Dans l’atelier de mon grand-père il y a beaucoup de vieilles choses qui éveillent des souvenirs d’enfance. Je me revois sur les genoux du vieux, en poussant des cris de joie. Je me revois surtout en le regardant furtivement par les trous des palissades pendant les grands repas nuptiaux - dans des cours où l’entrée des enfants était défendue pour la circonstance -, la contrã à la main, en accompagnant mon oncle violoniste.

Alors, la contrã ne me semblait pas trop différent d’aspect du violon. Mais ses sonorités étaient nettement plus fortes - on aurait pu croire qu’elles étaient produites par un orchestre à cordes ! Plus tard, j’ai constaté qu’il était grand, plus grand et plus épais que les contras que j’avais vus en ville. Pourquoi ? C’est toujours mon grand-père qui me fit comprendre :

« Quand j’étais jeune, j’accompagnais avec un violon normal. Mais je n’étais pas content. Il me fallait un instrument dont les sons remplissent la cour, qui a Pour en lire plus
Dans l’atelier de mon grand-père il y a beaucoup de vieilles choses qui éveillent des souvenirs d’enfance. Je me revois sur les genoux du vieux, en poussant des cris de joie. Je me revois surtout en le regardant furtivement par les trous des palissades pendant les grands repas nuptiaux - dans des cours où l’entrée des enfants était défendue pour la circonstance -, la contrã à la main, en accompagnant mon oncle violoniste.

Alors, la contrã ne me semblait pas trop différent d’aspect du violon. Mais ses sonorités étaient nettement plus fortes - on aurait pu croire qu’elles étaient produites par un orchestre à cordes ! Plus tard, j’ai constaté qu’il était grand, plus grand et plus épais que les contras que j’avais vus en ville. Pourquoi ? C’est toujours mon grand-père qui me fit comprendre :

« Quand j’étais jeune, j’accompagnais avec un violon normal. Mais je n’étais pas content. Il me fallait un instrument dont les sons remplissent la cour, qui aillent même plus loin, qui poussent les gens à la danse !... Alors j’ai acheté cette contrã d’un voisin qui en fabriquait à la maison : on voyait d’un coup qu’il est plus robuste. C’est toujours lui qui m’avait vendu cet archet court, ce chevalet « droit » et les trois cordes. D’ailleurs c’était toujours lui qui préparait les cordes, de boyaux de poule, oints avec de l’ail et séchés lentement, sur un dispositif spécial. » Impatiente, j’ai voulu voir le dispositif. « Non, ce n’est plus possible. Mon voisin est mort, ses enfants ont déménagé en ville. Aujourd’hui, les musiciens achètent leurs cordes dans les magasins ».

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Contra

La contrã (ou la brace)

Ville de Carei, région de Satu Mare, constructeur - Dumitru Iederan
Musée du paysan roumain, Roumanie
vers 1991
Bois, cordes métalliques
Instrument: 66x24cm, H: 6cm, Archet : 46x3cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


La contrã (ou la brace) est l'alto d'accompagnement utilisé par les musiciens populaires de Transylvanie (province du Nord-Ouest de la Roumanie) dans leur musique de taraf (petit ensemble de musique traditionnelle). L'instrument est soit manufacturé par un luthier (comme dans ce cas, où le constructeur est Dumitru Iederan de la ville de Carei), soit acheté au magasin et aménagé ultérieurement.

Le chevalet de la contrã est moins haut que d'habitude. Sur sa courbure aplatie, trois cordes sont tendues, rapprochées l'une de l'autre (la - ré - sol). Un archet court et grossier permet l'attaque des trois cordes à la fois. Par une doigté simple, en première position, l'instrumentiste exécute les accords exclusivement majeurs (en diverses positions) dont il a besoin.

La contrã utilise deux types d'accompagnement : l'un pour les mélodies en rythme libre (chansons, chant rituels, mélodies pastorales), l'autre pour les mélodies de danse. L'accompagnement « libre » est une succession d'accords obtenus par les mouvements irr&ea Pour en lire plus

La contrã (ou la brace) est l'alto d'accompagnement utilisé par les musiciens populaires de Transylvanie (province du Nord-Ouest de la Roumanie) dans leur musique de taraf (petit ensemble de musique traditionnelle). L'instrument est soit manufacturé par un luthier (comme dans ce cas, où le constructeur est Dumitru Iederan de la ville de Carei), soit acheté au magasin et aménagé ultérieurement.

Le chevalet de la contrã est moins haut que d'habitude. Sur sa courbure aplatie, trois cordes sont tendues, rapprochées l'une de l'autre (la - ré - sol). Un archet court et grossier permet l'attaque des trois cordes à la fois. Par une doigté simple, en première position, l'instrumentiste exécute les accords exclusivement majeurs (en diverses positions) dont il a besoin.

La contrã utilise deux types d'accompagnement : l'un pour les mélodies en rythme libre (chansons, chant rituels, mélodies pastorales), l'autre pour les mélodies de danse. L'accompagnement « libre » est une succession d'accords obtenus par les mouvements irréguliers et relativement doux de l'archet sur les cordes.

L'accompagnement des mélodies de danse (Româneste, Fecioreste, De învârtit etc.) se développe en croches et/ou croches pointues, précises et énergiquement soulignées. La direction de l'archet change après chaque groupe de deux croches/croches pointues.

La contrã fait souvent bon couple avec la contrebasse (toujours légèrement préparée). Pendant les fêtes populaires (noces, danses dominicales, etc.) elle accompagne - seule ou en coopération avec d'autres instruments - les mélodies exécutées par un ou plusieurs violons communs (ceterã). Les danseurs ne peuvent pas se passer d'elle sans se tromper de pas.


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Contrã : audio

Contrã : audio

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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