Dès leur arrivée au Canada, les réfugiés furent dispersés dans des camps de fortune de prisonniers de guerre en Nouvelle-Écosse, au Québec et en Ontario. Alors que certains des commandants et gardes démontrèrent de la tolérance – sinon de la compassion – envers leurs prisonniers, d’autres cependant affichaient envers eux, une attitude à la fois anti-germanique et à la fois anti-juive. Après une visite au Camp N à Sherbrooke, un observateur militaire y remarquait « une sévérité déployée d’une façon arbitraire, l’utilisation de gros mots, un langage châtié et de la complaisance à l’égard de remarques antisémites particulièrement choquantes. »

Pendant ce temps, les réfugiés internés en Angleterre furent rapidement libérés et la plupart d’entre eux participèrent à l’effort de guerre. Le gouvernement britannique, admettant son erreur relativement à ces internements, informa les Canadiens que les réfugiés pouvaient être envoyés en Grande-Bretagne et y vivre librement, tout en démontrant clairement sa préférence, soit qu’ils restent en sécurité au Canada. Cependant, comme le Canada avait autrefois résisté aux pressions pour accepter les réfugiés juifs, les bureaucrates étaient déterminés à ne pas admettre les Juifs par un moyen détourné, à savoir, l’internement.

Ceux qui désiraient joindre le British Pioneer Corps (unité de non-combattants) bénéficiaient du droit de rentrer en Grande-Bretagne. Des scientifiques qui avaient travaillé pour les services top- secrets de l’intelligence militaire et autres réfugiés pouvant contribuer à certains travaux reliés à la guerre furent ainsi libérés. Les autres dépérirent derrière les barbelés des camps canadiens; certains y restant même jusqu’à trois ans. Ils se donnèrent le surnom de « Camp boys » (les gars du camp).
Paula Draper, Vancouver Holocaust Education Centre

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