La santé est une préoccupation qui touche chacun d’entre nous. Tout au long de l’histoire, elle s’est manifestée dans la représentation artistique des corps : assaillis par la maladie et par la dévastation d’épidémies telle la peste ou la lèpre; révélés par les leçons d’anatomie ou les portraits d’individus atteints de maladie mentale, etc. Si, à la Renaissance, un pouvoir de guérison était attribué à certaines images, aujourd’hui, l’art nous met en face des fléaux que sont entre autres le sida et le cancer; il nous montre autrement l’univers pharmaceutique contemporain; il nous place devant un corps où s’inscrivent la souffrance et parfois la gêne. Les connaissances en biologie, en neurologie ou en médecine se répercutent dans les œuvres réunies ici et montrent comment s’estompe l’étanchéité entre art et science.
La santé est une préoccupation qui touche chacun d’entre nous. Tout au long de l’histoire, elle s’est manifestée dans la représentation artistique des corps : assaillis par la maladie et par la dévastation d’épidémies telle la peste ou la lèpre; révélés par les leçons d’anatomie ou les portraits d’individus atteints de maladie mentale, etc. Si, à la Renaissance, un pouvoir de guérison était attribué à certaines images, aujourd’hui, l’art nous met en face des fléaux que sont entre autres le sida et le cancer; il nous montre autrement l’univers pharmaceutique contemporain; il nous place devant un corps où s’inscrivent la souffrance et parfois la gêne. Les connaissances en biologie, en neurologie ou en médecine se répercutent dans les œuvres réunies ici et montrent comment s’estompe l’étanchéité entre art et science.

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Petites proses

Petites proses - triptyque photographique

Artiste : Nicole Jolicœur, Photo : Richard-Max Tremblay
Collection d’œuvres d’art de l’UQAM - don de l’artiste
vers 1998
épreuves argentiques sur papier
120 x 120 cm chacune
2003.6.1-3
© Université du Québec à Montréal, Galerie de l’UQAM


Nicole Jolicœur utilise la photographie pour confronter les pensées scientifique et artistique. L’espace de questionnement qu’elle établit examine notamment les modèles de représentation. La suite Petites proses témoigne d’une recherche que l’artiste a effectuée sur l’hystérie telle qu’étudiée au XIXe siècle par la médecine et représentée au moyen de la photographie. Nicole Jolicœur s’intéresse à l’investigation obsessive du milieu médical, telle qu’elle se manifeste dans son observation clinique et dans son recensement de plaies apparues sur des sujets toujours féminins. Par ses œuvres, elle signale l’ambivalence et la part de croyance qui se rattachent au regard scientifique, lequel croit pouvoir établir l’iconographie du trouble par la preuve photographique. Le triptyque présente ainsi trois bustes de femme couverts de stigmates et de traces d’écriture dues au phénomène de dermographie, qui livrent le récit d’une fragilité inscrite dans des corps assujettis aux ambitions des hommes de science.

Les épreuves argentiques s’intitulent individuellement Peti Pour en lire plus
Nicole Jolicœur utilise la photographie pour confronter les pensées scientifique et artistique. L’espace de questionnement qu’elle établit examine notamment les modèles de représentation. La suite Petites proses témoigne d’une recherche que l’artiste a effectuée sur l’hystérie telle qu’étudiée au XIXe siècle par la médecine et représentée au moyen de la photographie. Nicole Jolicœur s’intéresse à l’investigation obsessive du milieu médical, telle qu’elle se manifeste dans son observation clinique et dans son recensement de plaies apparues sur des sujets toujours féminins. Par ses œuvres, elle signale l’ambivalence et la part de croyance qui se rattachent au regard scientifique, lequel croit pouvoir établir l’iconographie du trouble par la preuve photographique. Le triptyque présente ainsi trois bustes de femme couverts de stigmates et de traces d’écriture dues au phénomène de dermographie, qui livrent le récit d’une fragilité inscrite dans des corps assujettis aux ambitions des hommes de science.

Les épreuves argentiques s’intitulent individuellement Petite prose I, Petite prose II et Petite prose III.

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Le je/nous de Madeleine

C’est arrivé comme ça, je n’ai rien à dire là-dessus; ni rien à expliquer à propos de l’apparition des plaies. Deux ou trois fois des petits trous se sont formés sur le dessus de mes pieds et au creux de mes mains. Au côté gauche, j’ai eu une plaie de trois centimètres d’où suintaient le sérum et le sang. C’est toujours arrivé au moment du saint Vendredi. C’est impossible de l’expliquer, je n’ai pas de mots pour dire ça. Quand ça arrive, ça met le médecin dans tous ses états. Il sort tout son arsenal pour vérifier si c’est moi qui les crée, ces blessures. Il a même inventé un appareil d’observation, une plaque de métal qu’il fixe au cou-de-pied. Cette plaque est munie en son centre d’un verre de montre enchâssé, fixé par des cordons et tout cela fermé par des cachets de cire. La petite ampoule apparaît quand même. Les médecins o Pour en lire plus
Le je/nous de Madeleine

C’est arrivé comme ça, je n’ai rien à dire là-dessus; ni rien à expliquer à propos de l’apparition des plaies. Deux ou trois fois des petits trous se sont formés sur le dessus de mes pieds et au creux de mes mains. Au côté gauche, j’ai eu une plaie de trois centimètres d’où suintaient le sérum et le sang. C’est toujours arrivé au moment du saint Vendredi. C’est impossible de l’expliquer, je n’ai pas de mots pour dire ça. Quand ça arrive, ça met le médecin dans tous ses états. Il sort tout son arsenal pour vérifier si c’est moi qui les crée, ces blessures. Il a même inventé un appareil d’observation, une plaque de métal qu’il fixe au cou-de-pied. Cette plaque est munie en son centre d’un verre de montre enchâssé, fixé par des cordons et tout cela fermé par des cachets de cire. La petite ampoule apparaît quand même. Les médecins ont fini par conclure que c’était moi qui les causais consciemment et même parfois… inconsciemment, ils ont dit. Ils n’aiment pas que je leur montre où leur science s’arrête. Ils cherchent. Ils énumèrent des symptômes, je leur dis toujours : non ce n’est pas cela.

