Bonjour, je suis Monsieur Jean Leviolon. Je viens tout juste d’avoir une conversation intéressante avec Monique. Elle me disait qu’elle m’a choisi parmi tous les autres instruments parce que j’ai une apparence élégante même si je suis vieux. Elle voulait que je joue pour elle mais, dernièrement, mon archet me fait plus mal que d’habitude, alors je n’ai pas pu.

Mon archet est la pièce qu’on frotte sur mes cordes pour produire la musique. Je disais à Monique qu’il est fait d’une pièce de bois sculpté et de crins de cheval mais elle ne m’a pas cru. Cependant, c’est bien vrai. Moi-même je suis construit de 80 pièces de bois sculpté et verni avec soin.

Nous parlions, Monique et moi, de mes ancêtres qui sont nés en Italie au XVIe siècle. Ils ont été créés par les luthiers. Aujourd’hui, mes cousins sont les premières étoiles des orchestres symphoniques.

Mon maître était Andy De Jarlis qui était un violoneux fa Pour en lire plus
Bonjour, je suis Monsieur Jean Leviolon. Je viens tout juste d’avoir une conversation intéressante avec Monique. Elle me disait qu’elle m’a choisi parmi tous les autres instruments parce que j’ai une apparence élégante même si je suis vieux. Elle voulait que je joue pour elle mais, dernièrement, mon archet me fait plus mal que d’habitude, alors je n’ai pas pu.

Mon archet est la pièce qu’on frotte sur mes cordes pour produire la musique. Je disais à Monique qu’il est fait d’une pièce de bois sculpté et de crins de cheval mais elle ne m’a pas cru. Cependant, c’est bien vrai. Moi-même je suis construit de 80 pièces de bois sculpté et verni avec soin.

Nous parlions, Monique et moi, de mes ancêtres qui sont nés en Italie au XVIe siècle. Ils ont été créés par les luthiers. Aujourd’hui, mes cousins sont les premières étoiles des orchestres symphoniques.

Mon maître était Andy De Jarlis qui était un violoneux fameux du Manitoba. Il me ramassait doucement en me plaçant sous son menton. Il prenait mon archet et le glissait sur mes cordes pour me faire chanter. Nous avons souvent joué comme ça à la radio et à la télévision. J’avais le plus de plaisir lorsqu’on allait à des fêtes et des soirées sociales puisque tous les gens dansaient et rigolaient avec joie.

Mon maître a été le premier Canadien à gagner le prix de la Broadcast Music Canada. Il a écrit 200 compositions dans sa vie.

Malheureusement, Monique voulait que je joue pour elle puisqu’elle voulait danser, mais personne ne me joue aujourd’hui depuis que mon maître est décédé, et je suis très fragile à cause de vieillesse. Je vis maintenant au Musée de Saint-Boniface.

Je manque les jours de ma jeunesse où on m’appelait le « coeur de l’orchestre » , mais maintenant c’est à mes petits-cousins de jouer.

Signé, Jean Leviolon

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Violon

Violon : devant en épinette; côtés, dos, cou et tête en érable ondé, clés en bois de rose; touche et queue en ébène Archet : buis, pointe en ivoire, queue en ébène avec du nacre de perle

John Kuzek, Prague, Tchécoslovaquie
Musée de Saint Boniface, Canada
XXe siècle
Violon : 20,5x9x60 cm Archet : 2,8x1,2x75cm
© Musée de Saint Boniface, Canada


