Quartier français, jour du Mardi Gras

Photo du Quartier français au jour du Mardi Gras.

Syndey Byrd 1998

© Syndey Byrd, 1998


Le Mardi Gras, journée où dominent partout costumes et défilés, est le festival le plus animé de Louisiane. D’origine européenne, cette tradition est maintenant une fête multiculturelle qui rappelle aussi les racines africaines et caraïbes de certains Louisianais. Le carnaval présente de nombreux visages - enjoué, comique, satirique, grotesque, cabotin, grave et sans façon - et propose au visiteur un séjour unique en son genre. De la simple observance de la journée en 1699 aux bals et aux défilés élaborés de notre époque, c’est l’histoire de la Louisiane que nous rappelle le Mardi Gras.

Plus de quatre-vingt villes et villages de Louisiane célèbrent le Mardi Gras. Dans la seule région métropolitaine de la Nouvelle-Orléans, les foules descendent dans la rue chaque année pour admirer plus de soixante-dix défilés. Le nombre des spectateurs peut varier : tantôt ce sont les quelques habitants d’une maison qui viennent accueillir les carnavaliers d’un courir rural, Pour en lire plus
Le Mardi Gras, journée où dominent partout costumes et défilés, est le festival le plus animé de Louisiane. D’origine européenne, cette tradition est maintenant une fête multiculturelle qui rappelle aussi les racines africaines et caraïbes de certains Louisianais. Le carnaval présente de nombreux visages - enjoué, comique, satirique, grotesque, cabotin, grave et sans façon - et propose au visiteur un séjour unique en son genre. De la simple observance de la journée en 1699 aux bals et aux défilés élaborés de notre époque, c’est l’histoire de la Louisiane que nous rappelle le Mardi Gras.

Plus de quatre-vingt villes et villages de Louisiane célèbrent le Mardi Gras. Dans la seule région métropolitaine de la Nouvelle-Orléans, les foules descendent dans la rue chaque année pour admirer plus de soixante-dix défilés. Le nombre des spectateurs peut varier : tantôt ce sont les quelques habitants d’une maison qui viennent accueillir les carnavaliers d’un courir rural, tantôt c’est un million de personnes qui attendent avec impatience le défilé de la confrérie Endymion à la Nouvelle-Orléans.

Les Louisianais organisent aussi des bals et des fêtes pendant le Carnaval : fais-do-dos (danses cajun) dans les petites villes ou bals élégants à Lafayette et à la Nouvelle-Orléans. Dans cette dernière ville, les sociétés du Carnaval commanditent l’un ou l’autre des quelque cents bals que l’on y donne.

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George Buck's Jazzology All Stars : The Second Line

GHB Jazz Foundation

© 1998 GHB Jazz Foundation


Arrêt pendant un fais-do-do, Church Point (Louisiane)

Photo prise lors d'un temps d'arrêt pendant un fais-do-do, Church Point (Louisiane).

Syndey Byrd 1998

© Syndey Byrd, 1998


Si les rites anciens et le carnaval possèdent certaines caractéristiques en commun, il n’existe pas de lien direct entre les deux. On peut retracer l’origine du carnaval moderne à l’époque médiévale en Europe, soit vers l’an 1140 ; le carnaval était fêté la veille du Carême. À cette époque, les fêtards romains participaient à une procession au terme de laquelle ils tuaient des bouvillons et d’autres animaux pendant une cérémonie publique, rituel qui a été repris par la célèbre coutume du boeuf gras à Paris. Le boeuf gras représente la saison de l’abondance, suivie de celle de la pénurie, dans le cycle de l’année. Le boeuf gras, qui a fait son apparition au carnaval de Nice en 1512, occupait une place importante dans les coutumes françaises, plus particulièrement à Paris. Le boeuf gras est devenu un symbole important du défilé de la confrérie Rex dans les années 1870, défilé auquel participait un boeuf. Absent entre les années 1909 et 1959, le boeuf gras est réapparu sous forme de sculpture de papier mâché et figure dans le défilé de la confrérie Rex de nos jours.