À la moindre manifestation de ce qui m’habite, le médecin fait venir le photographe, comme si celui-ci pouvait en voir plus avec ses appareils. […] Je dois poser pour eux pendant de longues heures ennuyeuses. Des clichés, ils en ont pris des centaines. Ils les ont classés au fur et à mesure, jour après jour; ils les ont épinglés côte à côte pour former un grand tableau d’observation qu’ils ont ensuite placé bien en vue afin qu’il soit consulté par tous ceux qui le désiraient. De longs pans de vie sont ainsi préservés, disent-ils. Mais que disent-elles de moi, ces photographies? Tantôt on dirait un homme, tantôt on dirait une femme. Moi, au fond, je m’en fous, mais pour eux c’est extrêmement important de savoir qui je suis. Ma-de-lei-ne : une femme. […]

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Nicole Jolicœur est née à Beauceville (Québec). Elle vit maintenant à Montréal et a enseigné à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM de 1990 à 2007. L’artiste détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Rutgers (New Jersey, États-Unis). Son travail traverse plusieurs disciplines, notamment le dessin, la photographie, la vidéo, l’installation ainsi que l’écriture.



Expositions (sélection)
2007 Symptômes : État transitoire, Flevoland, le salon double déformaté d’Ælab, Pointe-Saint-Charles (Québec) http://www.aelab.com/flevoland/reformat03.html 2005 À visages découverts : Pratiques contemporaines de l’autoportrait, Le 19, Centre régional d’art contemporain, Montbéliard (France) [Philippe Cyroulnik et Bernard Crespin, commissaires] 2003 Ruses : Nicole Jolicœur et Paul Lacroix, Vu, centre de diffusion et de production de la photographie, Québec (Québec) et Ga Pour en lire plus
Nicole Jolicœur est née à Beauceville (Québec). Elle vit maintenant à Montréal et a enseigné à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM de 1990 à 2007. L’artiste détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Rutgers (New Jersey, États-Unis). Son travail traverse plusieurs disciplines, notamment le dessin, la photographie, la vidéo, l’installation ainsi que l’écriture.



Expositions (sélection)
  • 2007 Symptômes : État transitoire, Flevoland, le salon double déformaté d’Ælab, Pointe-Saint-Charles (Québec) http://www.aelab.com/flevoland/reformat03.html
  • 2005 À visages découverts : Pratiques contemporaines de l’autoportrait, Le 19, Centre régional d’art contemporain, Montbéliard (France) [Philippe Cyroulnik et Bernard Crespin, commissaires]
  • 2003 Ruses : Nicole Jolicœur et Paul Lacroix, Vu, centre de diffusion et de production de la photographie, Québec (Québec) et Galerie Trois Points, Montréal (Québec)
  • 1999 Lignes de fuite : Nicole Jolicœur et laura jeanne lefave, La Centrale, Montréal (Québec)
  • Espaces intérieurs : Le corps, la langue, les mots, la peau, Centro de Arte Santa Monica, Barcelone (Espagne) et Passage de Retz, Paris (France) [Louise Déry et Nicole Gingras, commissaires]

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

dermographie
Sensibilité de la peau (urticaire) qui retient momentanément l’empreinte d’écriture ou autres marques tracées sur la peau. Phénomène considéré au  XIXe siècle comme symptôme de l’hystérie.

épreuve argentique
Désigne toute photographie en noir et blanc produite depuis le début du XXe siècle. Ce procédé permet d’obtenir une image par l’utilisation de négatifs sensibles à la lumière. La photographie numérique tend aujourd’hui à se substituer à cette technique.

hystérie
Névrose diagnostiquée au XIXe siècle qui se caractérise par des symptômes corporels variés, certains étant passagers et se manifestant généralement de façon exacerbée (convulsions, crises, etc.), tandis que d’autres sont plus durables (paralysies, contractures, grossesses nerveuses, etc.).

stigmate
Marques laissées sur la peau (par une plaie, une maladie) : cicatrices.
dermographie
Sensibilité de la peau (urticaire) qui retient momentanément l’empreinte d’écriture ou autres marques tracées sur la peau. Phénomène considéré au  XIXe siècle comme symptôme de l’hystérie.

épreuve argentique
Désigne toute photographie en noir et blanc produite depuis le début du XXe siècle. Ce procédé permet d’obtenir une image par l’utilisation de négatifs sensibles à la lumière. La photographie numérique tend aujourd’hui à se substituer à cette technique.

hystérie
Névrose diagnostiquée au XIXe siècle qui se caractérise par des symptômes corporels variés, certains étant passagers et se manifestant généralement de façon exacerbée (convulsions, crises, etc.), tandis que d’autres sont plus durables (paralysies, contractures, grossesses nerveuses, etc.).

stigmate
Marques laissées sur la peau (par une plaie, une maladie) : cicatrices.

© Galerie de l'UQAM 2007. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • démontrer qu’il comprend le lien qui existe entre la science et l’art;
  • tenter d’expliquer l’état d’esprit de l’artiste au moment où elle a réalisé cette œuvre.

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