J’avoue dès le début que je suis une fille chanceuse et privilégiée. J’ai choisi cet instrument à cordes, le violon, car je le connais bien. Je ne pouvais pas rester à Tanger avec ma tante, parce que j’avais une autre tante qui était professeur de piano au Conservatoire de Musique à Chefchaouen. Elle a remarqué que j’aimais la musique. Quand j’étais petite et chaque fois que j’entendais ma tante jouer du piano, je descendais du premier étage pour l’écouter. Je m’intéressais aussi à la chanson, dont je regardais des émissions à la télévision. J'ai assisté pendant trois ans à des spectacles musicaux en compagnie de ma tante. Comme la musique, m'attirait de plus en plus, ma tante m’a inscrite au Conservatoire de Musique en 1997 afin que j'apprenne les rudiments de la musique et la musique andalouse. En dehors de mes cours, ma tante m’aidait à répéter trois heures par jour à la maison. Elle testait mes aptitudes en musique andalouse aux niveaux de la voix, de l Pour en lire plus
J’avoue dès le début que je suis une fille chanceuse et privilégiée. J’ai choisi cet instrument à cordes, le violon, car je le connais bien. Je ne pouvais pas rester à Tanger avec ma tante, parce que j’avais une autre tante qui était professeur de piano au Conservatoire de Musique à Chefchaouen. Elle a remarqué que j’aimais la musique. Quand j’étais petite et chaque fois que j’entendais ma tante jouer du piano, je descendais du premier étage pour l’écouter. Je m’intéressais aussi à la chanson, dont je regardais des émissions à la télévision. J'ai assisté pendant trois ans à des spectacles musicaux en compagnie de ma tante. Comme la musique, m'attirait de plus en plus, ma tante m’a inscrite au Conservatoire de Musique en 1997 afin que j'apprenne les rudiments de la musique et la musique andalouse. En dehors de mes cours, ma tante m’aidait à répéter trois heures par jour à la maison. Elle testait mes aptitudes en musique andalouse aux niveaux de la voix, de l’interprétation et du rythme. Ce fut une expérience très importante. Elle aurait pu m'apprendre le piano, puisqu’elle en avait un chez elle, et moi aussi je l’apprécie, mais le violon était mon instrument préféré. Petite fille, j’étais déjà capable de tenir longtemps l’archet tout en me concentrant sur les notes et le rythme. De plus, le violon est un instrument petit et léger que je peux amener partout pour m’amuser avec mes amies.

Comme j'étais amateur et au stade d'apprentissage, je ne connaissais pas bien l'histoire et l'évolution du violon.

Comme je l’ai déjà dit, j’ai été élevée parmi des gens qui adorent la musique. L’une de mes tantes aimait beaucoup la musique andalouse ; la deuxième était une étudiante au Conservatoire et la troisième m’enseignait la musique à la maison et au Conservatoire. Alors, pourquoi ne pas devenir moi même une violoniste ? On organisait des fêtes de famille chez nous. Ma « dikr » religieuses faisant l’éloge du prophète Mohammed, et c’est pour cette raison qu’elle encouragea ma tante à organiser des réunions religieuses où l’on jouait de la musique andalouse et l’on chantait des chants soufis. Sans oublier que ma tante m’achetait de temps à autre des boucles d’oreilles ou des vêtements. Sur le plan culturel, pour m’encourager intellectuellement, ma tante m’acheta un violon quand j’ai réussi au Conservatoire. Je voulais aussi me distinguer de mes camarades et être meilleure qu’elles. J’avais aussi le désir de percer dans le monde de la musique.

Je savais que le violon était utilisé en musique andalouse, et j’en jouais pendant mes exercices et lors de spectacles musicaux. Il est également utilisé en musique classique. À part le violon, je n’ai pas eu l’occasion d’apprendre sincèrement quelque chose sur d'autres genres musicaux.

Je ne crois pas que le violon existe sous une autre forme que celle que nous connaissons. Mais, je peux dire qu’il est largement utilisé au Maroc, parce que c’est un instrument admiré par l'élite, les musiciens et les gens fortunés.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Violon2

Violon

Orient

Centre d'études et de recherches andalouses

Bois de pin
Lo : 58,5 cm, Arc : 70 cm
© Centre d'études et de recherches andalouses


Le violon est un instrument à cordes dont le son est produit par le frottement de ces quatre cordes avec un archet. Sculpté avec précision, il est fait de 80 pièces en bois.

C’est en Italie au XVIe siècle que les luthiers ont modifié la viole pour en faire l’instrument qu’on connaît comme étant le violon. Il s’est vite trouvé au premier rang des instruments de l’orchestre symphonique. Sa forme a peu changé en quatre siècles.

