Les gens associent le nom de la cobzã à celui d’un fameux musicien roumain du début du XIXe siècle : Barbu Lãutaru (Barbu le Ménétrier). Il paraît que, pendant l’une de ses tournées artistiques en Moldavie, Franz Liszt l’avait connu dans la maison d’un riche propriétaire de terres. Après l’avoir entendu, Liszt lui avait dit: « Mon cher Barbu, tu es plus grand que moi ! ». Barbu Lãutarul jouait alors du violon, mais - comme tout bon musicien populaire - il maniait tout aussi bien la cobzã, en tant qu’instrument mélodique.

Les deux siècles suivants, la cobzã - instrument à cordes pincées d’origine orientale, apparenté au tamboura turque - a eu un sort inattendu. D’abord, elle a été repoussée par la classe nobiliaire (qui commençait alors à préférer la musique européenne). En même temps, elle a été adoptée par les bourgeois et des gens communs des villes. Plus tard, la cobzã est &laqu Pour en lire plus
Les gens associent le nom de la cobzã à celui d’un fameux musicien roumain du début du XIXe siècle : Barbu Lãutaru (Barbu le Ménétrier). Il paraît que, pendant l’une de ses tournées artistiques en Moldavie, Franz Liszt l’avait connu dans la maison d’un riche propriétaire de terres. Après l’avoir entendu, Liszt lui avait dit: « Mon cher Barbu, tu es plus grand que moi ! ». Barbu Lãutarul jouait alors du violon, mais - comme tout bon musicien populaire - il maniait tout aussi bien la cobzã, en tant qu’instrument mélodique.

Les deux siècles suivants, la cobzã - instrument à cordes pincées d’origine orientale, apparenté au tamboura turque - a eu un sort inattendu. D’abord, elle a été repoussée par la classe nobiliaire (qui commençait alors à préférer la musique européenne). En même temps, elle a été adoptée par les bourgeois et des gens communs des villes. Plus tard, la cobzã est « descendue » dans les villages. Les paysans l’ont adoptée avec plaisir et l’ont utilisée pendant leurs petites fêtes de famille. Ceux qui la maniaient étaient aussi chanteurs. Vers le début de ce siècle, les musiciens professionnels des villages de Valachie et de Moldavie en ont fait leur principal instrument d’accompagnement. Mais, comme la cobzã n’était pas assez puissante, ils l’ont remplacé vite par le tambal (cymbalum). C’est ainsi qu’a commencé la vraie déchéance de ce merveilleux instrument.

Aujourd’hui, la cobzã est rare. Quoique que les grands ensembles folkloriques d’état lui en font depuis longtemps la promotion, la cobzã reste l’instrument des vieillards nostalgiques ou des quelques jeunes qui ont du goût pour un passé considéré glorieux.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Cobzã (luth oriental)

La cobzã (luth oriental)

Fabrique Doina
Musée du paysan roumain, Roumanie
vers 1960
Bois, cordes métalliques
50 cm x 28 cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


Cobzã (luth oriental) 2

La cobzã (luth oriental)

Fabrique Doina
Musée du paysan roumain, Roumanie

Bois, cordes métalliques
50 cm x 28 cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


La cobzã, instrument cordophone de la famille du luth oriental, existe dans les provinces du Sud et de l’Est de la Roumanie (la Moldavie, la Valachie et l’Olténie du Sud) depuis plusieurs centaines d’années. (On la voit déjà sur les peintures murales des églises du XVIe siècle). Très présente dans les villes et les villages jusqu’au début de ce siècle, elle est graduellement remplacée dans les ensembles populaires traditionnels (taraf) par le cymbalum (tambal).

De nos jours, il reste peu de cobzã et de joueurs de cobzã. Ces derniers font généralement partie des grands ensembles folkloriques d’état, qui se sont appropriés l’instrument, en le « préservant » de l’oubli. Les ensembles sont d’ailleurs les « clients » des quelques luthiers du Nord de la Moldavie qui la produisent encore.

La cobzã est composée d’une caisse de résonance plutôt grande, en forme de « poire », prolongée par un manche rela Pour en lire plus

La cobzã, instrument cordophone de la famille du luth oriental, existe dans les provinces du Sud et de l’Est de la Roumanie (la Moldavie, la Valachie et l’Olténie du Sud) depuis plusieurs centaines d’années. (On la voit déjà sur les peintures murales des églises du XVIe siècle). Très présente dans les villes et les villages jusqu’au début de ce siècle, elle est graduellement remplacée dans les ensembles populaires traditionnels (taraf) par le cymbalum (tambal).

De nos jours, il reste peu de cobzã et de joueurs de cobzã. Ces derniers font généralement partie des grands ensembles folkloriques d’état, qui se sont appropriés l’instrument, en le « préservant » de l’oubli. Les ensembles sont d’ailleurs les « clients » des quelques luthiers du Nord de la Moldavie qui la produisent encore.

La cobzã est composée d’une caisse de résonance plutôt grande, en forme de « poire », prolongée par un manche relativement court, large et épais, dont la dernière partie est inclinée vers l’intérieur, en angle presque droit. Ses huit cordes sont groupées deux à deux et accordées en accord majeur (d’habitude ré - fa# - la). L’instrumentiste les pince avec un plectre en plume d’oie ou avec un petit peigne, par des mouvements souples du poignet droit, vers le haut et vers le bas.

La cobzã est aujourd’hui un instrument d’accompagnement harmonique. Ce n’est que quelques bons musiciens (comme Marin Cotoantã de Valachie, enregistré ici) qui sont capables d’inclure dans leur répertoire deux-trois mélodies de danse simples. La cobzã développe deux types d’accompagnement : l’un en accords plaqués, l’autre en accords figurés selon l’une des plusieurs formules mélodico-rythmiques (tiituri) en usage.


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Cobzã : audio

Cobzã : audio

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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