Le violon à entonnoir me séduit par son aspect insolite. J’ai lu dans les livres qu’il a été conçu en 1899 par l’Autrichien Karl Stroch et fabriqué en 1901 par son fils. Au début de ce siècle, on pouvait le commander dans les magasins de Vienne.

Ce que je n’ai pas pu comprendre de ces livres est comment il est tombé dans les mains des paysans roumains de Bihor. Il est vrai que, à l’époque, la région appartenait à l’Empire Autrichien-Hongrois. Pourtant, peut-on imaginer que les paysans faisaient des courses à Vienne - qui est d’ailleurs bien loin de Bihor ? Je suppose qu’il y avait les marchands ambulants qui présentaient et offraient l’instrument aux gens des villages... Le fait qui m’intrigue encore plus est que le violon à entonnoir n’est plus depuis longtemps fabriqué en série. Il a disparu des magasins, et aucun des peuples voisins ne l’utilise... Pourtant les paysans de Bihor y sont si attachés qu’il lui prolongent l’existence en le construisant eux-m Pour en lire plus
Le violon à entonnoir me séduit par son aspect insolite. J’ai lu dans les livres qu’il a été conçu en 1899 par l’Autrichien Karl Stroch et fabriqué en 1901 par son fils. Au début de ce siècle, on pouvait le commander dans les magasins de Vienne.

Ce que je n’ai pas pu comprendre de ces livres est comment il est tombé dans les mains des paysans roumains de Bihor. Il est vrai que, à l’époque, la région appartenait à l’Empire Autrichien-Hongrois. Pourtant, peut-on imaginer que les paysans faisaient des courses à Vienne - qui est d’ailleurs bien loin de Bihor ? Je suppose qu’il y avait les marchands ambulants qui présentaient et offraient l’instrument aux gens des villages... Le fait qui m’intrigue encore plus est que le violon à entonnoir n’est plus depuis longtemps fabriqué en série. Il a disparu des magasins, et aucun des peuples voisins ne l’utilise... Pourtant les paysans de Bihor y sont si attachés qu’il lui prolongent l’existence en le construisant eux-mêmes, de façon rudimentaire, avec des modifications importantes, d’après ce que j’ai compris... Pourquoi ? Enfin, encore un motif d’étonnement : le violon à entonnoir a un nom d’origine hongroise : il s’appelle higheghe, au lieu de ceterã, comme les violons paysans du reste de la Transylvanie. Mais, d’après ce que je sais, les Hongrois ne jouent pas de cet instrument ! Alors pourquoi ce nom ? Est-ce que les marchands qui le mettaient en vente dans les villages étaient Hongrois ? ... J’aimerais bien trouver une réponse à ces questions.

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Violon à entonnoir

Le violon à entonnoir (la vioarã cu goarnã, ou la highèghe)

Jelu Covaci, village de Bãlnaca, région de Bihor

Musée du paysan roumain, Roumanie
vers 1998
Bois (violon), laiton (entonnoir)
Violon :61x12cm, H :9 cm, Lo :39cm, D :12cm
© Musée du paysan roumain, Roumanie


Le violon à entonnoir (vioarã cu goarnã) est un instrument qui n’existe que dans quelques villages et villes d’une petite région de la Transylvanie : Bihor. C’est un violon dont le corps est remplacé par un dispositif composé d’une membrane de téléphone (autrefois membrane de gramophone) emboîtée dans une petite caisse ronde et connectée à un pavillon de clairon (autrefois pavillon de gramophone). L’archet met en mouvement les cordes qui font vibrer le chevalet ; ce dernier transmet les vibrations à la membrane qui les amplifie et les répand par le truchement de l’entonnoir. Le son de la vioarã cu goarnã est nasal et pénétrant, plus fort que celui du violon standard (appelé dans la région vioarã dulce = violon doux) qu’elle a remplacé au cours de ce siècle.

La vioarã cu goarnã est un instrument de musiciens amateurs (les paysans en jouent à la maison), mais aussi un instrument utilisé par les musiciens populaires professionnels dans leurs ense Pour en lire plus

Le violon à entonnoir (vioarã cu goarnã) est un instrument qui n’existe que dans quelques villages et villes d’une petite région de la Transylvanie : Bihor. C’est un violon dont le corps est remplacé par un dispositif composé d’une membrane de téléphone (autrefois membrane de gramophone) emboîtée dans une petite caisse ronde et connectée à un pavillon de clairon (autrefois pavillon de gramophone). L’archet met en mouvement les cordes qui font vibrer le chevalet ; ce dernier transmet les vibrations à la membrane qui les amplifie et les répand par le truchement de l’entonnoir. Le son de la vioarã cu goarnã est nasal et pénétrant, plus fort que celui du violon standard (appelé dans la région vioarã dulce = violon doux) qu’elle a remplacé au cours de ce siècle.

La vioarã cu goarnã est un instrument de musiciens amateurs (les paysans en jouent à la maison), mais aussi un instrument utilisé par les musiciens populaires professionnels dans leurs ensembles (taraf). Pendant les fêtes de Bihor (noces, danses dominicales, baptêmes, etc.), les mélodies qu’il produit (chants lyriques et mélodies de danse : Pe picior, Poarga et Mãnãntelul) sont accompagnées par les frappements d’un grand tambour à cymbales (dobã) et, éventuellement, par le jeu rythmique en doubles cordes d’une contrã (ici, un violon normal).

Le violon à entonnoir est construit par quelques artisans dont les plus connus aujourd’hui sont ceux du village de Rosia, qui le vendent soit chez eux, soit dans les grands foires paysannes.


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Violon à entonnoir : audio

Violon à entonnoir : audio

Réseau canadien d'information sur le patrimoine
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Objectifs d'apprentissage

L’apprenant va :

  • comprendre que la musique est un mode d’expression dans chaque culture;
  • comprendre que la relation entre les sentiments personnels et la musique transcende les frontières et les cultures;
  • acquérir du respect pour la musique issue de divers environnements culturels;
  • examiner les pratiques musicales traditionnelles dans certains pays de la Francophonie;
  • faire preuve de sensibilisation à l’égard des régions géographiques en reconnaissant les pays francophones;
  • connaître l’apport musical des divers groupes culturels dans leur propre collectivité;
  • comprendre que toute la musique du monde peut être organisée selon un système de classification standard.

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