Fabriqué en Tchécoslovaquie au XXe siècle selon le modèle de Guarneri, ce violon a appartenu à Andy De Jarlis (né André Desjarlais), violoneux de réputation nationale. « Violoneux » désigne une personne qui joue de la musique folklorique au violon, de tradition populaire plutôt que classique. Empruntant des Écossais, des Français et des Métis, cette tradition retrace ses origines à l’époque de la traite des fourrures dans l’Ouest canadien.

Andy De Jarlis est né &agra Pour en lire plus
Le violon est un instrument à cordes dont le son est produit par le frottement de ces quatre cordes avec un archet. Sculpté avec précision, il est fait de 80 pièces en bois.

C’est en Italie au XVIe siècle que les luthiers ont modifié la viole pour en faire l’instrument qu’on connaît comme étant le violon. Il s’est vite trouvé au premier rang des instruments de l’orchestre symphonique. Sa forme a peu changé en quatre siècles.

Fabriqué en Tchécoslovaquie au XXe siècle selon le modèle de Guarneri, ce violon a appartenu à Andy De Jarlis (né André Desjarlais), violoneux de réputation nationale. « Violoneux » désigne une personne qui joue de la musique folklorique au violon, de tradition populaire plutôt que classique. Empruntant des Écossais, des Français et des Métis, cette tradition retrace ses origines à l’époque de la traite des fourrures dans l’Ouest canadien.

Andy De Jarlis est né à Woodridge, au Manitoba, en 1914. Il est descendant d’une famille de violoneux métis. Il compte parmi ses ancêtres, Pierre Falcon, surnommé le « barde de la Rivière-Rouge ». Andy De Jarlis est initié au violon à l’âge de 15 ans. En 1934, il déménage à Winnipeg, et à partir de 1937, il joue sur les ondes de la radio à Winnipeg accompagné des Red River Mates. Sa carrière l’amène à Vancouver et ensuite à Montréal où il fait des émissions pour la télévision avec son orchestre The Early Settlers. Il revient à Winnipeg où il divertit les gens dans les soirées sociales et les fêtes.

En 1969, il est le premier Canadien à remporter le prix annuel de la Broadcast Music Canada Inc. À son décès en 1975, M. De Jarlis compte à son actif plus de 200 compositions musicales (gigues, reels, polkas et valses) ainsi que plus de 38 disques enregistrés.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Par sa forme identique dans tous les pays comme par sa constitution, son bois toujours le même, le violon est surtout fidèle à ses cordes et son jeu avec un archet - une exception peut-être : le type ultra-moderne, en bois et en fer, le violon électronique qui s’est imposé jusque dans la musique arabe et la musique classique. Les élèves des Conservatoires sont nombreux à s’intéresser au violon pour sa riche diversité et sa rigueur ; les joueurs de piano, de guitare ou de percussion : terr et derbouka notamment - ne peuvent le jouer étant donné sa difficulté, ce qui exige de commencer très jeune l’apprentissage; à noter aussi qu’il exige également avec une énergie considérable liée au port de l’instrument sur l’épaule et le travail de la main levée au moment de l’exécution d’une partition, une forte concentration et une sensibilité d’écoute considérable à la sonorité de l’instrument.

Le plus ancien violon du monde est, a Pour en lire plus

Par sa forme identique dans tous les pays comme par sa constitution, son bois toujours le même, le violon est surtout fidèle à ses cordes et son jeu avec un archet - une exception peut-être : le type ultra-moderne, en bois et en fer, le violon électronique qui s’est imposé jusque dans la musique arabe et la musique classique. Les élèves des Conservatoires sont nombreux à s’intéresser au violon pour sa riche diversité et sa rigueur ; les joueurs de piano, de guitare ou de percussion : terr et derbouka notamment - ne peuvent le jouer étant donné sa difficulté, ce qui exige de commencer très jeune l’apprentissage; à noter aussi qu’il exige également avec une énergie considérable liée au port de l’instrument sur l’épaule et le travail de la main levée au moment de l’exécution d’une partition, une forte concentration et une sensibilité d’écoute considérable à la sonorité de l’instrument.