Le mot carnaval vient du latin carnelevare, qui veut dire « Pour en lire plus
Si les rites anciens et le carnaval possèdent certaines caractéristiques en commun, il n’existe pas de lien direct entre les deux. On peut retracer l’origine du carnaval moderne à l’époque médiévale en Europe, soit vers l’an 1140 ; le carnaval était fêté la veille du Carême. À cette époque, les fêtards romains participaient à une procession au terme de laquelle ils tuaient des bouvillons et d’autres animaux pendant une cérémonie publique, rituel qui a été repris par la célèbre coutume du boeuf gras à Paris. Le boeuf gras représente la saison de l’abondance, suivie de celle de la pénurie, dans le cycle de l’année. Le boeuf gras, qui a fait son apparition au carnaval de Nice en 1512, occupait une place importante dans les coutumes françaises, plus particulièrement à Paris. Le boeuf gras est devenu un symbole important du défilé de la confrérie Rex dans les années 1870, défilé auquel participait un boeuf. Absent entre les années 1909 et 1959, le boeuf gras est réapparu sous forme de sculpture de papier mâché et figure dans le défilé de la confrérie Rex de nos jours.

Le mot carnaval vient du latin carnelevare, qui veut dire « enlever la viande » et qui rappelle le sacrifice du Carême. La discipline de l’Église interdisait certaines pratiques pendant le Carême, notamment la consommation de viande, les cérémonies de mariage et les relations conjugales. Le carnaval est devenu l’occasion des dernières ripailles avant une période d’abnégation.

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Carnival-Boeuf Gras

Images du Carnival-Bœuf Gras (Scribner, nov. 1873) et char allégorique du bœuf gras du défilé de la confrérie Rex.

Syndey Byrd 1998

© Syndey Byrd, 1998


À la Nouvelle-Orléans, ce qui n’était que bals masqués à la fin du XVIIIe siècle était devenu un système complexe de célébrations à la fin du XIXe siècle.

Pendant la période d’avant-guerre, les bals masqués publics, les fêtes privées et les processions plus ou moins organisées composaient le menu du carnaval.

Dans une société où toutes sortes de groupes d’intérêts se faisaient concurrence - esclaves, hommes de couleur libres, propriétaires d’esclaves et immigrants irlandais et allemands - même le carnaval devenait prétexte à conflit. Dans les années 1850, le désordre prévalait : des garçons et des jeunes gens lançaient de la farine et de la boue aux carnavaliers. Certains demandaient l’abolition du Mardi Gras ; ce qui avait été une journée de fête était devenu symbole d’anarchie.

Le Mystick Krewe of Comus crée le système des confréries (krewe Pour en lire plus
À la Nouvelle-Orléans, ce qui n’était que bals masqués à la fin du XVIIIe siècle était devenu un système complexe de célébrations à la fin du XIXe siècle.

Pendant la période d’avant-guerre, les bals masqués publics, les fêtes privées et les processions plus ou moins organisées composaient le menu du carnaval.

Dans une société où toutes sortes de groupes d’intérêts se faisaient concurrence - esclaves, hommes de couleur libres, propriétaires d’esclaves et immigrants irlandais et allemands - même le carnaval devenait prétexte à conflit. Dans les années 1850, le désordre prévalait : des garçons et des jeunes gens lançaient de la farine et de la boue aux carnavaliers. Certains demandaient l’abolition du Mardi Gras ; ce qui avait été une journée de fête était devenu symbole d’anarchie.

Le Mystick Krewe of Comus crée le système des confréries (krewe)
La plupart des défilés et des bals du Carnaval de Nouvelle-Orléans sont commandités par des entités organisées appelées krewe en anglais (confréries). Les membres des confréries du XIXe siècle étaient tenus au secret, ce qui ajoutait au mystère. Au début, il s’agissait de groupes d’hommes de race blanche ; il existe maintenant des krewe d’Afro-américains, de femmes et d’enfants; certaines confréries comprennent des hommes et des femmes, d’autres comptent des membres de races et d’origines ethniques différentes.
Des rois et des reines président aux défilés et aux bals, mais le pouvoir véritable des confréries repose entre les mains du capitaine, qui supervise tous les événements. Dans certains cas, le capitaine exerce ses fonctions pendant une période définie, dans d’autres cas, il ou elle règne jusqu’à la retraite.

