment que je me suis dit « Non, mais c’est ridicule, je ne peux pas m’inquiéter de choses que je ne contrôle pas, je suis prêt physiquement, je suis prêt psychologiquement, j’y vais, je me lance. »

Le 400 m est certainement une course des plus stratégiques, et si vous ne nagez pas selon votre plan, vous pouvez alors carrément bousiller votre course, car si jamais vous nagez trop vite, vous n’aurez plus d’énergie pour le dernier 100 m. C’est ici qu’entre en jeu selon moi le partenariat avec l’entraîneur; tout au long de l’année, vous peaufinez votre stratégie et puis vous respectez cette stratégie. Selon moi, le fait de compétitionner contre tous les autres athlètes cette année-là s’est également avéré profitable. Nous avons donc parcouru le monde pour compétitionner contre ces autres nageurs afin que je sache à quoi m’en tenir; je connaissais précisément leur stratégie et je ne serais pas surpris si quelqu’un me devançait de deux ou trois secondes. Je pense que c’est ce qui m’a convaincu à vraiment m’en tenir à notre plan. Et je me souviens encore que lors des 5 derniers mètres, je ne ressentais aucune exaltation, j’éprouvais plutôt un soulagement que tout soit finalement terminé.

Onze années d’entraînement très, très rigoureux et vous savez, vivre cet instant unique où tout se concrétise est assez rare. Selon moi, c’est ce qui rend les Jeux olympiques si particuliers. Vous devez réaliser une performance sur demande et vous devez le faire cette journée-là. Et il y a beaucoup d’athlètes qui n’y arrivent pas lors de la journée en question.


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