Le plus ancien violon du monde est, avec son archet, celui découvert en Inde remontant à quelque 5000 ans avant J.-C.. Avec deux ou trois cordes, le Ravaston est un modèle connu. Au premier siècle après J.-C., les arabes ont inventé le rebab avec ses quatre cordes, lequel a évolué au Machreq, transitant dans la péninsule indienne jusqu’en Europe ou il est baptisé viola. L’actuel violon est tout à fait différent des violes classiques ou viole de gambe; les premiers représentants de la famille du violon sont nés au début du XVIe siècle sous la dénomination de « viole de braccio ». Au XVIIe siècle, il connut une nouvelle évolution avec l’arrivée d’un instrument d’un type plus réduit (avec 4 cordes) appelé violina en italien, violon en français et violin en anglais.

Le violon se tient avec la main gauche, posé sur l’épaule, la main droite est utilisée pour tenir l’archet et ce, contrairement à la façon traditionnelle populaire au Maroc où l’instrument est tenu sur la cuisse en position verticale.

Le violon comprend quatre cordes accordées par quintes / chevalet plus haut et plus arqué supportant une plus forte tension des cordes / touches lisses sous les cases / caisse très échancrée sur les côtes en forme de C avec des angles accentués, le fond et la table sont légèrement bombés.

La qualité de l’instrument reflète la qualité du bois précieux composant la caisse de résonance, la perfection du travail et le respect des rapports précis des formes et de la matière. Le Tirol et le Nord de l’Italie se sont illustrés dès le départ dans la fabrication du violon. Les Amati ayant été la famille la plus célèbre parmi celles qui sont illustrées dans ce métier aux XVIe et XVIIe siècles. Les Cremona puis les Stradivari font accéder au XVIIIe siècle la fabrication du violon à un niveau encore inégalé ; elles demeurent jusqu’à l’heure actuelle des références en matière de qualité et de perfection. Le violon continue d’occuper une place privilégiée dans l’art musical ; son pouvoir sur la sensibilité fait de lui le roi de tous les instruments de musique dans la traduction des sentiments et de la conscience. Le poète allemand Haïni n’a pu mieux dire à ce sujet : « c’est l’instrument des tempéraments humains par excellence, exprime la conscience du violoniste révèle les secrets de ses sentiments, arrivant à traduire de manière aussi claire que parfaite ses moindres penchants et ses émotions les plus subtiles. Mis sur la poitrine du musicien au moment de l’interprétation, l’instrument arrive à transporter sur ses cordes les battements de son coeur ».

L’utilisation du violon, en soliste et en orchestre est aujourd’hui si courante qu’on a peine à croire au mépris dont le violon fut l’objet durant trois quarts de siècle. Au XVIe siècle, on le trouvait bruyant, aigre et tout juste bon à faire danser les clients de tavernes. Les premiers exemples de musique écrite sans équivoque pour les violons sont de provenance italienne : concerti à 6-16 voci (voix) de Gabriel Gabrieli (1587) et Orfeo de Monteverdi (1607).

Le violon joue un rôle important dans les orchestres de musique classique (symphonique) dans diverses compositions musicales : le concerto avec orchestre, la sonate, l’ouverture, les suites, les danses classiques, la musique de chambre. Au Maroc, il est présent dans la musique al Ala appelée, « musique andalouse » et dans le malhoun « poésie populaire »; en tant que patrimoine musical de la culture marocaine, la musique andalouse et le malhoun sont enseignés avec leurs diverses gammes, modes, noubas et mesures, selon des principes rigoureux bien définis. On sait par ailleurs que le violon est très présent dans la musique populaire traditionnelle, les danses folkloriques arabes et berbères, comme dans la musique de variétés et la musique marocaine moderne.


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Violon : audio

Violon : audio

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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