J’aimerais vous raconter maintenant une histoire vraie qui m’est arrivée à moi lorsque j’étais un jeune chasseur.

J’ai souvent voyagé très loin vers l’intérieur pour chasser et piéger. Je connais bien le pays et me déplace le plus souvent seul avec mes chiens. Un jour, étant parvenu à l’endroit où je voulais poser mes pièges, j’attachai mes chiens à leur chaîne et me mis en frais de me construire un abri en neige ; après quoi, je partis à pied prospecter les environs. C’était l’hiver et les journées étaient très courtes.
J’aimerais vous raconter maintenant une histoire vraie qui m’est arrivée à moi lorsque j’étais un jeune chasseur.

J’ai souvent voyagé très loin vers l’intérieur pour chasser et piéger. Je connais bien le pays et me déplace le plus souvent seul avec mes chiens. Un jour, étant parvenu à l’endroit où je voulais poser mes pièges, j’attachai mes chiens à leur chaîne et me mis en frais de me construire un abri en neige ; après quoi, je partis à pied prospecter les environs. C’était l’hiver et les journées étaient très courtes.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Je marchai longtemps sans être gêné par l’obscurité car, même la nuit, il y a toujours la lumière des étoiles pour s’éclairer. Toutefois, avant que je puisse regagner mon refuge, le vent s’était levé et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, s’était mué en un blizzard que nous appelons pilsitoaluk. Je continuai longtemps à marcher sans rien voir, mais en espérant à chaque pas que les aboiements de mes chiens me guideraient bientôt vers le salut. Hélas, c’est plutôt la fatigue qui me gagna et, m’étant assis, j’avais résolu de laisser le sommeil me porter jusque dans la mort.

Toutefois, j’avais à peine fermé les yeux que, à proximité de moi, un renard se mit à glapir. Soulevant tout juste une paupière, comme j’agitais le bras, je vis l’animal déguerpir, puis faire demi-tour pour revenir vers moi et se mettre à glapir de nouveau. Loin de l’éloigner, la moufle que je lançai alors dans Pour en lire plus
Je marchai longtemps sans être gêné par l’obscurité car, même la nuit, il y a toujours la lumière des étoiles pour s’éclairer. Toutefois, avant que je puisse regagner mon refuge, le vent s’était levé et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, s’était mué en un blizzard que nous appelons pilsitoaluk. Je continuai longtemps à marcher sans rien voir, mais en espérant à chaque pas que les aboiements de mes chiens me guideraient bientôt vers le salut. Hélas, c’est plutôt la fatigue qui me gagna et, m’étant assis, j’avais résolu de laisser le sommeil me porter jusque dans la mort.

Toutefois, j’avais à peine fermé les yeux que, à proximité de moi, un renard se mit à glapir. Soulevant tout juste une paupière, comme j’agitais le bras, je vis l’animal déguerpir, puis faire demi-tour pour revenir vers moi et se mettre à glapir de nouveau. Loin de l’éloigner, la moufle que je lançai alors dans sa direction le fit se rapprocher encore plus près de moi.

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Traîneau à chiens

Traîneau à chiens

Photographie d'Eric Loring.

© Eric Loring


Soudain, je me rappelai que ma grand-mère, qui était morte il y avait plusieurs années, s’appelait Terigoniak, et que ce nom voulait dire renard. Aussi, bien que près de la mort, je trouvai la force de me remettre debout et je suivis le renard qui, à cause du blizzard, avait ralenti le pas. Était-ce le jour ou était-ce la nuit ? Je n’aurais pas pu le dire.

Revenant sans cesse sur ses pas, puis reprenant sa progression en avant, le renard me maintint ainsi sur sa trace. J’étais exténué et n’arrivais plus à progresser qu’à tout petits pas, mais je ne renonçai pas. Combien de temps nous cheminâmes ainsi, je ne pourrais vraiment pas le dire.
Soudain, je me rappelai que ma grand-mère, qui était morte il y avait plusieurs années, s’appelait Terigoniak, et que ce nom voulait dire renard. Aussi, bien que près de la mort, je trouvai la force de me remettre debout et je suivis le renard qui, à cause du blizzard, avait ralenti le pas. Était-ce le jour ou était-ce la nuit ? Je n’aurais pas pu le dire.

Revenant sans cesse sur ses pas, puis reprenant sa progression en avant, le renard me maintint ainsi sur sa trace. J’étais exténué et n’arrivais plus à progresser qu’à tout petits pas, mais je ne renonçai pas. Combien de temps nous cheminâmes ainsi, je ne pourrais vraiment pas le dire.

© 2000, RCIP. Tous droits réservés.

Soudain, j’entendis la voix de mes chiens et, presque au même moment, je trébuchai sur l’abri de neige qui était devant moi et que, jusque-là, le blizzard m’avait dissimulé. Titubant, j’en franchis la porte et, m’étendant sur les peaux de caribou qui j’y avais précédemment disposées en guise de couvertures, je m’endormis.

Après de longues heures de sommeil, je me réveillai. Il faisait nuit, mais les étoiles étaient de nouveau visibles. Je me fis du thé que je bus, puis mangeai un morceau de viande gelée pour reprendre des forces. Je suis aujourd’hui un vieillard, mais je sais que c’est l’esprit vivant de ma défunte grand-mère qui m’a ainsi sauvé d’une mort certaine. Aussi, pendant tout le reste de ma longue vie, n’ai-je plus essayé, dans mes pièges, d’attraper des renards.
Soudain, j’entendis la voix de mes chiens et, presque au même moment, je trébuchai sur l’abri de neige qui était devant moi et que, jusque-là, le blizzard m’avait dissimulé. Titubant, j’en franchis la porte et, m’étendant sur les peaux de caribou qui j’y avais précédemment disposées en guise de couvertures, je m’endormis.

Après de longues heures de sommeil, je me réveillai. Il faisait nuit, mais les étoiles étaient de nouveau visibles. Je me fis du thé que je bus, puis mangeai un morceau de viande gelée pour reprendre des forces. Je suis aujourd’hui un vieillard, mais je sais que c’est l’esprit vivant de ma défunte grand-mère qui m’a ainsi sauvé d’une mort certaine. Aussi, pendant tout le reste de ma longue vie, n’ai-je plus essayé, dans mes pièges, d’attraper des renards.

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Hamoyalok

Le conteur : Hamoyalok.

Photographie de W. Kemp

© W. Kemp


Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :
  • raconter l’histoire du chasseur inuit et du renard ;
  • rapprocher cette histoire contemporaine d’histoires tirées de leurs propres expériences de vie ;
  • imaginer les expériences de vie du peuple inuit dans son environnement.

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