Des Noirs vivaient déjà au Canada avant la Révolution américaine. Il y en avait au Nouveau-Brunswick avant la création de la province en 1784. Beaucoup de Noirs sont arrivés dans la province avec les loyalistes dont ils étaient les esclaves ou les « domestiques », mais beaucoup sont arrivés en tant que Noirs affranchis. 

… un grand nombre de Noirs ont été amenés en Nouvelle-France au cours de la dernière décennie du 17e siècle. Des esclaves amérindiens et noirs ont continué de travailler en Nouvelle-France jusqu’à la chute du Régime français. 

Dans une entente signée lors de la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne en 1760, il est écrit que les Amérindiens et les Noirs qui étaient esclaves sous les Français continueraient d’être esclaves sous les Britanniques. 

Il n’y a aucun doute que les colons français qui vivaient en Acadie, et les Français considéraient que le Pour en lire plus

Des Noirs vivaient déjà au Canada avant la Révolution américaine. Il y en avait au Nouveau-Brunswick avant la création de la province en 1784. Beaucoup de Noirs sont arrivés dans la province avec les loyalistes dont ils étaient les esclaves ou les « domestiques », mais beaucoup sont arrivés en tant que Noirs affranchis. 

… un grand nombre de Noirs ont été amenés en Nouvelle-France au cours de la dernière décennie du 17e siècle. Des esclaves amérindiens et noirs ont continué de travailler en Nouvelle-France jusqu’à la chute du Régime français. 

Dans une entente signée lors de la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne en 1760, il est écrit que les Amérindiens et les Noirs qui étaient esclaves sous les Français continueraient d’être esclaves sous les Britanniques. 

Il n’y a aucun doute que les colons français qui vivaient en Acadie, et les Français considéraient que le Nouveau-Brunswick faisait partie de l’Acadie, possédaient aussi des esclaves. 

Les premiers colons venus de Nouvelle-Angleterre pour s’installer dans la région formant le Nouveau-Brunswick actuel ont commencé à s’établir le long du fleuve Saint-Jean dès 1763. Certains de ces colons ont amené des esclaves avec eux.
La première preuve écrite de la présence de Noirs dans ces nouveaux établissements créés après 1763 remonte à 1767. Cette année-là, James Simonds qui s’était établi à l’embouchure du fleuve Saint-Jean a fait mention d’un domestique noir appelé West. Un recensement des établissements à l’embouchure du fleuve effectué en 1775 ne relève la présence d’aucune personne noire. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement qu’il n’y ait pas eu d’esclaves noirs dans la région. Il arrivait très souvent que les esclaves n'étaient pas considérés suffisamment importants pour être inscrits au rôle du recensement. Ils étaient considérés comme un bien et, en tant que tel, ils étaient souvent inclus dans l’inventaire des chevaux, des vaches, des bœufs et des autres biens personnels. 

Le plus grand nombre de personnes noires jamais venues au Nouveau-Brunswick sont arrivées dans les années 1783-1784 avec les loyalistes de l’Empire-Uni…Plusieurs centaines de Noirs accompagnaient les loyalistes. Certains sont venus en tant que esclaves ou serviteurs « engagés », d’autres en tant que Noirs affranchis ou loyalistes noirs. Dans leurs écrits, les loyalistes préféraient toujours faire allusion à des « domestiques » plutôt que des esclaves. Cependant, le statut de la majorité des Noirs inscrits à titre de « domestique » n’était certes pas différent de celui des personnes inscrites à titre d’esclave. Dans un rapport datant de 1784, on a établi à 1 232 le nombre de domestiques arrivés avec les loyalistes. Une deuxième liste fait état de 1 578 domestiques venus au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse avec les loyalistes. Il est raisonnable de supposer que la majorité de ces serviteurs était des Noirs. 

Des loyalistes célèbres ont amené des esclaves au Nouveau-Brunswick, notamment Gabriel G. Ludlow, premier maire de Saint John; le colonel Isaac Allen, juge à la Cour suprême; le colonel Edward Winslow, membre du Conseil exécutif du Nouveau-Brunswick puis juge à la Cour suprême, et un certain nombre de ministres de l’Église anglicane, tel James Scovil qui a amené deux esclaves avec lui à Kingston. 

Il y avait un établissement colonial au Nouveau-Brunswick où les propriétaires d’esclaves n’étaient pas particulièrement bienvenus : Beaver Harbour, dans le comté de Charlotte. Les fondateurs, tous membres de la société des Quakers, se sont ligués en 1783 et ont convenu de créer un établissement où aucun propriétaire d’esclave ne serait autorisé à s’y installer. Les mots « No Slave Masters Admitted » étaient écrits en gros caractères en haut de la page de leur convention. De plus, personne de l’établissement n’avait le droit de se livrer au commerce des esclaves sous aucun prétexte. Malheureusement, il ne s’agissait que d’un petit établissement et ses habitants n’ont pas réussi à faire accepter leur politique dans d’autres établissements de la province. En 1784, cet établissement quaker était probablement le seul en Amérique du Nord britannique où il était interdit d’avoir des esclaves. 

En plus du grand nombre d’esclaves ou de domestiques qui sont arrivés dans la province avec les loyalistes, il y avait des serviteurs noirs engagés. Ces personnes s’étaient engagées à servir des maîtres blancs, non pas à vie, mais pour une période déterminée, à titre d’ouvrier et de domestique. Ces serviteurs engagés étaient pour la plupart des Noirs qui avaient échappé à l’esclavage durant la Révolution américaine et s’étaient retrouvés dans la misère à New York à la fin de la guerre. Ils ont pu quitter New York avec les loyalistes et, afin d’obtenir des biens de première nécessité non fournis par les Britanniques, ils ont renoncé pour une certaine période à leur liberté nouvellement acquise en échange d'un salaire ou d’autres concessions.

Il est impossible de déterminer le nombre de serviteurs engagés qui sont venus au Nouveau-Brunswick avec les loyalistes. Il arrivait qu’un serviteur engagé découvre que son maître n’avait pas l’intention de respecter ses obligations; ce sont des cas où les maîtres ont vendu leurs serviteurs comme des esclaves. 

Malgré le peu d’information concernant les serviteurs noirs engagés, les documents conservés dans les bureaux de comté renferment quantité de preuves de l’existence généralisée de l’esclavage au Nouveau-Brunswick, particulièrement dans les quinze dernières années du 18e siècle. Vu que les esclaves étaient considérés comme des biens au même titre que la terre, l’ameublement de l’habitation, les outils et les ustensiles, le transfert des esclaves d’un maître à l'autre était généralement consigné par écrit. Les testaments ont déterminé le sort de nombreux esclaves. C’est ainsi qu’à Saint John en 1799 Munson Jarvis, un important marchand local, a vendu Abraham DePeyster « un homme nègre nommé Abraham et une femme nègre nommée Lucy ». La même année, George Harding de Maugerville a vendu à son fils James, pour la somme de 15 $, un garçon noir nommé Sippio. 

Bien qu’aucune loi n’ait jamais été adoptée au Nouveau-Brunswick pour légaliser l’esclavage, cette condition était considérée légale simplement parce qu’elle était reconnue dans d’autres colonies britanniques. 

(Traduction d’extraits de W. A. Spray, The Blacks in New Brunswick, Fredericton, Brunswick Press, 1972).


© W.A. Spray, St. Thomas University. Tous droits réservés.

Objectifs d'apprentissage

Les apprenants prendront conscience de la présence de résidants noirs au Nouveau-Brunswick dans la deuxième moitié du 18e siècle.

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