La survie du Mardi Gras se trouvant menacée, la confrérie Mistick Krewe of Comus s’est imposée pour faire revivre la fête en 1857.

La confrérie Comus s’est organisée dans le secret le plus strict, ce qui a contribué à l’atmosphère de mystère et à l’effet de surprise que les organisateurs du Carnaval essaient d’ailleurs de recréer depuis. Des messages codés, publiés dans les journaux de la Nouvelle-Orléans et portant la seule mention « MKC », informaient les membres de la tenue d’une réunion. Une société secrète composée uniquement d’hommes s’est ainsi créée et la confrérie n’a jamais révélé l’identité de celui qui personnifie «Comus» dans aucun de ses défilés ni de ses bals. Les adhérents formaient le Pickwick Club, auquel on pouvait dire appartenir, et qui servait de façade à la confrérie Mistick Krewe.

Les lampadaires au gaz de la Nouvelle-Orléans n’étaient pas suffisants pour les aspirations théâtrales de la confrérie Mistick Krewe of Comus, qui a présenté son premier défilé de nuit à la Nouvelle-Orléans en 1857. La confrérie a adopté la solution utilisée à Mobile, où la Cowbellion de Rakin Society défilait au flambeau depuis les années 1830. Ces flambeaux étaient constitués de simples lanternes de papier contenant une bougie et tenues au bout d’une perche. Depuis ce premier défilé de la confrérie Comus, des hommes d’origine africaine ont porté les flambeaux; aujourd’hui, des femmes se joignent à eux.

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Illustration de journal

Illustration de journal - Défilé de la confrérie Comus, 8 mai 1858.

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Invitation de la confrérie Comus, 1884

Image des invitations de la confrérie Comus, 1884.

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Coiffe de la Confrérie Comus

Coiffe de la confrérie Comus, fin du XIXe siècle.

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Allumage des flambeaux

Photo de l'allumage des flambeaux lors du éfilé de la confrérie Comus, 1992

Syndey Byrd 1998

© Syndey Byrd 1998


Affichant la devise « Pro Bono Publico » (pour le bien public), la confrérie Rex est la troisième des grandes confréries du Carnaval, après Comus et Twelfth Night Revelers, à ouvrir le Carnaval le 6 janvier. La confrérie Rex a réussi à faire accepter ses monarques comme roi et reine du Carnaval et son défilé de jour comme l’événement principal du Mardi Gras.

La confrérie Rex a fait son apparition en 1872 dans une cascade d’ « édits royaux » qui exigeaient des entreprises et des bureaux gouvernementaux qu’ils ferment leurs portes à 13 h la journée du Mardi Gras. Le défilé - qui ne comprenait aucun char - commençait dans le milieu de l’après-midi. Personnifiant Richard III, le roi Lewis J. Salomon traversait les foules monté sur son cheval. À la suite du défilé de la confrérie Rex, selon le Daily Picayune, « de trois à quatre cents personnes marchaient, déguisées en roi ou en paysan, en démon ou en saint, en Indien ou en nègre, en femme de bonne et de mauvaise vie, en clown et en harlequin, en oiseau, en bête et en poisson. »
Affichant la devise « Pro Bono Publico » (pour le bien public), la confrérie Rex est la troisième des grandes confréries du Carnaval, après Comus et Twelfth Night Revelers, à ouvrir le Carnaval le 6 janvier. La confrérie Rex a réussi à faire accepter ses monarques comme roi et reine du Carnaval et son défilé de jour comme l’événement principal du Mardi Gras.

