Lorsque j’ai entrepris de choisir un instrument pour ce projet, il me paraissait absolument nécessaire et primordial que ce dernier dégage en moi un sentiment profond autre que la curiosité et le plaisir d’apprendre (raisons non moins importantes à mon sens).

Pendant mon enfance, j’ai étudié le ùd puis le piano et bien qu’ayant abandonné le premier pendant plusieurs années, c’est finalement celui-ci qui m’a amené, par la suite, à me consacrer entièrement à des études musicales. Et c’est donc ce même amour pour le luth qui me porte à en faire mon instrument de choix pour ce projet . Le ùd est constitué d’une caisse de résonance rappelant la forme d’une poire coupée longitudinalement et d’un manche.

Le ùd, dont le nom signifie en arabe « le bâton » a été certainement le cordophone le plus répandu dans le monde. Il présente en effet de telles richesses qu’on le trouve présent sous diverses formes dan Pour en lire plus
Lorsque j’ai entrepris de choisir un instrument pour ce projet, il me paraissait absolument nécessaire et primordial que ce dernier dégage en moi un sentiment profond autre que la curiosité et le plaisir d’apprendre (raisons non moins importantes à mon sens).

Pendant mon enfance, j’ai étudié le ùd puis le piano et bien qu’ayant abandonné le premier pendant plusieurs années, c’est finalement celui-ci qui m’a amené, par la suite, à me consacrer entièrement à des études musicales. Et c’est donc ce même amour pour le luth qui me porte à en faire mon instrument de choix pour ce projet . Le ùd est constitué d’une caisse de résonance rappelant la forme d’une poire coupée longitudinalement et d’un manche.

Le ùd, dont le nom signifie en arabe « le bâton » a été certainement le cordophone le plus répandu dans le monde. Il présente en effet de telles richesses qu’on le trouve présent sous diverses formes dans un très grand nombre de pays. Il a conquis une place de choix comme instrument soliste et accompagnateur incomparable de la voix humaine et une place d’honneur dans l’histoire de la musique arabe comme l’instrument ayant permis de définir l’échelle de cette musique.

Auprès du luth occidental qui s’est démarqué par ses frettes et son jeu au XVe siècle et par son nombre de cordes (13 choeurs au XVIIe siècle), il existe pour l’interprétation de la musique dite modale, plusieurs types de ùd : le ùd oriental, le ùd tunisien (pratiqué en Tunisie, en Libye et dans l’est de l’Algérie), et le ùd algérien (appelé kouitra). Ces variétés de ùd, bien que présentant des ressemblances, se distinguent par leurs tailles, leurs timbres différents ainsi qu’une technique de jeu spécifique à chacun d’entre eux. Le ùd tunisien est très proche du luth du XIe siècle. Il est plus petit que le ùd oriental, possède comme celui du XIe siècle, quatre doubles cordes et a des proportions semblables à ce dernier.

Les choeurs du ùd tunisien sont accordés en do 3 - sol 2 - ré 3 - ré 2. Ce luth nécessite un jeu de plectre particulier faisant à la fois intervenir les cordes (qui donnent une mélodie) et la table d’harmonie, les premières ponctuant le rythme. Cette technique de jeu est difficile et demande un grand entraînement pour la maîtriser et faire qu’elle soit expressive.

En Tunisie, il semblerait que l’expansion de la musique orientale par le biais de la diffusion des disques 78 tours durant les années 1910-1920, ait favorisé le succès du ùd oriental. Cependant, ceci s’est fait au détriment du ùd tunisien qui a vu sa place dans les orchestres se faire de plus en plus rare au fil des ans et quasiment inexistante depuis les années 1960.

Dans le cercle musical tunisien, il existe de fervents défenseurs du ùd tunisien, des indifférents et même des personnes le considérant comme un instrument stagnant et non développé. Pratiquant, le ùd oriental plutôt que le ùd tunisien, je faisais quelque peu partie des indifférents. Cependant, plus je poursuis mes études et plus mon approche est différente.

Le ùd constitue aujourd’hui pour moi tout ce qu’il y a de plus profond en moi-même. C’est un instrument généreux, magique et merveilleux. Son timbre doux, chaleureux, vibrant et scintillant à la fois, sait atteindre ses auditeurs au plus profond de leur coeur et par les plus simples mélodies. Pour ceux qui ont la chance de pratiquer cet instrument avec amour, le ùd est un formidable moyen d’expression; c’est un instrument vivant qui sait s’adapter aux émotions les plus variées du musicien.

Il est certes important de défendre sa culture mais pour moi, au-delà du chauvinisme musical, il existe un but bien plus important : se donner entièrement à l’instrument que l’on pratique avec fidélité et honnêteté. Que l’on coupe donc la « poire » en deux et que l’on apprenne le ùd tunisien et le ùd oriental. Que l’on joue du ùd tunisien ou oriental, en Tunisie, jouons avec notre âme et notre coeur et aucun des deux instruments ne sera lésé.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Ùd

Ùd

Centre des musiques arabes et méditerranéennes, Tunisie
vers 1931
Lo : 76 cm
© Centre des musiques arabes et méditerranéennes, Tunisie


Cet instrument appartient à la famille des cordophones (le son est produit par la vibration des cordes suite à leur pincement à l’aide d’un plectre).

Le ùd tunisien se distingue de son cousin oriental (en usage dans la majorité des pays arabes et en Turquie) par le nombre de ses cordes (quatre paires au lieu de cinq), son manche qui est plus long, la forme de sa caisse de résonnance et la technique de jeu.

L’aspect général du ùd tunisien, en particulier sa caisse de résonnance piriforme, la rosace ou les rosaces qui ornent sa table d’harmonie et surtout ses cordes doubles rappellent le luth médiéval.

Le ùd tunisien a commencé à disparaître des orchestres tunisiens dès les années 60.
Cet instrument appartient à la famille des cordophones (le son est produit par la vibration des cordes suite à leur pincement à l’aide d’un plectre).

Le ùd tunisien se distingue de son cousin oriental (en usage dans la majorité des pays arabes et en Turquie) par le nombre de ses cordes (quatre paires au lieu de cinq), son manche qui est plus long, la forme de sa caisse de résonnance et la technique de jeu.

L’aspect général du ùd tunisien, en particulier sa caisse de résonnance piriforme, la rosace ou les rosaces qui ornent sa table d’harmonie et surtout ses cordes doubles rappellent le luth médiéval.

Le ùd tunisien a commencé à disparaître des orchestres tunisiens dès les années 60.

© 1999, RCIP. Tous droits réservés.

Ùd : audio

Ùd : audio

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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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