« Ils pleureront, ils se lamenteront sur elle les rois de la terre, les compagnons de sa vie lascive et fastueuse quand ils verront la fumée de ses flammes…

Ils pleurent et se désolent sur elle, les trafiquants de la terre; les cargaisons de leurs navires, nul désormais ne les achète ! »

Ap 18, 9 et 11

Il est surprenant de constater que le non-avènement de l’Apocalypse attendue n’a guère causé de traumatisme dans l’Église primitive. Elle a au contraire suscité une remarquable évolution de la conscience chrétienne - la coexistence d’une attente de la Parousie imminente et d’une disposition à vivre dans la perspective d’une continuation de l’histoire humaine. Tertullien (v. 160- v. 220), le fougueux apologiste chrétien du IIe siècle, a illustré avec beaucoup d’éloquence cette apparente contradiction. Le même Tertullien qui prédit l’imminence du Jugement avec des accents terribles et une peur viscérale, avertissant que les « magistrats… seraient calcinés dans des flammes encore plus brûlantes que celles qu’ils avaient attisées dans leur rage contre les chrétiens » et que les « grands rois… gémiraient dans les profondeurs des abîmes » -- pouvait aussi prier pour « les empereurs, pour leurs ministres et pour les puissances, pour l’état présent du siècle, pour la paix du monde, pour le report de la fin. » Au cours des siècles postérieurs à Tertullien, l’attente ardente de la Seconde Venue de Jésus s’accompagnait de plus en plus fréquemment d’une foi qui affirmait que, par sa vie, sa mort et sa résurrection, Jésus avait déjà radicalement transformé le sens de l’histoire et de l’existence humaines.
Réseau canadien d'information sur le patrimoine, The Provincial Museum of Alberta,

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