L'Observatoire magnétique et météorologique de Toronto

Dans les années 1830, le scientifique allemand Alexander von Humboldt approcha la Société Royale à Londres pour plaider en faveur d’un réseau d’observatoires afin de mesurer les variations du champ magnétique de la Terre et d’établir des liens entre ce champ magnétique, les aurores boréales et australes ainsi que les changements météorologiques. Le gouvernement britannique intervint puisque des installations situées dans ses colonies pouvaient former un réseau ceinturant le globe, par exemple au Cap, à Sainte-Hélène et en Tasmanie. L’Artillerie royale fut chargée de mettre sur pied une installation au Canada.

À l’origine, les instruments de mesure du champ magnétique étaient placés près du fort York, à Toronto, mais l’on rechercha un meilleur endroit parce que le métal des armes perturbait les résultats. L’emplacement du nouveau campus de l’Université de Toronto fut choisi en fonction de l’Observatoire avant même l’arrivée des premiers étudiants. Les observations régulières commencèrent le 1er janvier 1840 au fort mais furent déplacées en septembre 1840 dans une cabane primitive en bois rond située sur le campus de l’Université de Toronto. Ces observations constituent les premières archives météorologiques continues au Canada.

Les instruments expédiés à Toronto comprenaient des magnétomètres, des instruments servant aux levés topographiques ainsi que des instruments météorologiques. De ces instruments, seul un baromètre à mercure est parvenu jusqu’à nous. Des chercheurs mesuraient la direction et l’intensité des champs magnétiques, observaient les caractères du temps et faisaient des observations astronomiques pour des étalonnages chronologiques. L’équipe de l’observatoire employait des instruments extrêmement sensibles, entièrement faits de matériaux non magnétiques tels que le laiton. Leurs observations contribuèrent à révéler la relation entre les taches solaires et les variations irrégulières du champ magnétique terrestre.

Mis sur pied à l’origine pour un projet de trois ans, l’observatoire était toujours en fonction en 1850 lorsque le gouvernement du Haut-Canada commença à en assumer une partie des coûts. Le gouvernement avait la responsabilité financière de l’observatoire mais en céda l’exploitation et l’administration à l’université. Un observatoire permanent fut établi en 1854-1855 avec de nouveaux instruments d’une valeur totale de 2 000 £. Cet observatoire devait plus tard devenir le siège du Service météorologique du Canada mis sur pied sous la direction de George Kingston, professeur à l’Université de Toronto.

Le dôme de l’observatoire, qui renferma de 1892 à 1894 un télescope à réfraction de 6 pouces (15 cm), fournit les premières installations du Département d’astronomie de l’université. Dans les années 1880, l’observatoire participa aux observations mondiales des transits de Vénus et contribua aux efforts de Sir Sanford Fleming en vue de la normalisation du temps universel. Dès les années 1890, l’électrification des tramways de Toronto provoqua des interférences avec les fines observations magnétiques. L’équipement de l’observatoire fut démantelé en 1907.
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