La confrérie Rex a fait son apparition en 1872 dans une cascade d’ « édits royaux » qui exigeaient des entreprises et des bureaux gouvernementaux qu’ils ferment leurs portes à 13 h la journée du Mardi Gras. Le défilé - qui ne comprenait aucun char - commençait dans le milieu de l’après-midi. Personnifiant Richard III, le roi Lewis J. Salomon traversait les foules monté sur son cheval. À la suite du défilé de la confrérie Rex, selon le Daily Picayune, « de trois à quatre cents personnes marchaient, déguisées en roi ou en paysan, en démon ou en saint, en Indien ou en nègre, en femme de bonne et de mauvaise vie, en clown et en harlequin, en oiseau, en bête et en poisson. »

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Ornements du roi

Photo des ornements du roi, 1881, et coiffe, 1881.

LSM
American Association of Museums, Instituto Latinoamericano de Museología

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La Zulu Social Aid and Pleasure Club, première société afro-américaine à organiser un défilé à la Nouvelle-Orléans, a été fondée en 1909. Puisant leur inspiration dans une comédie musicale qu’ils avaient vue au Pythian Temple, les membres reprirent à leur compte une scène dans laquelle se trouvait un roi africain ; les exécutants étaient des Afro-américains déguisés en Noirs, type de divertissement populaire chez les Noirs du Sud à l’époque. Dès les débuts, le Zulu parodiait délibérément la monarchie blanche du carnaval. Vêtu de haillons en lambeaux, William Story, le premier roi zulu, imitait les manières d’un vagabond, pour respecter le nom original du groupe, les Tramps [NDT : clochards en anglais]. Les symboles habituels de la royauté, la couronne et le sceptre, étaient fabriqués avec une boîte de conserve et la tige d’un régime de bananes.

En 1914 et pendant quelques années après, la société Zulu rendait explicite sa satire du carnaval blanc en suivant directement le défilé de la confrérie Rex ; en 1928, le Louisiana Weekly Pour en lire plus
La Zulu Social Aid and Pleasure Club, première société afro-américaine à organiser un défilé à la Nouvelle-Orléans, a été fondée en 1909. Puisant leur inspiration dans une comédie musicale qu’ils avaient vue au Pythian Temple, les membres reprirent à leur compte une scène dans laquelle se trouvait un roi africain ; les exécutants étaient des Afro-américains déguisés en Noirs, type de divertissement populaire chez les Noirs du Sud à l’époque. Dès les débuts, le Zulu parodiait délibérément la monarchie blanche du carnaval. Vêtu de haillons en lambeaux, William Story, le premier roi zulu, imitait les manières d’un vagabond, pour respecter le nom original du groupe, les Tramps [NDT : clochards en anglais]. Les symboles habituels de la royauté, la couronne et le sceptre, étaient fabriqués avec une boîte de conserve et la tige d’un régime de bananes.

En 1914 et pendant quelques années après, la société Zulu rendait explicite sa satire du carnaval blanc en suivant directement le défilé de la confrérie Rex ; en 1928, le Louisiana Weekly , hebdomadaire afro-américain, annonçait en manchettes « Zulu Burlesque on Rex to be Most Elaborate Ever » (Burlesque de la confrérie Rex plus élaboré que jamais). Tout comme le roi du défilé de la confrérie Rex, roi blanc du carnaval, était arrivé par bateau au pied de la rue Canal, celui de la société Zulu arrivait par bateau sur le New Basin Canal. Le défilé de la société Zulu ridiculisait le caractère pompeux du défilé blanc en exploitant les perceptions blanches de la sauvagerie noire ; autrement dit, il récupérait les stéréotypes noirs. Dans son deuxième défilé, le roi du Zulu figurait déguisé en Noir, tradition qui est toujours en usage. En 1923, les membres de la société Zulu adoptaient leur costume de jupes confectionnées avec des herbes. Le groupe distribuait aussi des noix de coco comme souvenirs.

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Photo de l'arrivée en bateau du roi Zulu au New Basin Canal.

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Le défilé de la société Zulu dans la rue Canal.

Photo du défilé de la société Zulu sur la rue Canal.

Syndey Byrd 1998

© Syndey Byrd, 1998


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • décrire le Mardi Gras de la Louisiane dans un contexte historique et moderne;
  • identifier les aspect d’endroits ou de territoire qui influencent la tradition du Mardi Gras;
  • explorer comment l’intégration de communautés et de cultures diverses existent dans un contexte de célébration.

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