Depuis des années, nous passons en été quelques jours dans un petit village en haute montagne. Le calme de la forêt séculaire, l'hospitalité des montagnards nous font oublier la course tumultueuse de la grande ville. Nous abandonnons la voiture et nous suivons un sentier abrupt. Et, inévitablement, à un moment, entre le ronron des ruisseaux et le chant des oiseaux, on entend se glisser furtivement un air mélodieux. Bien que triste, il nous réjouit, parce que cela signifie que le village n'est plus loin, que le vieux berger est toujours vivant et que, assis sur une souche, il joue de sa gadoulka.

Mais cette année, il n'y était pas. L'automne approchait, le jour s'éteignait et la montagne semblait déserte. Saisis d'angoisse, nous avons pressé le pas et...nous avons poussé un soupir de soulagement : une mélodie gaie arrivait d'un hangar vivement éclairé. Tout le village y était réuni. Les femmes tricotaient ou filaient, les hommes se racontaient des histoires vécues ou imaginées, les filles faisaient de la brod Pour en lire plus

Depuis des années, nous passons en été quelques jours dans un petit village en haute montagne. Le calme de la forêt séculaire, l'hospitalité des montagnards nous font oublier la course tumultueuse de la grande ville. Nous abandonnons la voiture et nous suivons un sentier abrupt. Et, inévitablement, à un moment, entre le ronron des ruisseaux et le chant des oiseaux, on entend se glisser furtivement un air mélodieux. Bien que triste, il nous réjouit, parce que cela signifie que le village n'est plus loin, que le vieux berger est toujours vivant et que, assis sur une souche, il joue de sa gadoulka.

Mais cette année, il n'y était pas. L'automne approchait, le jour s'éteignait et la montagne semblait déserte. Saisis d'angoisse, nous avons pressé le pas et...nous avons poussé un soupir de soulagement : une mélodie gaie arrivait d'un hangar vivement éclairé. Tout le village y était réuni. Les femmes tricotaient ou filaient, les hommes se racontaient des histoires vécues ou imaginées, les filles faisaient de la broderie et les garçons les taquinaient. Et par dessus les bavardages et les rires s'élevait l'air gai de la gadoulka qui chantait la joie de vivre. C'était une de ces veillées que les villageois organisent souvent pour travailler et s'amuser ensemble.

Le visage du vieux berger semblait rajeuni.
« Grand-père, lui ai-je dit, je croyais que ta gadoulka ne savait que pleurer ».
« Elle est comme les hommes, m'a-t-il répondu. Elle pleure dans la solitude. Mais entourée de gens heureux, elle s'en donne à coeur-joie ».



© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Gadoulka

Gadoulka

Gabrovo

Lycée privé de langues étrangères Alexandre Dumas, Bulgarie
vers 1992
noyer, épicéa, métal, cornouiller, de queue de cheval
© Lycée privé de langues étrangères Alexandre Dumas, Bulgarie


C'est un instrument populaire bulgare, de la famille des cordophones, de construction simple, connu surtout dans les régions de la Thrace, du Balkan et du Centre du pays. On produit des sons en frottant sur ses cordes avec un archet.

La gadoulka a la forme d'une poire au cou allongé, se terminant par une « tête », le tout taillé dans un seul morceau de bois (sycomore, noyer, poirier). Son corps est creux et représente une caisse résonnante. Dans la « tête » sont plantées trois chevilles où s'enroulent les cordes, supportées par le chevalet et retenues par le cordier. Dans la surface supérieure du corps sont découpées deux ouvertures (ouïes) qui permettent à l'air de l'intérieur d'entrer en contact avec l'air de l'extérieur. À droite du chevalet, dans la caisse, est placée une petite baguette de bois, appelée « âme » qui communique les vibrations des cordes à l'air enfermé.

L'archet a la forme d'un arc. Sa baguette est en cornouiller ou en saule, ses crins sont de queue Pour en lire plus

C'est un instrument populaire bulgare, de la famille des cordophones, de construction simple, connu surtout dans les régions de la Thrace, du Balkan et du Centre du pays. On produit des sons en frottant sur ses cordes avec un archet.

La gadoulka a la forme d'une poire au cou allongé, se terminant par une « tête », le tout taillé dans un seul morceau de bois (sycomore, noyer, poirier). Son corps est creux et représente une caisse résonnante. Dans la « tête » sont plantées trois chevilles où s'enroulent les cordes, supportées par le chevalet et retenues par le cordier. Dans la surface supérieure du corps sont découpées deux ouvertures (ouïes) qui permettent à l'air de l'intérieur d'entrer en contact avec l'air de l'extérieur. À droite du chevalet, dans la caisse, est placée une petite baguette de bois, appelée « âme » qui communique les vibrations des cordes à l'air enfermé.

L'archet a la forme d'un arc. Sa baguette est en cornouiller ou en saule, ses crins sont de queue de cheval. Les cordes sont faites de boyaux d'agneau ou de métal. Leur nombre (trois ou quatre) varie dans les différentes régions du pays. Leur accord est aussi différent.

Les gadoulkas contemporaines possèdent de 7 à 10 cordes supplémentaires. Elles sont plus minces, disposées à un niveau plus bas que les autres et rendent plus fort le résonnement de l'instrument.

L'interprète produit des sons en appuyant sur la première corde avec l'ongle et sur les deux autres par le bout des doigts. Le timbre de l'instrument est semi-flageolant, doux et très agréable. Le volume du son de la gadoulka n'est pas très grand. De nos jours, certains interprètes font sur la gadoulka des improvisations de jazz et de musique moderne.


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Gadoulka : audio

Gadoulka : audio

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
Canadian Heritage Information Network, Centre des recherches et études andalouses, Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, Musée de la musique, Laboratoire de recherche des musiques du monde, Musée acadien de l'Université de Moncton, Canadian Museum of Civilization, Musée d'art et d'archéologie de l'Université d'Antananarivo, Musée ethnographique Alexandre Sènou Adande, Musée national du Mali, St. Boniface Museum, Lycée de langues étrangères Alexandre Dumas, Museum of the Romanian Peasant

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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